Jean-Marc Vayssouze-Faure alerte la présidente-directrice générale du groupe La Poste sur la dégradation du service postal dans le Lot.

La Poste envisage de fermer plus de 400 bureaux de postes en France, en les remplaçant par des points relais et des agences postales communales .La Poste rappelle qu’elle doit faire face à d’importantes contraintes financières et qu’il faut bien s’adapter aux usages des clients. En 20 ans, on est passé de 18 à 5 milliards de courriers seulement chaque année, la fréquentation quotidienne des bureaux, elle, a chuté de 60%.

La poste ne veut pas parler de « fermetures », et parle d’une base de réflexion avec les élus locaux pour adapter la présence postale: elle s’engage à maintenir les 17 000 points de contact imposés par la loi. Il ne s’agit donc plus forcément d’un bureau, il y en a de moins en moins, 6 500 aujourd’hui contre 8 000 en 2018, mais d’une agence en mairie ou d’un point relais, « c’est différent parce qu’une agence communale, vous n’avez pas d’opération financière, vous avez vraiment des dépannages, on va dire ça comme ça, ensuite il y a pas mal d’opérations qu’il n’y a pas non plus sur les mandats, pour faire des prestations sociales, des choses comme ça, ça, c’est pas possible », explique Nicolas Galépides du syndicat Sud-PTT. Une agence en lieu et place d’un bureau, c’est aussi une charge qui passe de La Poste aux collectivités, donc aux contribuables, selon ce syndicaliste.

La fermeture, un réaménagement ou une diminution du service public. ce n’est certes pas bon pour la ruralité,

C’est ainsi qu’à Saint Germain du bel air, le maintien du bureau de poste se fera grace à un accord conclu entre la mairie et la poste. Il sera donc mis en place une agence postale Communale

Pour conserver l’ouverture , la mairie a accepté de signer une convention par laquelle elle prend à sa charge le recrutement et la rémunération d’un employé municipal à temps partiel (15H/semaine). En contrepartiee, la Poste verse à la commune une indemnité compensatrice qui couvre la rémunération du personnel affecté et la part du coût du local affecté à l’agence postale communale (eau, électricité, téléphone, chauffage).

Jean-Marc Vayssouze-Faure sénateur du Lot. a interpellé jeudi 29 octobre dernier la présidente-directrice générale du Groupe La Poste, en lui rappellanr que l’entreprise avait déjà été alertée par le député Christophe Proença sur la dégradation du service postal subie par les Lotoises et les Lotois.

« Dans nos villages, La Poste est souvent le tout dernier service de proximité. Fermer un bureau de poste, c’est plonger tout un bassin de vie dans un sentiment de déclassement » a indiqué le sénateur avant de dénoncer des situations locales portées à sa connaissance : fermetures de bureaux de poste, modifications d’horaires d’ouverture de guichets, suspension de la distribution certains samedis, retards dans l’acheminement du courrier, restriction des horaires d’accueil aux guichets France Services, fermeture momentanée des boîtes de relève du courrier, etc. Preuves à l’appui, Jean-Marc Vayssouze-Faure a cité les difficultés rencontrées dans les communes de Cressensac-Sarrazac, Limogne-en-Quercy, Rudelle, Salviac, Luzech, Catus, Assier, Martel, Vayrac, Lacapelle-Marival et Glanes.

Regrettant le désengagement de l’État dans un contexte budgétaire contraint, le sénateur a assuré qu’il serait le premier à « monter au créneau face aux restrictions des moyens du Groupe La Poste qui affaiblissent ses effectifs et son maillage territorial ». Il a cependant demandé à la dirigeante « des garanties pour la vitalité de nos communes ».

Lors de son intervention, le parlementaire a rappelé que la loi exige qu’au moins 90 % des habitants d’un département vivent à moins de cinq kilomètres ou à moins de vingt minutes en voiture d’un point de contact postal. Le sénateur a rappelé que le taux du Lot est tout juste de 90,5 %. « Nous sommes à la limite, nous n’accepterons pas de basculer » a averti Jean-Marc Vayssouze-Faure.

S’agissant des fermetures de bureaux de poste, l’ancien maire de Cahors a confirmé à Marie-Ange Debon qu’il serait particulièrement vigilant quant à l’application de la règle aux termes de laquelle la fermeture d’un bureau de poste ne peut intervenir sans l’accord préalable du maire de la commune concernée.

Enfin, Jean-Marc Vayssouze-Faure a demandé à la présidente-directrice générale de veiller à ce que le maintien des points de contact soit garanti, notamment lorsque ce service est assuré par un commerce de proximité contraint de fermer ses portes. Il a donc demandé que la fermeture d’un commerce entraînant, de fait, la fermeture d’un point de contact donne lieu à une solution de remplacement.

Activement mobilisé sur l’enjeu du maintien des services de proximité, le sénateur reste pleinement vigilant et à l’écoute des difficultés rencontrées sur le terrain.