Mi-chèvre mi-chou à la Roseraie

Le service de réadaptation cardiaque qui a fermé ses portes le vendredi 28 août pourrait finalement rouvrir le 21 septembre et jusqu’au mois de mars. Mais en capacité réduite.

À Montfaucon, plus les jours passent, plus les soignants sont dépassés. Le service de réadaptation cardiaque de la Roseraie a bien fermé ses portes le vendredi 28 août, sur décision de la direction de l’établissement. Mais au lendemain de la manifestation qui a rassemblé près de 150 participants devant l’établissement, lundi 24 août, la directrice de l’hôpital a finalement décidé, in extremis, d’accorder un peu de répit à ce service. « La directrice nous réunit mardi dernier pour nous expliquer que le service reprendrait le 21 septembre mais seulement pour de l’hospitalisation de jour et à la semaine », indique Nelly Dufour, infirmière et secrétaire au Comité Social et Economique. L’activité du service serait donc maintenue jusqu’au mois mais avec une voilure réduite : seuls 20 lits disponibles contre 42 avant sa fermeture. « Cette réponse n’est pas satisfaisante, d’abord parce que nous n’avons aucune garantie que ce service va effectivement rouvrir, ensuite parce que ce système exclut d’office les patients les plus fragiles ou éloignés qui ne peuvent pas rentrer en permission chez eux le week-end et enfin parce que tout le personnel ne pourra pas être repris », glisse Nelly Dufour.

Fermé sans la décision du Conseil d’administration ?

Les soignants l’ont mauvaise et ne comprennent pas ce retournement de situation. Car la décision de fermeture du service n’a jamais été votée par le conseil d’administration de l’établissement. Celui-ci doit se réunir le lundi 7 septembre pour délibérer… d’une fermeture déjà effective. « C’est de nouveau une décision unilatérale de la direction qui n’a fait l’objet d’aucune consultation », déplore l’infirmière. Autre fait troublant, la table ronde organisée à l’initiative de Marie Piqué, conseillère régionale, le mercredi 26 août évoquait une décision sans l’aval de  l’ARS. « On a du mal à comprendre pourquoi ils ferment », résumait Vincent Labarthe, vice-président du conseil régional et président du Grand Figeac. 

Julie Senger, déléguée départementale de l’ARS dans le Lot assure pourtant que ses services « sont en lien très étroit avec la Roseraie pour accompagner la réorganisation de l’activité, trouver des solutions de reconversion et d’autres modalités». Elle confirme que l’idée est de maintenir une hospitalisation à la semaine. Pour elle, le service n’était plus viable : « Les conditions de sécurité n’étaient plus réunies, on ne peut pas continuer à fonctionner en l’état, avec un manque de cardiologues, sachant que des pathologies graves sont en jeu».
« Il existe d’autres solutions, pour soulager les deux cardiologues du service lors des astreintes du week-end, on pourrait consulter les cardiologues de Cahors pour avoir un avis en fonction des besoins », explique Nelly Dufour. L’ARS envisage également cette piste de réflexion. Quoi qu’il en soit, le service attend  un dénouement à cet imbroglio.
La direction de l’établissement n’a pas répondu à nos questions.

Nouvelle mobilisation le lundi 7 septembre

Le lundi 7 septembre à partir de 9 heures, le syndicat CGT du centre de santé la Roseraie appelle à une grève et une manifestation. Les participants sont attendus devant l’établissement avec leurs masques. « Nous organisons cette manifestation pour peser sur les décisions du Conseil d’administration qui se réunit en même temps et aura le fin mot de cette histoire », confie Nelly Dufour.

Manon Adoue La Dépêche

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