Des habitants de Souillac s’opposent au projet “pharaonique”

« Un collectif d’habitants du quartier du viaduc des Aubugues et de la rue de Timbergues, à Souillac, découvrent stupéfaits qu’un village de marques d’une centaine de boutiques serait implanté dans leur quartier. Ce complexe commercial sera enclavé contre le viaduc qui est classé aux monuments historiques de France. Une partie de celui-ci serait implantée sur des anciennes terres agricoles et une seconde partie sur des habitations.

Quel choc pour la plupart des propriétaires d’apprendre cela par la presse alors qu’ils n’ont jamais été avisés par la mairie ou la communauté des communes CAUVALDOR.

Pour ces habitants, bétonner des hectares n’est pas seulement une atteinte à la beauté du paysage (dont le viaduc). C’est aussi et surtout un désastre écologique et une menace face à ces mirifiques perspectives pour la faune et la flore qui va disparaître sous les chenilles des pelleteuses. Dans le quartier, il n’est pas rare d’admirer les oiseaux et les chevreuils (entre autres) traverser le quartier pour aller s’abreuver à la Borrèze.

Une menace pour la qualité de vie des habitants

Ce projet menace la qualité de vie des habitants du quartier avec de nombreux problèmes de :

– Circulation (prévision de 3 000 voitures par jour concentrée sur une seule zone),

– Pollution de l’environnement et pollution sonore (bruits des voitures, diffusion de musique et de messages publicitaires par les haut-parleurs du village de marque) pour tout le quartier,

– Environnementaux : l’eau est présente sous les terrains de la rue de Timbergues et la zone est inondable sur 18 mètres (environ) sur un côté de la rue,

– Fragilisation possible du viaduc avec les futurs travaux du projet ; le train SNCF circule encore dessus,

– Désertification du centre-ville, l’impression d’avoir deux villes dans une ville avec un centre-ville délaissé et une zone avec un complexe commercial, un manque à gagner pour certains professionnels sans oublier toutes les taxes qui seront en augmentation.

– Expropriations (susceptibles) de personnes qui ne souhaitent pas vendre leur bien et qui désirent garder leur qualité de vie.

Témoignages des habitants des lieux concernés

Les habitants précisent :

– « Les villages de marques ne fonctionnent pas, nous avons l’exemple avec celui de Nailloux Outlet à 30 km de Toulouse. Au 28 février 2019, je suis partie une nouvelle fois à Nailloux ; 28 boutiques sont actuellement fermées. Les boutiques ouvertes sont désertes ainsi que les allées du village Outlet. La consommation des ménages a changé. Mais, apparemment cela ne choque pas nos élus… »

– « Pour moi, ce projet va être le théâtre de désolation pour bon nombre d’habitants. Certains auront perdu leurs biens, leurs souvenirs et d’autres auront vu leurs commerces péricliter. »

– « Nous sommes réellement choqués de ce manque d’information de la part de la municipalité et de CAUVALDOR. Beaucoup d’entre nous n’ont eu aucune information officielle. Il a fallu aller à la pêche aux informations. Lors de cette quête d’informations, pour certains d’entre nous, il nous a même été annoncé que si on ne négociait pas avec CAUVALDOR ou la mairie de Souillac, ils iraient jusqu’à l’expropriation devant un tribunal. Pour ma part, je l’ai très mal vécu. »

– « Nous ne pouvons admettre que dans une petite ville de 3 000 habitants où tout le monde se connaît, il est possible de faire cela. Comment peut-on bétonner toute une zone ou la faune se balade et détruire une qualité de vie de tout un quartier ? »

– « Nous avons cru à un poisson d’avril mais malheureusement ce n’est pas le cas. Je me suis dit : nous sommes en plein rêve mais en réalité depuis la publication de cet article, je vis un cauchemar, j’ai ma maison qui se situe dans le projet comme beaucoup d’autres. La Mairie et CAUVALDOR sont tellement fiers de leur gros projet, qu’ils en oublient les commerçants et les habitants. Je pense que l’on devrait être au centre de leurs intérêts mais j’ai l’impression que nous sommes plutôt devenus inutiles. »

– « Je ne comprends pas pourquoi CAUVALDOR n’essaie pas d’implanter ce projet de magasins dans toutes les vitrines vides du centre-ville, ni pourquoi la communauté des communes s’obstine à ne pas vouloir revitaliser directement le centre-ville au lieu de le délaisser. J’ai posé oralement ces questions aux élus mais elles sont restées sans réponses. »

Un collectif d’habitants de Souillac

ActuLot

Souillac. Un territoire dans les starting blocks

3 commentaires pour “Des habitants de Souillac s’opposent au projet “pharaonique”

  1. un gaulois réfractaire
    vendredi, 8 mars 2019 à 11:49

    Nos élus ne doivent avoir ni enfants, ni petit-enfants pour mépriser ainsi notre patrimoine naturel . Ont-ils entendu parler de la raréfaction des terres agricoles ? Ont-ils constaté le nombre de vitrines vides dans Souillac ? Ne s’informent-ils pas des problèmes d’inondation suite au bétonnage des terres ? Enfin ils sont censés nous représenter ; ils ne sont pas élus pour imposer leurs idées.

  2. landes Frédéric
    samedi, 9 mars 2019 à 13:13

    Des recours sont possibles sur des projets mangeurs de terres agricoles. Le projet europacity à Gonesse été épinglé pour sa grande consommation de terres fertiles dans une zone déjà très pourvue en grandes surfaces. L’expansion économique ne peut pas se faire au détriment de ce qui fait notre charme et ce pour quoi les gens s’installent dans nos régions. Il n’y a pas qu’en région parisienne que nous avons détruit nos entrées de ville et abandonné nos centres. Le programme action coeur de ville proposée par le gouvernement n’est qu’une petite réponse et ne concerne que quelques communes d occitanie, dommage ni gourdon ni souillac ne sont concernées.

  3. jevouslis
    mercredi, 13 mars 2019 à 23:30

    L’artificialisation des sols progresse, même sans pression démographique et économique.
    Les sols artificialisés représentent 9,4 % du territoire en 2015. En dix ans, c’est l’équivalent d’un département moyen qui a été bétonné.
    Bien que l’objectif de limiter l’artificialisation des sols soit clairement annoncé depuis le Grenelle de l’environnement de 2007, puis réaffirmé dans le plan biodiversité de juillet 2018, celle-ci continue à progresser en France.
    Le Monde du 14-3

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