De St Jacques à Salviac jusqu’à Compostelle, pour l’homme qui marche….

Pour l’homme (et la femme bien entendu !) qui marche…. 7 recommandations pleines de sagesse….

La marche au long cours est une affaire concrète. Chaque accessoire a son poids et son sens. Revue de détails.

Tes ampoules, tu crèveras
Le pèlerin quête une Lumière. Il la trouve souvent au fond de la chaussure sous forme d’ampoules clignotantes, avant de La rencontrer en Personne. Ne pas mépriser la cloque : percer, désinfecter, panser… et recommencer. On prendra garde à ne pas arracher la peau, car l’ampoule dégonflée va devenir une seconde peau protectrice. Symbole de nos blessures profondes qui peuvent se muer en ouvertures fécondes ?

Tes chaussures, tu useras
L’habit ne fait pas le moine, et la chaussure ne fait pas le marcheur. Mais pour être bien dans sa tête, mieux vaut être bien dans ses pieds. Impératif : ne jamais partir avec des chaussures neuves – et ne pas oublier des sandales pour laisser respirer les pieds à l’étape.

Sur le bourdon, tu t’appuieras
Béni avant le départ, le bourdon est un « 
bâton d’espérance, ferré de charité, revêtu de constance, d’amour et de chasteté », dit la Chanson du devoir des pèlerins. Outre son côté pratique – pour éloigner les bêtes, notamment –, il rappelle qu’on ne peut avancer seul sur le chemin de la vie, sans s’appuyer sur Quelqu’un. Rien à voir avec les bâtons télescopiques d’aujourd’hui…

D’un caillou, tu te libéreras
Mieux vaut l’avoir dans le sac qu’au fond de la chaussure ou à la place du cœur. On peut emporter une pierre de chez soi – on n’a pas dit un pavé ! – afin de la déposer dans un sanctuaire ou sur ces cairns qu’on surnomme « montjoie ». Poids supplémentaire, fardeau inutile ? Ce caillou symbolise les biens superficiels qui nous retiennent, les dépendances qui nous lient, les péchés qui nous « plombent ». L’idéal serait de déposer sa pierre dans un confessionnal…

Du sac à dos, tu accepteras le joug
C’est la maison du pèlerin, comme la coquille est celle de l’escargot. On purge généralement un tiers du sac après deux jours de marche. Allégez-vous donc sans regret – autant le faire avant le départ. Dans le fond, on se charge d’un sac pour se libérer d’un fardeau.

L’escargot, tu respecteras
Le marcheur lambin en croise souvent sur son chemin. À son image, ces gastéropodes sympathiques tentent une traversée osée. On respectera donc l’escargot, car il nous enseigne. À Saint-Jacques, le couvent Santo Domingo présente un escalier caracol (« escargot ») qui, par sa triple spirale suspendue, suggère la triple ascension pèlerine du corps, du cœur et de l’esprit. « Sur le chemin de la première Béatitude comme de toutes les autres, écrivait Gilbert Cesbron, il nous faut prendre le chemin de l’escargot. Je ne parle pas seulement de sa prudence et de sa lenteur obligée, mais du dessin de sa coquille. Cette spirale est l’image même de la sagesse : partir d’un point presque invisible et ne s’en éloigner que progressivement […]. Ainsi doit commencer l’amour des autres. » De même qu’un chemin de pèlerin.

De tes pieds, tu prendras soin
« Le pied est au marcheur ce que les mains sont au pianiste », soutenait Jacques Lanzmann. Le pèlerin prendra donc un soin extrême de ce prochain le plus proche et… indispensable. D’autant que la médecine chinoise le considère comme le deuxième cœur de l’homme. Rodrigue, as-tu du pied ?

Ce texte est extrait de l’ article de Luc Adrian publé dans Famille Chrétienne/Numéro 2058 

 

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