Le Premier ministre choisit Cahors et le Lot pour la Conférence des territoires.

Du 13 au 15 décembre, le Premier ministre présidera la Conférence des territoires qui se tiendra en terre lotoise.

Édouard Philippe et son cabinet vont « délocaliser Matignon » dans le Lot, pendant près de trois jours à la mi-décembre, a appris l’AFP jeudi dans l’entourage du Premier ministre, qui y voit une initiative à la fois « symbolique » et « utile ».

Qu’est-ce que la Conférence des territoires ?

Le 17 juillet 2017, le président de la République a instauré la Conférence nationale des territoires. Celle-ci vise à faire de la lutte contre les fractures territoriales une priorité nationale grâce à une démarche de concertation entre l’État et les représentants des principales associations d’élus locaux et des collectivités territoriales.

Les enjeux de la Conférence nationale des territoires sont de combattre le sentiment de relégation parfois exprimé dans les territoires ruraux, de répondre aux défis des « nouvelles ruralités » et de montrer que les campagnes sont des territoires d’opportunités qui participent pleinement au développement de la France.

Les politiques publiques visent à soutenir le développement des espaces ruraux. Elles s’appuient sur les leviers de l’État, selon trois axes :

– garantir à chaque citoyen un égal accès aux services et au numérique et à ses usages, sur tout le territoire. Par exemple, grâce au déploiement des Maisons de services au public ou le plan France Très Haut débit ;

– renforcer les capacités des territoires et de leurs élus à porter et développer une action publique de proximité, adaptée aux besoins des citoyens et des entreprises locales ;

– dépasser les logiques de concurrence territoriale, en redonnant de l’attractivité aux bourgs-centres et aux villes moyennes et en accentuant les échanges entre territoires ruraux et urbains (via des contrats de coopération métropolitaine, par exemple).

Avec cette rare initiative, le chef du gouvernement et la cinquantaine de membres de son cabinet « pourront ainsi multiplier les rencontres et les visites de terrain, au contact de tous les acteurs publics et privés du département », explique-t-on. « Délocaliser Matignon pendant trois jours, c’est à la fois utile et symbolique », souligne l’entourage d’Édouard Philippe.

JC Bonnemère La Vie Quercynoise


Mme Huguette Tiegna, députée du Lot, membre de La République en Marche, précise, dans un communiqué adressé à la presse ce vendredi 1er décembre en soirée, l’éventail des sujets traités à l’occasion de la Conférence des territoires.

« À l’occasion de la tenue de la Conférence nationale des territoires, prévue le 14 décembre prochain à Cahors, le Premier ministre, M. Édouard Philippe, a souhaité « délocaliser Matignon » dans le Lot. Une délégation entourant le Premier ministre, composée des membres de son cabinet, ainsi que de nombreux Ministres, sera présente dans le Lot les 13, 14 et 15 décembre prochain.

La couverture numérique, la redynamisation des bourgs au programme…

« Je me réjouis de la venue du Premier ministre qui pointe la reconnaissance par le Gouvernement de la dynamique positive et l’attractivité du département lotois ». déclare Mme la députée, étroitement associée à l’organisation de cette initiative qualifiée de « rare, utile et symbolique ».

Pendant trois jours, les membres de la délégation multiplieront les rencontres ainsi que les visites de terrain, au contact de l’ensemble des acteurs publics et privés du département.

De nombreuses thématiques figurent au programme, comme la couverture numérique très haut débit, la redynamisation des bourgs et des centres-villes, l’agriculture, la formation professionnelle, l’apprentissage, l’emploi, les TPE PME ainsi que l’innovation en milieu rural, ou les enjeux autour des services publics et la mobilité du futur seront abordées au cours de cette visite.

« La délégation entend aussi poursuivre le dialogue avec les élus locaux au sujet notamment de la suppression de la taxe d’habitation et de la réduction du nombre d’emplois aidés » précise Mme Tiegna. La députée rappelle qu’elle se tient à disposition des citoyens, élus et médias du Lot, afin de fournir plus de détails entourant cet événement qu’elle considère comme « majeur pour notre département. »

jean claude.Bonnemere La Vie Quercynoise Publié le 1 Déc

La contractualisation financières et ses critères

La Conférence nationale des territoires, à laquelle sera dédiée la séance du jeudi 14, sera bien présidée par le Premier ministre. Et décomposée en deux parties : la première, le matin, sera consacrée aux finances locales et aux pactes financiers Etat-collectivités. Le rapport d’étape de la mission Richard-Bur devrait être présenté à cette occasion aux élus locaux.

Si l’idée de « contractualisation » suscite encore de nombreuses réticences, l’AMF et son premier vice-président André Laignel y voyant des « pactes léonins », d’autres associations d’élus, à l’image de France urbaine ou de l’AdCF s’y montrent plus ouvertes. « C’est un chemin nouveau, qui permet d’avancer ensemble », positive le patron de l’AdCF Jean-Luc Rigaut. Le président de la communauté d’agglo d’Annecy se réjouit notamment d’avoir convaincu l’exécutif, avec d’autres élus lors de la réunion préparatoire du jeudi 30 novembre, que « les efforts déjà réalisés [par les collectivités et EPCI] soient pris en compte » dans les objectifs de limitation des dépenses de fonctionnement. Et que d’éventuelles « contreparties sur des dotations d’investissement » aillent de pair.

Débat sur la cohésion des territoires

L’après-midi, ouverte pour l’occasion à plusieurs élus régionaux occitans, sera dédiée à la cohésion des territoires, à la future agence éponyme – dont on peine à voir les contours et les missions – et aux politiques contractuelles de l’Etat en la matière.

Y devrait aussi y être débattu les contours du plan pour les villes moyennes annoncé récemment par Jacques Mézard, un plan lui aussi attendu mais contesté dans ses financements.

Eau-assainissement : le plaidoyer de l’AdCF pour un veto… de majorité

Le 21 novembre dernier, le Premier ministre accédait à l’une des demandes récurrente de l’AMF, celle d’assouplir le transfert au 1er janvier 2020 aux intercommunalités des compétences eau et assainissement. Et de proposer pour cela un dispositif semblable à celui du Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI). Traduction : si une minorité de communes membres de l’EPCI, représentant au moins 25% des conseillers municipaux des communes membres constituant au moins 20% de la population totale de l’intercommunalité, ou vice-versa, s’oppose à ce transfert automatique, ce mécanisme ne s’appliquera pas de droit.

Un droit de veto accordé à une minorité qui ne passe pas auprès de l’AdCF, « opposée à une clause de blocage : nous ne voulons pas une prime à la minorité ! », tance l’association représentative de nombre d’intercommunalités. Et son président Jean-Luc Rigaut de plaider pour qu’on « applique une majorité de blocage ». L’un des nombreux sujets sur lesquels la CNT doit permettre d’avancer.

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