Les positions de notre Sénatrice

Enseignante en physique chimie, jusqu’en juin dernier, Angèle Préville siège à présent au Sénat où elle entretient sa flamme de militante socialiste ; de nouvelles fonctions qu’elle embrasse avec enthousiasme, même si ce n’est pas de tout repos.

 

Diriez-vous que votre élection au Sénat a changé votre vie ?

Oui, cela a représenté un changement énorme dans mon quotidien. En règle générale je passe chaque semaine trois jours à Paris avec un programme de travail intense au Sénat et le reste du temps, je suis dans le Lot, sur le terrain, où je participe à toutes sortes d’événements et de rencontres.

 

Quel mode de transport avez-vous adopté pour vos allées et venues avec la capitale ?

J’effectue mes déplacements principalement en avion en rejoignant l’aéroport à Cressensac.

 

Quelles sont vos autres occupations en dehors du mandat de sénatrice ?

Je suis sénatrice à 100 % dans la mesure où j’ai cessé toute activité professionnelle. Toutefois, j’ai conservé le mandat de conseillère municipale à Biars-sur-Cère et je siège également à la communauté de communes de CAUVALDOR, ce qui me permet de conserver cet ancrage local, très important pour moi.

 

« Mon combat politique s’exerce en faveur de la justice sociale en priorité »

Quels sont vos engagements au sein du Sénat ?

Je siège au sein de la commission « Aménagement du territoire et développement durable ». Je tenais beaucoup à faire partie de cette commission, qui me paraît essentielle en tant que représentante d’un département rural. Je suis également membre de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST).

 

Vous faites partie du Groupe socialiste et républicain ; comment vous situez-vous par rapport aux orientations du président de la République et face à la politique menée par le Gouvernement ?

Je suis clairement dans l’opposition, surtout après toutes les mesures qui ont été prises récemment par le Gouvernement. Mon combat politique s’exerce en faveur de la justice sociale en priorité. Pour moi la suppression d’une partie de l’ISF, les ponctions faites sur les retraites, sont autant de décisions prises inacceptables à mes yeux. J’ajoute que dans le cadre d’une visite de l’Institut Pasteur, organisée par l’OPECST il y a une quinzaine de jours, les chercheurs se sont montrés inquiets dans la mesure où le tiers de leurs moyens financiers proviennent de dons et de mécénat. Or depuis les ponctions de la CSG, ils déplorent une baisse des dons, lesquels proviennent en grande partie des retraités.

 

Plusieurs questions soumises en ce moment au Sénat touchent des sujets d’actualité. Par rapport aux compteurs Linky, êtes-vous favorable à ce que les abonnés aient la possibilité de le refuser ?

Oui, je suis sur cette ligne-là. À la suite de l’audition d’Enedis, il m’est apparu que ces compteurs servent surtout à l’entreprise de distribution d’électricité, pour ses besoins de gestion.

 

Ces dernières semaines se sont succédées des grèves et des manifestations ; vous vous êtes opposée à la réforme de la CSG, pourquoi ?

Je suis contre effectivement cette ponction faite sur les retraites et d’ailleurs c’est la majorité du Sénat qui s’est retrouvée sur cette position, sauf les quelques sénateurs de La République en Marche. Ce n’est pas possible de ponctionner les petites retraites !

 

Vous ne faites pas confiance au ministre de l’Économie, quand il assure que la situation va se rééquilibrer pour les retraités avec la suppression de la taxe d’habitation ?

Pas du tout, ce petit tour de passe-passe n’est pas fondé. Ils sont nombreux ceux qui continueront à payer la taxe d’habitation.

 

Vous êtes intervenue sur la question de la revalorisation des pensions de retraite agricole ; qu’en est-il selon vous ?

Une loi est venue devant le Sénat il y a une quinzaine de jours proposée par les groupes communistes et écologistes, sauf qu’à la suite du coup de force du Gouvernement avec le dépôt d’un amendement, rien n’a pu être fait en faveur des retraités agricoles. Il s’agissait d’une revalorisation de 75 à 80 % du Smic pour des retraités qui sont considérés en dessous du seuil de pauvreté.

 

Il est question d’améliorer le fonctionnement des Ehpad (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), quel est votre position ?

Cette semaine, même si je ne fais pas partie de la commission sociale du Sénat, je rencontre plusieurs directeurs d’Ehpad, pour prendre toute la mesure de leurs attentes, afin d’améliorer le fonctionnement de ces structures.

 

« Un parlementaire ne représente pas seulement un nombre d’habitants, mais aussi un territoire donné »

 

Le Sénat se penche sur la protection des mineurs en matière d’atteintes sexuelles ; pour vous quel est l’âge auquel il convient de fixer le consentement sexuel des adolescents ?

Je m’apprête à soutenir la proposition de loi qui vise à fixer un âge du consentement, alors que ce n’était pas le cas jusqu’ici. Pour ma part, celui-ci devrait se situer à l’âge de 15 ans, voire en deçà.

 

Il est inscrit à l’ordre du jour du Sénat la question du transfert de compétences eau et assainissement aux communautés de communes. Quelle position allez-vous adopter ?

Nous avons une proposition de loi, au groupe socialiste pour déroger à ce que prévoyait la loi NOTRE de manière à laisser aux communes et syndicats en charge de cette gestion jusqu’ici de conserver leurs compétences. Je pense qu’au Sénat il y aura un consensus en ce sens, dans la mesure où nous estimons que les communes et les syndicats n’ont pas démérité.

L’Europe ouvre à la concurrence les transports ferroviaires ; quel est votre avis à ce sujet ?

Bien avant que le Gouvernement se manifeste, le président de ma commission a déposé une proposition de loi sur la mise en concurrence du transport voyageur, afin d’éviter la concurrence sauvage et que des zones rurales notamment ne se retrouvent en situation de désengagement. Voici un autre sujet sur lequel nous ne devons pas donner carte blanche au gouvernement.

 

Il est dans les tuyaux du Gouvernement un projet de réforme constitutionnelle, y êtes-vous favorable ?

Cette réforme pourrait intervenir avant l’été, au terme de laquelle serait abaissé le nombre de parlementaires. Il est question aussi de limiter le nombre des amendements qui peuvent être déposés. Il importe que tous nos concitoyens se rendent compte que nous n’avons pas une représentation excessive comme certains veulent bien le laisser entendre. Les parlementaires ne sont pas en surnombre encore une fois, par rapport à la population.

Il faut savoir qu’il pourrait ne plus y avoir de parlementaire pour le Lot, qui serait regroupé avec un département limitrophe. Un parlementaire ne représente pas seulement un nombre d’habitants, mais aussi un territoire donné.

Le Lot est un petit département et il est essentiel pour tous de conserver une représentation parlementaire digne de ce nom. C’est à ce niveau que s’exprime la démocratie ; c’est bien cela l’assemblée nationale du peuple ! C’est cette voix-là de la diversité qu’il nous appartient de faire entendre. En fait ce gouvernement veut nous bâillonner, nous empêcher d’agir.

 

Au niveau du Lot, le PS se réorganise ; comptez-vous faire entendre votre voix ?

Oui bien sûr je souhaite prendre toute ma part dans la vie politique départementale et travailler à la reconstruction du PS, dans le Lot en particulier.

Permanence parlementaire : Mme Préville a ouvert dernièrement une permanence parlementaire à Cahors, au 91, boulevard Gambetta, au niveau du théâtre municipal. Tél. 05 65 35 73 54.

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