Frayssinet : le recours aux gendarmes passe mal

Catherine Loubières, maire de Frayssinet

Catherine Loubières, maire de Frayssinet

Lors de la dernière séance du conseil municipal , la majorité a voté contre le maintien de Frayssinet le Gourdonnais dans la communauté de commune de Labastide-Murat et pour son adhésion à la communauté de communes Quercy Bouriane.

Rappel des faits : vendredi soir, Catherine Loubières, actuelle maire sans étiquette de Frayssinet-le-Gourdonnais, craint de vivre une séance particulièrement agitée en raison de vifs désaccords sur le vote de deux points concernant le positionnement de sa commune sur la nouvelle carte intercommunale.

Elle décide alors, «afin d’éviter des perturbations et des bagarres», de tenir la séance à huis clos et de faire appel aux gendarmes pour veiller à l’application de sa décision. Une décision jugée «très arbitraire et inadmissible pour la sauvegarde la démocratie» estime l’opposition très remontée. De son côté, Catherine Loubières réaffirme qu’elle a voulu jouer son rôle de maire en préservant justement cette démocratie tant décriée de «toute forme de débordement. C’était à craindre», insiste-t-elle . Les forces de l’ordre arrivent. Les personnes présentes sont alors priées d’évacuer la salle du conseil, mais beaucoup s’y refusent. Les gendarmes procèdent à des contrôles d’identité. «Est-ce là un respect des administrés ?», s’interroge Patrick Lugan. La salle étant toujours occupée, les élus de la majorité décident alors de procéder aux votes des délibérations à l’ordre du jour dans un petit bureau. L’opposition ne participe pas à la séance et crie au «simulacre de démocratie». L’ambiance est électrique. L’ancien maire de Frayssinet, Patrick Lugan, n’admet pas une telle situation. Il le dit haut et fort dans ce face-à-face où Catherine Loubières, quant à elle, campe sur ses positions estimant avoir agi «dans le bon droit et avec une bonne intention».

Catherine Loubières, maire actuelle de Frayssinet-le-Gourdonnais

«Mon objectif et celle de mon équipe est de permettre le développement harmonieux de notre village et d’apporter à ses habitants un confort de vie. Une pétition a circulé en mars dernier suite à une réunion du conseil municipal de décembre, au cours de laquelle nous avons émis un avis pour le scénario minimaliste (réunion des communautés de communes Quercy Bouriane (CCQB) et des Causses du Quercy ; avis partagé : 5 pour, 5 contre, 1 abstention) proposé par la préfète. Cette pétition comportait des chiffres erronés sur les taxes d’habitations, foncier bâti et non bâti de la CCQB (les chiffres donnés étaient ceux de la commune de Gourdon). Lors du dernier conseil municipal, pensant que le débat serait difficile pour ce changement de communauté, j’ai demandé un huis clos afin de pouvoir débattre sereinement.

Je regrette néanmoins que M. Lugan, ancien maire et ses colistiers n’aient pas voulu siéger. Les points essentiels qui nous motivent pour adhérer à la communauté de communes Quercy Bouriane sont les suivants : la CCQB prend en charge l’amélioration les aménagements de la totalité de la voirie et les annexes tels que ponts, petits ouvrages d’art… Sur le plan scolaire, une majorité d’enfants sont scolarisés sur le RPI de Saint-Germain-du-Bel-Air. Aussi nous avons pu mettre en place, dès la rentrée, un ramassage scolaire grâce à la coopération du maire de Sain-Germain-du-Bel-Air et de Concorès. Frayssinet- le-Gourdonnais a toujours fait partie du canton de Saint -Germain-du-Bel- Air.

À noter enfin que notre adhésion au sein du parc régional des Causses du Quercy n’est pas remise en cause».

Patrick Lugan Ancien maire de Frayssinet-le-Gourdonnais, élu de l’opposition

«Madame le maire prétend avoir constaté, suite à un pressentiment, que la situation s’était très vite tendue et a donc décidé pour le bon déroulement de la séance de faire appel aux gendarmes. Sur quelles allégations ses craintes sont-elles fondées ? En effet, les personnes présentes, en simples spectateurs, étaient assises en bout de salle sans aucun mouvement perturbateur. Elles étaient simplement inquiètes quant aux décisions à prendre sur les points suivants : premièrement le raccordement du réseau d’eau chez M. et Mme Antomarchi.

Privée d’eau, cette famille a saisi, à plusieurs reprises, Madame le maire, qui n’a pas daigné se déplacer une seule fois depuis plus de deux mois. Deuxièmement, le maintien ou pas de la présence de notre commune au sein de la communauté de communes du Causse de Labastide-Murat (CCCLM), sans tenir aucun compte de la pétition, signée par les deux tiers des foyers de notre commune, exprimant la volonté des habitants de rester au sein de ladite communauté. Pour intimider l’assistance, Mme le maire a donc fait appel à la gendarmerie. Dans une parodie de réunion tenue en secret et dans le seul but ne pas avoir à se justifier sur leurs refus systématiques d’un débat ou de discussions sur le maintien de notre commune au sein de la CCCLM, les élus de la majorité, à l’exception du premier adjoint, ont décidé de quitter cette communauté de communes. N’est-ce pas, là encore, un déni de démocratie ? Certes les élus de la majorité ont tranché mais la détermination et la volonté des citoyens de Frayssinet finiront pas l’emporter».