Labéraudie Suppression de 26 bus sur 33

De simples autocollants posés sur les abribus ont informé les habitants de Labéraudie de la suppression de 26 bus sur 33 dans un secteur où actifs et retraités utilisent quotidiennement les cars évidence.

La création, la suppression d’arrêts ou tout bouleversement sur une ligne de ce service se fait généralement en concertation avec le Grand Cahors.

Les habitants ne décolèrent pas car ils n’ont pas été consultés avant que cette coupe franche qui les pénalise ne soit opérée.

Par la voix de leur porte-parole, Christian Cazard, ils dénoncent «un déni de démocratie de la part des élus du Grand Cahors et de la mairie de Pradines, mettant les habitants devant le fait accompli avec le plus grand mépris pour un service public minimum».

Mercredi, ces riverains réunis près de l’un de leurs abribus ont mené une action symbolique en reformulant le texte de l’affichette officielle placée dans les abris portant la mention «prenez le bus». Eux ont écrit : «prenez les baskets» et ont installé un vélo dans l’abribus ; Une forme d’humour noir pour marquer leur colère. Ils protestent contre «l’impossibilité de se rendre à Cahors le matin et de revenir en fin de matinée. Le bus repartant du chef-lieu à 11 h 03 a été supprimé. Un bus permet d’aller à Cahors l’après-midi et aucun ne permet un retour vers 16 h 30». Les habitants suggèrent le rétablissement de trois bus.

Une pétition et le tribunal

«Or le Grand Cahors n’accepte qu’un seul bus supplémentaire, celui qui part de Cahors à 11 h 03. Bus qui existait avant», rappellent les usagers prêts à constituer un collectif associatif puis à faire signer une pétition et à saisir le tribunal administratif. «Nous voulons faire casser cette décision de suppression qui n’honore pas le service public», lance Christian Cazard. «Nous nous sentons isolés. Je me rendais au cimetière tous les jours. Je peux y aller, mais le bus du retour est trop tardif. C’est le même problème pour aller au marché de Cahors. Le bus part à 9 h 20, mais le retour n’a lieu qu’après 12 heures», regrette Viviane Gaillard, 83 ans.

Un autre riverain, François Lage, résume la situation d’une phrase : «Sans bus, c’est toute une vie sociale qui est brisée».

Un argument qui peut peser.

Les arguments du Grand Cahors

«La rue de Labéraudie placée en sens unique». Voila le principal argument sur lequel s’appuie Romuald Molinié, vice-président du Grand Cahors en charge des transports pour fournir une première explication aux riverains en colère. «Le maintien d’un bus dans un sens unique a été décidé essentiellement pour des motifs sécuritaires», affirme-t-il.

«La rue est très étroite, les chauffeurs étaient obligés de se téléphoner avant d’emprunter cet axe afin d’éviter de se croiser car cela comportait des vrais risques que chacun peut comprendre. Nous devons d’abord penser à servir l’intérêt général. Celles et ceux qui ont constaté l’étroitesse et donc la dangerosité de cette rue abondent dans le sens de cette réflexion commune prise avec le maire de Pradines. Les bus effectuent une boucle dans un autre sens de circulation, cela a modifié de nombreux arrêts, certes, mais cette organisation nous semble judicieuse même si je comprends la déception de certains habitants» admet Romuald Molinié. «La fréquentation sur le secteur concerné variait de zéro à une seule montée par semaine. Cela permet à Évidence de redéployer l’offre là où il y a des besoins. Les administrés doivent s’adapter aux horaires que l’on propose», conclut-il. Le dialogue est ouvert… mais très tendu.

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