Les 2 Jours de Montcuq, la course mythique d’endurance équestre

Ces samedi 28 et dimanche 29 octobre 2017, des dizaines de cavaliers partiront de Montcuq, pour parcourir 200 km en deux jours, au cœur du Quercy Blanc, pour la 41e édition des « 2 Jours de Montcuq », course internationale d’endurance équestre, créé il y a 40 ans, par le regretté Pierre Passemard. À quelques jours du départ de cette course, nous avons interrogé le président de la COCEEL, l’association organisatrice, le Dr Jean-Marc Lamolle, qui a pris la suite de M. Passemard.

 

Quels ont été les points forts, selon vous, de cette année, dans l’endurance équestre européenne et internationale ?

Le bien être du cheval, qui semble « logique » pour la plupart, est mis de plus en plus en avant et, surtout, est enfin respecté, tant par le comportement des cavaliers que par l’organisation et la gestion des concours. Un seul point noir me dérange toujours personnellement : pour une discipline qui se veut proche de la nature, je suis horrifié par la quantité d’eau gaspillée par les intendances des cavaliers.

 

40 ans après sa création par Pierre Passemard, en 1977, les 2 Jours de Montcuq sont-ils toujours la référence de l’endurance équestre de haut niveau ? Comment espérez-vous maintenir cette renommée ?

Les 2 Jours de Montcuq ont toujours été une référence internationale et je m’efforcerai qu’elle le reste en préservant ses « constantes » : un parcours en terrain varié qui met en évidence l’endurance physique du cheval et du cavalier, respecter le plaisir du cavalier pendant le parcours en lui faisant découvrir la beauté des paysages de la région, associer aussi harmonieusement que possible la vie locale et l’épreuve sportive.

 

Après le chronométrage automatisé et le retour du parcours initial au Boulvé l’an passé, y aura-t-il des changements dans cette 41e édition ? Le parcours restera-t-il le même ?

Même si la philosophie de la course est de demeurer inchangée contre vents et marées, il faut quand même bien s’adapter aux exigences du modernisme. Le chronométrage automatisé est donc devenu un incontournable. Pour le reste, rien ne change, le village du Boulvé reste associé à la course. Le parcours est inchangé, hormis quelques petites portions traversant des propriétés privées qui seront déroutées sur des chemins publics.

 

Quelle partie est déterminante, à vos yeux, en faveur de la victoire finale ?

C’est l’ensemble du parcours qui est déterminant pour la victoire finale. Le cavalier doit gérer de bout en bout la capacité physique de sa monture. Deux juges de paix sont là pour le lui rappeler : la montée vers le Boulvé et la côte de Flottes.

 

Les 2 Jours de Montcuq ont-ils permis à des champions de se révéler ?

En 40 ans d’existence, il ne m’est pas possible d’énumérer le nombre de champions qui ont foulé les sentiers du Lot et du Quercy blanc. Sans vantardise, je pense que plus de 80 % des champions européens et mondiaux ont participé aux 2 Jours. La dernière championne d’Europe en titre, Sabrina Arnold, sera au départ…

 

Combien espérez-vous d’engagés au départ, cette année ?

Nous attendons 48 cavaliers venant de divers pays (France, Belgique, Argentine, Pays-Bas, Italie, Suisse, Espagne, Royaume-Uni, Allemagne…) Nous en attendions plus, mais la répartition non harmonieuse des épreuves du calendrier et les délais d’attente imposés entre deux épreuves font que le nombre de participants se trouve réduit. Cela devient problématique autant pour les organisateurs qui doivent prendre d’énormes risques financiers que pour les cavaliers, obligés de calculer et sélectionner avec beaucoup de prudence les épreuves convenant à leurs chevaux. Si la FEI et les fédérations nationales ne se penchent pas sur ce problème, on risque de voir disparaître bon nombre d’organisateurs et émerger une forme de monopolisation, souvent injustifiée, de la part d’autres.

 

En 40 ans, comment les contrôles vétérinaires ont-ils évolué, au sein des courses d’endurance équestre ?

Les contrôles vétérinaires n’ont pas changé dans la manière dont ils sont opérés. L’intégrité physique et physiologique est toujours vérifiée de manière très stricte, et la moindre anomalie susceptible de mettre le cheval en danger entraîne le retrait de la compétition. Au fil du temps, ce qui a changé c’est la standardisation et l’uniformisation de la procédure en vue d’éviter toute forme d’abus et de décisions subjectives.

 

Que représentent, en termes d’organisation et de retombées économiques, les 2 Jours, pour le Pays de Montcuq et le Quercy Blanc ?

Pour bien comprendre les retombées économiques, qui en émanent pour la région, un cheval participant à la course représente, en moyenne, de 3 à 6 personnes présentes sur le site, et donc autant de personnes à loger et à nourrir. Le parcours permet de faire découvrir des artisans de tous métiers qui peuvent faire connaître et apprécier leur savoir-faire ainsi que des sites touristiques méconnus qui inciteront à y revenir pour mieux les visiter.

 

Propos recueillis par D.Quet La Vie Quercynoise