La légende de Catus

On prétend qu’autour de l’an mille, une créature maléfique habitait une cavité sur les hauteurs du village. Son grognement retentissait alentour et faisait frémir tous les habitants. Il paraît même que des valeureux s’étaient aventurés dans les bois jouxtant la grotte et n’en étaient jamais revenus. Aussi, évitait-on les lieux où l’animal régnait en maître.

La grotte du chat

« C’était un chat sauvage au moins aussi gros qu’un chien », raconte Roger Flambart, habitant de Catus depuis toujours. Un jour, lassé de la situation, le seigneur local décida de se débarrasser de l’animal qui terrifiait le village et promit la main de sa fille ainsi que la moitié de sa seigneurie à qui tuerait le chat. Un cavalier se présente au château dont le seigneur et sa fille s’éprennent déjà. Il se fait armer et part décidé. Arrivant près de la grotte, le chat qui entend le bruit des sabots sort de son repaire et se rue sur le cavalier. Dans un élan digne d’un intrépide combattant, d’un geste sec et précis, l’épée du cavalier se plante dans la jugulaire de la bête qui tombe inerte. L’homme ne se sent plus de joie et hurle de vanité : « Que Dieu le veuille ou non la fille du seigneur est à moi ! » Mais à cette époque où le christianisme s’enracine, il ne fait pas bon blasphémer : une colère divine fait s’abattre le cheval ainsi que son cavalier qui meurent de cette chute.

Des empreintes dans la roche

« Quand j’étais encore jeune, détaille Roger Flambart, et avant que la DDE ne fasse des travaux d’élargissement de la route, les empreintes de la chute étaient encore visibles sur le rocher. La mousse sur les rochers était rouge », témoigne-t-il, suggérant que le sang qui avait coulé là teintait toujours les lieux. Amateur de spéléologie et fin connaisseur des environs, Roger Flambart raconte qu’il emmenait les curieux voir la grotte et imitait alors un grognement pour effrayer les gens : « Si vous aviez entendu ce grognement, vous aussi vous auriez eu peur. » « Il se peut qu’au Moyen Âge, un rigolo de mon espèce se soit amusé à grogner dans la grotte. Ou alors était-ce un animal… » Les explorateurs de cavités ont régulièrement tendance à rencontrer blaireaux et renards, tapis dans les grottes. Roger Flambart est de cette génération qui s’est fait conter des légendes effrayantes au coin du feu. Celle de Catus, il aime la propager et s’est amusé à la réécrire.

Le village de Catus, qui signifie « chat » en latin, se situe très près de la grotte. On peut imaginer que la légende a baptisé le lieu. Non loin de là, un hameau s’appelle Le Cavalier et un autre, Lo Piado, qui signifie « l’empreinte de pied » dans l’occitan parlé ici.

Alice Rouja La Dépêche

Catus

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