Les intentions du directeur de l’hôpital de Cahors

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La présentation des vœux à l’hôpital de Cahors, ce mercredi soir, ressemblait à une séance de remise en forme psychologique.
Pierre Nogrette, le nouveau directeur a tenu à motiver ses troupes en leur assurant écoute et soutien. Un vent d’espoir souffle à nouveau dans les voiles de l’hôpital. 

Le centre hospitalier de Cahors compte bien en cette année 2020 franchir un nouveau cap : celui du bien être au travail, tout simplement. Soyons cash, puisque cela semble être aussi la volonté du tout nouveau directeur, Pierre Nogrette. Il a tenu un discours teinté d’optimisme ce mercredi, à l’occasion de la présentation de ses vœux aux agents hospitaliers, à l’ensemble du personnel et aux médecins qui officient au sein de cet établissement. Un grand vaisseau qui a longtemps cherché, sur la durée, un capitaine à l’écoute et prêt à considérer tous les souhaits de son « équipage »

Cap sur l’avenir donc à bord d’un vaisseau, mais plus d’une galère, chacun l’espère.

Pierre Nogrette a évoqué la valse incessante ces dernières années des directeurs sans insister cependant sur le manque criant, jusqu’à présent de stabilité pour cet hôpital. Stabilité sociale essentiellement. « Je sais que l’année 2019 a été une année riche mais compliquée. Compliquée notamment parce que le Centre hospitalier de Cahors a connu cette année quatre directeurs successifs » a-t-il rappelé.

Le nouveau « boss » a tenu à saluer « la dynamique lancée en 2018 par l’ancien directeur Francis Teulier (présent ce soir) dont l’hôpital de Cahors bénéficie encore aujourd’hui. »

Diminution des admissions, hausse des consultations

Pierre Nogrette n’a pas occulté les tensions de l’hôpital. Un terme récurrent lorsqu’on évoque le malaise hospitalier à Cahors.

« Alors bien sûr, il y a eu cette discontinuité à la direction et cela a généré des tensions dans notre communauté hospitalière, mais cela n’a fort heureusement pas empêché l’Hôpital de fonctionner et d’assurer la continuité du service public hospitalier et de porter des projets remarquables. En 2019, nous avons connu certes une légère diminution du nombre des admissions en hospitalisation (-0,5 %) mais une augmentation très forte des consultations avec une progression de 8,8 % et une progression de 6,2 % des séances.

De son côté la maternité a enregistré 666 naissances » a-t-il détaillé. Des chiffres qui parlent. Mais le nouveau directeur sait-il parler aux êtres ? C’est sur ce registre précis qu’il est très attendu. En d’autres termes, qu’elle sera sa politique sociale ? Il y répond, en partie, en remerciant tout d’abord « les cadres pour leur implication et leur calme, ce sont eux qui sont le recours des personnels lorsque les repères institutionnels sont brouillés. Je sens aussi un véritable attachement des personnels à leur institution » a-t-il ajouté.

Puis le directeur a mentionné « la richesse et le nombre des compétences médicales et chirurgicales. »

« Recréer du lien et de la confiance »

Alors, quoi de neuf pour l’année 2020 sur le plan humain ? Une main tendue ? « Mon objectif personnel pour 2020 est de recréer du lien et de la confiance, puis d’ouvrir davantage notre établissement sur le territoire. Le premier de ces rendez-vous, c’est la visite de certification de la Haute Autorité de Santé, visite qui sera conjointe avec des celles des 4 autres hôpitaux et qui interviendra à la fin 2020 voire au tout début 2021. Au-delà des avancées que nous allons réaliser dans le domaine de la qualité et de la gestion des risques, cette démarche sera une occasion de travailler tous ensemble et de retisser des liens parfois distendus entre les services et la direction » rassure-t-il.

Véronique Rémy sera chargée de tenir la barre de cette démarche à bord du vaisseau farouchement déterminé à placer les êtres au centre de tout et à moins tanguer pour ne pas chavirer sur le plan financier. 

L'hôpital de Cahors : un bel outil qui veut agir plus et mieux.
L’hôpital de Cahors : un bel outil qui veut agir plus et mieux. – Photo DDM

« La seconde orientation sera l’élaboration de notre projet d’établissement qui devra être construit en cohérence avec le projet médical partagé de notre territoire. Cette démarche nous permettra de poser des jalons, de nous donner de la visibilité et de la cohérence et donc finalement de l’efficacité dans la prise en charge des patients qui nous font confiance » insiste Pierre Nogrette.

Cette confiance que le nouveau directeur ne veut pas perdre auprès des patients de l’hôpital de Cahors dépendra en toute logique du climat social qu’il saura restaurer auprès des équipes en attente, elles aussi, d’un traitement social adapté à leurs maux.

Le « boss » au chevet des aides soignantes en souffrance 

La gériatrie avec l’USLD (Unité de soins de longue durée du Payrat) sera comme l’a annoncé Pierre Nogrette « l’un des principaux axes de travail en 2020. »

L'Unité de soins de longue durée du Payrat. Un axe de travail prioritaire du nouveau directeur.
L’Unité de soins de longue durée du Payrat. Un axe de travail prioritaire du nouveau directeur. – Photo DDM

Il a indiqué qu’il comptait réaliser « les travaux nécessaires à l’ouverture de l’Unité d’hébergement renforcé pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et des syndromes apparentés. Je sais que l’ARS est attentive à ce domaine et que nous devons travailler davantage sur la gériatrie. J’ai demandé à l’équipe de direction d’être davantage à l’écoute des professionnels de l’USLD qui font un travail difficile mais si important. Je pense en particulier aux équipes aides-soignantes ».

Voilà une belle promesse en guise de saine conclusion. Mais une promesse que le « boss » devra absolument tenir car la situation est particulièrement compliquée au Payrat.

« Il faut répondre au besoin de dialogue de tous les agents » 

Le maire de Cahors, Jean-Marc Vayssouze, président du conseil de surveillance de l’hôpital, s’est dit « heureux de constater de vrais messages d’optimisme et d’espoir durant ces vœux. Pierre Nogrette n’est pas un directeur par intérim, mais le directeur tout court. »

Puis, tourné vers le nouveau directeur, il a déclaré : « Monsieur Nogrette, je vous fais confiance pour prendre le temps nécessaire à l’écoute. Il faut répondre au besoin de dialogue de tous les agents. Je vous fais aussi confiance pour construire une équipe de direction homogène, exemplaire et qui soit en capacité de porter avec vous l’avenir de ce centre hospitalier. Enfin, je vous fais confiance afin que l’on puisse échanger régulièrement pour faire en sorte que ce centre hospitalier se développe pour la ville, mais aussi pour tout le territoire dont l’attractivité ne peut pas s’imaginer sans une offre de soins et de santé digne de ce nom.

Le maire Jean-Marc Vayssouze, est également le président du conseil de surveillance de l'hôpital. C'est à ce titre qu'il s'est exprimé.
Le maire Jean-Marc Vayssouze, est également le président du conseil de surveillance de l’hôpital. C’est à ce titre qu’il s’est exprimé. – Photo DDM J.-L.G.

La qualité et la proximité

Enfin, s’adressant à Pierre Ricordeau, directeur général de l’ARS (Agence régionale de santé) Occitanie, présent également ce soir, Jean-Marc Vayssouze a mis l’accent sur l’offre de soin de qualité et de spécialités à maintenir et à développer à Cahors car il n’est pas concevable que les Cadurciens et les Lotois se déplacent à Toulouse ou à Montauban. »

Pierre Ricordeau saisit la balle au bond : « La politique de la santé n’a de sens que si elle permet à tous les habitants de tous les territoires d’accéder aux meilleurs soins possibles. Cela passe ici par un retour à la stabilité de l’hôpital de Cahors. Le patient doit avoir un parcours de santé cohérent à proximité de son lieu de vie. Et c’est bel et bien autour de ces priorités que nous transformons peu à peu notre système de santé ».

Une volonté de renforcer le lien ville-hôpital

Autre piste de travail annoncée et commentée ici par Pierre Nogrette : le lien ville-hôpital. Un axe fort auquel est aussi très attaché le docteur SlimLassoued.

« La semaine dernière, j’ai eu la chance de rencontrer une vingtaine de généralistes cadurciens. J’ai rencontré des personnes raisonnables qui ne nous demandent que de développer le lien avec eux. Ils sont très attachés à notre hôpital mais ils nous demandent de nous montrer plus accessibles téléphoniquement et de leur donner davantage d’informations. Ils sont très contents de voir la messagerie sécurisée se déployer à l’hôpital, mais ils désirent avoir des informations sur l’arrivée des nouveaux praticiens et ils veulent une meilleure interface avec les secrétaires de notre hôpital. Je suis aussi persuadé que les secrétaires médicales joueront un rôle de plus en plus important dans les prochaines années notamment avec la modernisation des prises de rendez-vous. » L’optimisme reste de rigueur pour le nouveau venu à Cahors.

Pierre Nogrette : « Je crois en l’intelligence collective »

Côté finances, un chapitre sur lequel le nouveau directeur de l’hôpital de Cahors s’est longuement étendu ce soir, « la poursuite de l’effort du redressement financier » a été l’un de ses souhaits majeurs pour l’année 2020.

« La trajectoire est positive et notre résultat déficitaire va se situer à environ 800 000 euros, ce qui le situera à moins de 1 % de nos recettes. C’est une avancée, je mesure le chemin parcouru depuis 18 mois et je remercie la direction des Finances. Je sais aussi que le délai moyen de règlement des fournisseurs est de 70 jours. C’est beaucoup mieux qu’il y a un an, mais il nous faut le réduire encore pour regagner la confiance de nos fournisseurs et sécuriser nos approvisionnements. Cette année, il nous faudra à nouveau interroger nos organisations pour les rendre plus efficiences. Toutefois, je voudrais que l’on procède à une véritable concertation des acteurs médicaux et paramédicaux. Tout le monde sait que la méthode verticale et brutale ne peut que conduire à des blocages. Je souhaite que cette concertation qui aura lieu au premier semestre 2020 s’accompagne de la relance de la gouvernance par les pôles. J’ai confié à ce sujet une mission à Vanessa Bompart, directrice des soins de l’établissement. Cette gouvernance de pôle nous permettra de mieux dialoguer entre nous et d’intégrer mieux les acteurs aux processus de décisions. Je crois en l’intelligence collective et à mon avis il s’agit de la meilleure voie pour faire progresser nos organisations hospitalières complexes.»

Des efforts sur les Urgences et des recrutements en anesthésie

Pierre Nogrette a défini un objectif fort sur les Urgences. Un objectif et des actes.

« Nous allons commencer des travaux de restructuration importants qui vont réduire les délais d’attente et améliorer la prise en charge des personnes. Une nouveauté, depuis le 9 janvier dernier nous nous sommes engagés sur un partenariat fort avec l’Institut Camille Miret. Nous allons construire dans le périmètre de notre service d’urgence le Centre de Crise de l’ICM. et je suis certain que cela améliorera la prise en charge des urgences à Cahors » estime-t-il.

Le nouveau directeur veut aussi travailler efficacement pour l'amélioration de la prise en charge des patients aux Urgences.
Le nouveau directeur veut aussi travailler efficacement pour l’amélioration de la prise en charge des patients aux Urgences. – Photo DDM, Marc Salvet

Enfin, le directeur de l’hôpital compte « avancer sur un meilleur fonctionnement et une plus grande efficience du bloc opératoire. Nous avons des opérateurs reconnus, des équipes d’anesthésistes et des équipes paramédicales de grande qualité. Il nous faut recruter notamment en anesthésie et progresser pour une meilleure utilisation de notre outil de travail. » Une sage décision approuvée et dont la phase de concrétisation pourrait démontrer que le grand vaisseau a définitivement mis le cap sur un horizon sans brume, ni tempête.

Jean-Luc Garcia La Dépêche

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