La CPAM du Lot obtient de la CNAM, la gestion des dossiers de 48 000 détenus.

La CPAM du Lot, l’une des caisses les plus petites du pays, a obtenu de la CNAM, la gestion des dossiers de plus de la moitié des détenus français soit plus de 48 000 personnes écrouées en métropole et en Outre-Mer. La caisse lotoise a créé un service dédié à cette tâche et embauché quinze personnes.

La Caisse primaire d’assurance maladie du Lot a décroché un «marché» national. Au cœur de ce département rural, celle qui figure au cinquième rang dans le classement des plus petites caisses du pays, est parvenue à convaincre les responsables de la CNAM de lui confier la gestion des dossiers des détenus français écroués en métropole et en Outre-Mer. Une activité qu’elle mène conjointement avec la CPAM de l’Oise, ce qui représente au total les dossiers des 70 000 personnes écrouées. «Lorsqu’on aura fini le déploiement en 2018 en englobant l’Outre-Mer, nous devrons actualiser les droits sociaux et d’accès aux soins de 48 900 détenus», indique Vincent Maginot, le directeur de la CPAM du Lot.

Lui et ses équipes ont travaillé une année à la préparation du projet et leur offre de service national autour de la protection sociale des détenus a été finalement validée. Une mutualisation des services doublée d’une optimisation des ressources qui n’est pas la première : Foix gère les pensions d’invalidité des assurés de la région Occitanie, Montauban est en charge des accidents professionnels. Mais le challenge pour Cahors n’était pas anodin ; la CPAM qui gère les 150 000 assurés lotois, a dû s’adapter pour y rajouter près de 50 000 nouveaux dossiers venant de toutes les régions de France (à l’exception du Grand Nord, de l’Ile de France et du Grand Est). «Un nouveau pôle, le Centre national des personnes écrouées a été emménagé dans nos locaux de la rue Hautesserre et nous avons créé quinze emplois grâce à un partenariat avec Pôle Emploi. Cinq salariés, déjà présents dans l’effectif ont rejoint le CNPE et sur les quinze personnes recrutées, dix travaillent sur Cahors et cinq sur Figeac».

Comme le précise Vincent Maginot, le CNPE a pris depuis octobre sa vitesse de croisière. «Nous avons trois principaux clients, les établissements pénitentiaires, les établissements de soins et l’échange avec les assurés eux-mêmes par le biais d’un numéro de téléphone unique national». Les agents ont reçu une formation sur les logiciels qui contrôlent les entrées, les sorties, les transferts de personnes écrouées. Les détenus qui bénéficient du tiers payant intégral, sont accompagnés et leurs droits à la complémentaire santé actualisés. «En moins de cinq jours» se félicite Vincent Maginot, d’où les premiers retours très positifs émanant de la direction parisienne de la CNAM. La CPAM du Lot tient son challenge, le projet parti de zéro améliorerait l’accès aux droits des personnes en détention tout en générant localement, la création de quinze emplois.

La PME sociale (la CPAM est une entreprise privée avec une délégation de service public) compte 130 salariés et peut se targuer d’être le premier acteur économique du département en assurant le financement de près de 400 M€ de dépenses de santé.

Repères

CNPE > Un numéro national unique. Le Centre national de gestion de la protection sociale des personnes écrouées qui est basé à Cahors, dispose d’un numéro unique : 0 974 757 550. À contacter pour toute question concernant l’assurance maladie. Actuellement, pour la seule région Occitanie, 5 660 personnes sont écrouées dans seize établissements pénitentiaires.

Assurés > Dans le Lot. Plus de 130 000 assurés et ayants droit protégés dans le département, soit environ 75 % de la population du Lot.

Activité > En 2016.Près de 3 millions d’opérations de paiement ont été traitées l’an dernier, dans un délai moyen inférieur à une semaine.

CMU > Les bénéficiaires. 8 050 Lotois sont bénéficiaires de la CMU-complémentaire.

Bilan de santé > Prévention. 922 bilans de santé gratuits ont été réalisés au centre d’examen de santé de la CPAM du Lot.

coûts de Gestion > Maîtrise. Les coûts de gestion représentent à peine 2 % des dépenses. Sur une somme de 100, 98 sont redistribués.

Vincent Maginot : «La Sécu est un bien commun»

Le poids économique de la Caisse primaire d’assurance maladie n’est pas toujours perçu. Vincent Maginot met l’accent sur les 394 millions d’euros de frais de santé pris en charge, financés par l’organisme au titre des risques maladie, maternité, invalidité, accident du travail, maladie professionnelle.

Mais au-delà de cet aspect, il y a le principe de solidarité nationale, l’assurance maladie finance les établissements hospitaliers, les Ehpad, une solidarité qui s’exerce aussi entre bien portants et malades et entre territoires. «La Sécu est un bien commun», fait remarquer le directeur de la CPAM du Lot. Ce dernier parle de défi quotidien à propos de la gestion de la masse de prestations avec un souci principal, celui de l’accès aux soins pour tout le monde, tout en sachant repérer les différences. «C’est ce qu’on appelle chez nous les parcours attentionnés, il s’agit d’aller au bout des dossiers, d’accompagner et pas seulement de rembourser».

Il reste en moyenne 9 % de reste à charge pour les familles ; malgré cela, il y a des assurés qui renoncent aux soins dentaires, ophtalmo ou autres. «200 personnes dans le Lot ont bénéficié d’un service très attentionné, pour les soins dentaires par exemple, on va jusqu’à prendre les rendez-vous».

Parmi les autres questions d’actualité pour la CPAM, la mise en place en 2018, du dossier médical partagé, la participation à des groupes de travail autour de l’installation de jeunes médecins pour attirer des professionnels. La délégation de soins entre le médecin traitant et les infirmiers est également un dossier important pour Vincent Maginot, comme celui des maisons de santé pluridisciplinaires. «Nous avons un bel exemple avec celle de Gramat». En matière de prévention, le directeur de la CPAM cite le partenariat avec les chirurgiens-dentistes, dans les écoles pour la santé bucco-dentaire ou encore, le travail conduit avec l’Adecca pour le dépistage des cancers.

Le seul bémol dans ce tableau concerne le taux de vaccination grippale. Vincent Maginot le reconnaît : «On est à un peu plus de 47 % ce qui n’est pas un très bon résultat dans un département comme le Lot avec une population âgée importante».

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