Le point sur l’économie Sociale et Solidaire dans le Lot: Rencontre organisée par la Préfète

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15 % des salariés lotois sont employés par l’économie sociale et solidaire. Créateur d’emplois, ce domaine d’activité fera l’objet d’une rencontre organisée, aujourd’hui, par la préfète du Lot, à Lacapelle-Marival.

 Catherine Ferrier y accueillera l’ensemble des acteurs publics, ainsi qu’Odile Kirchner, déléguée ministérielle à l’économie sociale et solidaire.

Lors de ce rendez-vous, de nombreux intervenants apporteront leurs témoignages, pour aborder trois thèmes : la diversité des structures juridiques de l’économie sociale et solidaire, les accompagnements humains et financiers et la coopération d’acteurs à l’échelle d’un territoire.

«L’économie sociale et solidaire présente de forts potentiels de développement, tant en matière d’activité économique que pour répondre à des besoins sociaux», précise la préfecture. La preuve par l’exemple puisqu’interviendront l’association Auto Insertion lotoise 46, la coopérative Fermes de Figeac, la Scop Géromouv à Cahors, le co-fondateur et gérant de la Scop Ethiquable, l’université rurale Quercy Rouergue, l’Adefpat, l’association figeacoise Regain avec sa recyclerie et ses chantiers d’insertion, l’association figeacoise APEAI, gérant un établissement et service d’aide par le travail à destination de personnes handicapées, etc., ou encore le groupement économique et solidaire FigeActeurs qui, sur la base de coopérations interactives et citoyennes, a contribué à la réalisation de divers projets : parc éolien de Sousceyrac, crèche interentreprises, coopérative de filière bois.

Après les débats et échanges, la journée se poursuivra par la visite de Fermes de Figeac.

 La Dépêche 29/04/2016

Compte rendu de la rencontre

Associations, coopératives ou encore mutuelles, l’économie sociale et solidaire a plusieurs visages. Très dynamique dans le Lot, ce modèle créateur d’emplois était au cœur d’une rencontre organisée hier à Lacapelle-Marival.

Pour organiser la journée départementale de l’économie sociale et solidaire (ESS), la préfète du Lot n’a pas choisi Lacapelle-Marival tout à fait par hasard. Cette commune du Figeacois n’est autre que le fief de la coopérative Fermes de Figeac, citée en exemple jusqu’à Paris. La déléguée interministérielle à l’économie sociale et solidaire, Odile Kirchner, présente hier, a confirmé. «J’ai très vite entendu parler des Fermes de Figeac comme une dynamique de territoire particulièrement porteuse, comme un modèle de gestion d’entreprise. Ces propos élogieux étaient tenus… par un investisseur privé», a-t-elle confié.

Face à près de 150 élus lotois et acteurs locaux du secteur, la représentante du gouvernement a encouragé «ce modèle d’entreprendre autrement qui suscite de plus en plus d’adhésions», avant de souhaiter «que les Fermes de Figeac deviennent une pratique inspirante pour de nouveaux territoires». Dans le Lot en tout cas, l’économie sociale et solidaire connaît un développement important. Avec 758 structures, le secteur fait travailler 7 500 personnes, soit 15,5% des salariés lotois. A la tribune, toute la matinée, des porteurs de projet et des dirigeants d’association ou de coopératives du Lot ont tour à tour témoigné et expliqué leur démarche. Les dispositifs d’accompagnement et les modalités de financement ont également été présentés.

«On a un ensemble d’activités dont le fonctionnement est basé sur le principe de solidarité et d’utilité sociale. L’économie classique a besoin de l’économie sociale et solidaire, a souligné la préfète du Lot, Catherine Ferrier. On a un potentiel d’innovations et de créations d’emplois extrêmement important». «On est en train de redécouvrir la plus ancienne forme d’organisation économique du monde. L’économie sociale et solidaire, c’est la coopérative, s’est félicité Martin Malvy. Le président du Grand Figeac, qui a défendu la création d’un guichet unique pour aider les porteurs de projet, a d’ailleurs au nom de la communauté de communes l’intention de s’investir dans l’économie sociale et solidaire et de (re) lancer «sous une formule coopérative» la culture de la vigne sur le territoire. Seul hic : le nom de domaine Château Figeac existe déjà du côté de Saint-Emilion…


Le chiffre : 7 5 00

Emplois >Dans le Lot. L’ESS représente 15,5 % de l’emploi salarié du département, et même 21,6 % des salariés privés. 758 établissements sont répertoriés sous différentes formes : 615 associations (soit 5 727 salariés), 116 coopératives (1 368 salariés) et 27 mutuelles et fondations (436 salariés).


La coopération : tout un réseau

A la tête de la coopérative des Fermes de Figeac plusieurs fois citée en exemple, Dominique Olivier préside aujourd’hui Figeacteurs. Plus qu’une association, ce pôle territorial de coopération économique porte de grands projets pour tout le bassin de vie. «A un moment donné, on a senti qu’il fallait qu’on aille plus loin», a expliqué Dominique Olivier. Premier projet en chantier : la crèche interentreprises, la première du Lot, en travaux à l’entrée de la zone de l’Aiguille à Figeac devrait ouvrir ses portes à la rentrée. Figeacteurs œuvre déjà sur d’autres idées : une conciergerie, une légumerie ou encore un service traiteur.


Des «pratiques inspirantes» sur le territoire

Proximité et diversité, l’économie sociale et solidaire regroupe des structures très diverses touchant des domaines d’activité variés. Hier, la journée d’information organisée par les services de l’Etat du Lot en direction notamment des élus avait pour but de montrer un panel des nombreuses initiatives locales. Plusieurs acteurs ont donc expliqué leur démarche. Certains sont au début de leur projet comme Isabelle Poujoula. L’ancienne responsable de la chambre de commerce et d’industrie du Lot était venue, maquette sous le bras, présenté Géromouv’, le nouveau lieu original et intergénérationnel qui va ouvrir à Cahors, devant le dojo de Cabessut. Les travaux qui démarrent lundi devraient durer tout le mois de mai. «On a une promesse : vivre son âge autrement au cœur de la cité, adapter un lieu convivial en plein air, ouvert à tous, en aménageant des parcours santé pour les seniors», a expliqué l’une des trois créatrices associées au sein d’une Scop soutenue par l’incubateur régional Catalis. «C’est un vrai choix : on voulait entreprendre autrement».

D’autres structures sont bien ancrées sur le territoire et développent une vraie coopération à l’image de l’association figeacoise d’insertion Regain, les Fermes de Figeac incontournables avec leurs magasins Gamm’Vert ou encore l’APEAI, association de parents d’élèves gérant un établissement et service d’aide par le travail à destination des personnes handicapées. Le directeur de cette association, Didier Dautrice a d’ailleurs témoigné du dynamisme de l’Esat Abeille basée dans la zone d’activités de l’Aiguille à Figeac. Outre l’activité de blanchisserie, l’ancien CAT abrite surtout une cuisine centrale qui fournit 700 repas par jour aux sept écoles de la ville, pour les portages de repas à domicile du CIAS et au restaurant d’entreprise créé sur la zone. Fourni par les produits des Fermes de Figeac, ce service de restauration nourrit chaque jour principalement les salariés de Figeac Aéro, l’entreprise privée voisine. Un bel exemple de complémentarité entre l’économie sociale et solidaire et le monde industriel. Des pratiques «inspirantes» pour tout le territoire.