Nouveau partenariat avec l’Institut national de recherches archéologiques préventives

Mercredi 6 décembre, à l’hôtel du département à Cahors, Serge Rigal, président du conseil départemental du Lot, a rencontré Dominique Garcia, président, et Daniel Guérin, directeur général de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives), à l’occasion de la signature d’une convention de partenariat. Le département a déjà eu recours à l’Inrap dans le cadre de prestations archéologiques. Mais cette convention signée pour trois ans va plus loin. Elle rend possibles des partenariats dans le domaine de la recherche entre la cellule départementale d’archéologie préventive et l’Inrap, l’organisation de fouilles conjointes, et la mise à disposition d’agents – de l’une ou l’autre structure – lors d’opérations archéologiques préventives. Enfin, des actions de valorisation sont également envisageables pour communiquer sur les découvertes. L’Inrap a déjà signé de telles conventions avec onze autres services d’archéologie dépendant de collectivités.

Le département du Lot s’investit depuis plus de cinq ans dans la réalisation d’opérations d’archéologie préventive. La cellule départementale d’archéologie préventive a été agréée par l’Etat en 2011 pour réaliser les diagnostics prescrits sur le département et les fouilles relevant des périodes historiques antique, médiévale et moderne. En disposant de sa propre équipe d’archéologues, le département du Lot peut proposer ses services à tous les aménageurs. La cellule est dotée de cinq agents permanents et recrute également en fonction des chantiers. Elle a ainsi travaillé pour la déviation de Cambes et pour la construction du collège de Luzech. En cinq ans, 85 opérations ont été menées dont 66 diagnostics et 11 fouilles. Avec plus de 2000 collaborateurs et chercheurs, l’Inrap, quant à lui, est la plus importante structure de recherche archéologique française. En 2016, il a réalisé 1 844 diagnostics et 213 fouilles dans 2 088 communes.

Sur 5 000 m2, les fouilles ont mis en évidence l’organisation de la ville romaine -basilique, amphithéâtre-, et des vestiges médiévaux et modernes.

Cette fouille fait suite à un diagnostic réalisé en 2003, préalablement à un projet de parking souterrain de 5000 m², qui avait permis d’identifier des séquences archéologiques datant de l’Antiquité gallo-romaine, du Moyen Âge et de l’époque moderne.
Durant les premières décennies de notre ère, la capitale des Cadurques romanisés, Divona Cadurcorum, se développe à l’intérieur d’un méandre du Lot. Puissante, la ville est représentée parmi 60 cités au temple de la capitale des Gaules à Lyon.  Elle est alimentée par un grand aqueduc et dotée de thermes publics, d’un théâtre et d’un temple circulaire découvert en 2001.

La fouille a mis en évidence l’organisation de la ville romaine :

Une rue orientée nord-sud et bordée d’un égout (le cardo maximus), avec, vers l’ouest, un bâtiment public muni d’une colonnade délimitant deux nefs, une basilique (tribunal, lieu de réunion…), et, vers l’est, les vestiges typiques d’un amphithéâtre (où se déroulaient les combats d’animaux et de gladiateurs). Il s’agit de larges murs en arc de cercle, conservés sur 3,50 m de haut, 55 m de long, munis de contreforts et avec à l’arrière l’ouverture de voûtes, éléments caractéristiques des vomitoires.
À la fin de l’Antiquité, puis au début du Moyen Âge, de grands édifices (maisons ou entrepôts) ont été réalisés avec des remplois gallo-romains et liés à la terre ; ils bordent la rue romaine et une autre rue d’orientation est-ouest.

Les périodes médiévale et moderne

Les vestiges médiévaux, des murs de 2 m d’épaisseur reliés à de puissants contreforts, correspondent aux fondations de l’abside, orientée nord-sud, de l’église de l’ancien couvent des Cordeliers, créé au début du xiiie siècle. Des latrines publiques en brique ainsi que des caves d’édifices privés datés de cette même période ont également été mises au jour.
Pour la période moderne, on note la présence de plusieurs fours en batterie où a été produite une céramique luxueuse à la fin du xve siècle.
Au début du xviie siècle, on assiste à l’arrivée des Jésuites qui assurent un rôle important dans l’enseignement. Le plan de ces constructions reproduisant des modules répétitifs est parfaitement lisible, ceci d’autant plus qu’il s’agit des dernières constructions réalisées à cet emplacement, avant que la ville ne transforme en 1812 cet espace en promenade munie d’un kiosque à musique, d’une fontaine (1870) et des monuments successifs dédiés à Fénelon (1820) puis Gambetta (1884).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.