Eco-lieux du Lot

éco hameau d’Andral

De nombreuses initiatives d’éco-lieux fleurissent dans l’hexagone et dans le département. L’idée est de s’installer dans des maisons bioclimatiques et de recréer des solidarités à l’échelle locale. Rencontre avec des acteurs de tels projets dans le Lot.

« Notre écoquartier n’est pas seulement un projet architectural mais aussi et surtout humain », explique Thierry Simon, vigneron et maire de Lacapelle-Cabanac dans le sud-ouest du département. Dans ce village d’environ 170 habitants est né il y a une dizaine d’années un projet d’écoquartier. « L’idée était de dynamiser le bourg avec un aspect de convivialité et de vivre ensemble ». L’équipe municipale a acheté un terrain en bord de village avec l’intention de vendre 14 petits lots où chaque acheteur pourrait construire une « maison écologique et économe en énergie ». Il y a deux ans, ce quartier a été labellisé par le ministère de la Transition Ecologique et Solidaire comme un projet d’habitat durable. Loin des clichés de bandes de hippies vivant dans des cabanes, les éco-lieux prônent une façon d’habiter la Terre respectueuse de l’environnement et tournée vers l’autre.

 

Habiter proche de la nature

Être entouré de champs et de jardins plutôt que de béton, c’est la volonté première des habitants de ces nouveaux quartiers. Pouvoir avoir son potager, partagé ou non, comme à l’éco-hameau d’Andral, dans le nord ouest du Lot, où les 27 habitants partagent un jardin permacole ainsi qu’un verger et vivent entourés d’espaces verts et de forêts. Ici pas de toilettes à chasse d’eau mais des toilettes sèches et les déjections sont traitées par phytoépuration c’est-à-dire une épuration par les plantes. Les eaux recyclées sont, elles, utilisées pour arroser le jardin. L’idée est de vivre proche de la nature en limitant son impact environnemental.

 

Des habitations écologiques

À Andral, comme à Lacapelle-Cabanac, pour construire sa maison il faut suivre les règles d’un cahier des charges strict. Les habitations doivent être basse consommation et réalisées avec des matériaux de construction écologiques. Anne-Marie Fighiera habite Lacapelle-Cabanac, elle a fait le choix de bâtir sa maison en bois. Sa voisine, elle, a choisi le torchis à base de paille. « Les habitations seront construites selon les principes bioclimatiques, à partir de matériaux naturels, non toxiques, si possible d’origine locale », peut-on lire dans le cahier des charges de l’éco-hameau d’Andral.

Participer à la vie locale

« À la retraite, je ne voulais pas d’un mur autour de ma maison de lotissement. Je voulais plutôt partager ma vie avec des gens qui ont les mêmes aspirations », raconte Christiane qui vit à Andral depuis 10 ans. Les projets de ce genre sont centrés autour de la notion de vivre ensemble. Il n’est pas forcément question de communauté restreinte : chacun vit dans sa maison individuelle mais l’idée est de se partager les tâches et de recréer des solidarités. À Andral, les habitants travaillent avec les producteurs locaux, échangent des biens dans la devise locale et ont même créé un café associatif dans le village. À Lacapelle-Cabanac, le projet d’écoquartier va de pair avec l’installation d’un paysan boulanger et d’un maraîcher dans le bourg. « On est loin d’être sûrs d’avoir raison », témoigne Thierry Simon « mais nous essayons de nous investir dans une vie commune », renchérit Anne-Marie Fighiera son adjointe. Tous deux sont persuadés que les éco-lieux sont les « habitats du XXIe siècle ». Une tendance qui pourrait de développer selon Christiane : « avec la crise du Covid, les gens pensent à vivre autrement et beaucoup viennent nous rendre visite ».

Alice Rouja La Dépêche

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