Le Crédit Agricole se lance dans le financement participatif

financement participatifLe Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées s’associe avec la société de financement participatif MiiMOSA pour booster les petits projets et les aider à grandir.

Le financement participatif, beaucoup en parlent. Le Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées (CANMP) a décidé d’agir. Et pour mieux affirmer leur volonté d’ancrer ce mode de financement dans leur stratégie au service des agriculteurs et des entrepreneurs des quatre départements concernés (Tarn-et-Garonne, Tarn, Aveyron et Lot), Jean-Jacques Calcat (1), Stéphane Leclerc, et Florian Breton, ont formalisé, en fin de semaine dernière, à Montauban, leur collaboration.

Une suite logique à l’engagement de la banque auprès des agriculteurs, selon Jean-Jacques Calcat : «Le Crédit Agricole est déjà très engagé sur le terrain de la proximité, explique son président. Nous avons, sur nos quatre départements, 25 experts, 110 conseillers professionnels. Ce sont au total 180 personnes qui sont au service des agriculteurs sur les quatre départements. Avec cette collaboration, nous montrons qu’il y a de la place pour les petites structures aussi. Et c’est un message adressé à ceux qui cherchent à valoriser et vendre leurs produits locaux et qui n’osaient pas venir voir la banque.»

Pour accélérer ce processus, le Crédit Agricole s’est adressé à un spécialiste (voir encadré) : «Nous avons la volonté d’accompagner l’innovation, a souligné Stéphane Leclerc. Il faut soutenir les porteurs de projets qui créent ou veulent développer leur activité sur nos territoires. Le financement participatif n’est pas concurrent de nos métiers traditionnels mais complémentaires. Il nous rapproche de ceux qui feront l’économie de demain.»

En apportant sa confiance, après étude du dossier évidemment, à ces nouveaux acteurs de l’économie de demain, la banque joue gagnant-gagnant avec ceux qu’elle a décidé d’aider : «Avec le financement participatif, nous partageons notre notoriété, nous sommes force d’amorçage en étant le premier contributeur du projet que nous finançons et nous sécurisons le porteur de projets, indique Stéphane Leclerc. Et en termes d’images, on s’inscrit dans la modernité.» Même si ce financement participatif est appelé à durer, cet été va servir à booster l’offre, notamment auprès du grand public. Histoire comme le souhaite Jean-Jacques Calcat que «de petits projets deviennent de gros projets.»

Déjà une douzaine de projets sont en phase active sur les quatre départements concernés : «C’est un outil formidable pour ceux qui osent», a résumé Jean-Jacques Calcat. Alors osons !

(1) Respectivement, président de la CANMP, directeur des marchés Agriculture et professionnel président et fondateur de MiiMOSA.


MiiMOSA, ça marche

Lancée fin 2014, par Florian Breton, MiiMOSA, première plateforme de financement participatif exclusivement dédiée à l’agriculture et l’alimentation, est hébergée au cœur du «Village by CA», accélérateur du Groupe Crédit Agricole. En seulement 18 mois, MiiMOSA a accompagné 300 porteurs de projets en Frabnce et collecté 1,50 M€ de dons. En 2016, avec le soutien de ses partenaires, la plateforme prévoit d’accompagner 700 porteurs de projet et de collecter plus de 3 millions d’€ ! Avec le soutien de ses partenaires, MiiMOSA encourage les agriculteurs et entreprises alimentaires à inviter nos concitoyens à devenir les acteurs de leur projet. Afin de récompenser les contributeurs, de nombreuses contreparties inédites sont proposées : le «don contre don». En clair le donateur qui fait un don est récompensé en nature, par des produits de l’entreprise qu’il aide, des séjours sur place… L’occasion, selon Florian Breton, de «créer du lien social en favorisant les circuits courts».

Contact : www. MiiMOSA. com

Laurent Benayoun La Dépêche

____________________________________________________

Qu’est-ce que le financement participatif ou crowdfunding?

 Le financement participatif connaît un essor spectaculaire grâce à sa capacité de tirer pleinement profit de la puissance d’internet et des réseaux sociaux. Il consiste à faire appel aux internautes pour concrétiser les créations et les projets les plus divers : création de startups, musique, films, jeux vidéo, livres ; recherche scientifique ; causes humanitaires ; journalisme citoyen…

Le système fait appel au grand public pour son mode de financement, chaque particulier apporte sa contribution pour aboutir à la réalisation d’un projet.

Il existe trois principales formes de financement participatif:

l’equity la plateforme numérique propose des titres de sociétés non cotées aux investisseurs sur un site internet. Elle se charge d’exercer des contrôles sur le projet à financer, sous le statut de « conseiller en investissements participatifs
Le soutien par don où le particulier apporte sa contribution sous forme de dons sans aucune contrepartie ou alors, il reçoit en échange une contrepartie en nature de la part de celui qui porte le projet.

Le système de prêt, qui peut être un prêt avec ou sans intérêt

Depuis le 1er octobre 2014 les particuliers peuvent financer des entreprises en accordant à celles-ci des crédits, directement.

À partir d’octobre 2016, les entreprises, à l’instar des particuliers, pourront prêter leur surcroit de trésoreries à d’autres entreprises.

À partir du 1er juillet 2016, la loi de transition énergétique autorise les sociétés développant des projets d’énergie renouvelable à faire participer financièrement les particuliers et les collectivités proches des installations, de façon directe ou en passant par des professionnels du financement participatif.

Le développement de ce mode de financement permettrait à terme de transformer notre économie en faisant appel directement aux acteurs économiques plutôt que de solliciter systématiquement les organismes institutionnels. Ceux-ci résistent comme on le voit dans l’exemple du Crédit Agricole

10 commentaires pour “Le Crédit Agricole se lance dans le financement participatif

Les commentaires sont fermés