Premiers coups de cœur de la rentrée littéraire

De fin août à début octobre 2022, 490 romans sortent en librairie. Beaucoup d’auteurs reconnus, des valeurs sûres et quelques premiers romans. Voici quelques livres que « Des livres et vous » veut mettre en avant.

éd. Le Tripode

« Zizi cabane« , de Bérengère Cournut, éditions Le Tripode

Bérengère Cournut a été reconnue en 2019 avec « De pierre et d’os », éd. Le Tripode, qui raconte la vie d’une jeune femme inuite en Arctique. Ce roman a pu se faire suite à une résidence d’écriture de dix mois au sein des bibliothèques du Muséum national d’Histoire naturelle. Pour ce nouveau roman, « Zizi Cabane », l’auteure nous plonge dans la vie d’une famille qui va faire face à la disparition de la mère de famille. De façon très poétique et imagée, le récit se déroule autour du fil rouge de deux fuites simultanées, celle de la mère, Odile, qui est partie un jour dans le ruisseau au fond de la maison pour faire le tour du monde, et la fuite d’eau qui se déclenche dans la maison et que le mari, dit « Tremble » est incapable de contrôler. S’en suivent les confessions de tous les membres de la famille face à ses deux événements, « Zizi cabane » étant l’un des enfants d’Odile, une fille, son frère ayant demandé un jour à ses parents, « pourquoi elle n’a pas de zizi ma sœur ? » et on lui répond, « si, elle a un zizi mais il est à l’intérieur, c’est un zizi cabane. »

Un récit tout en douceur et subtilité avec des apparitions de la mère sous forme de poèmes sur un sujet éminemment complexe, celui des orphelins.

éd. Flammarion

« La ville des vivants », de Nicola Lagioia, éd. Flammarion

Inspiré d’un fait divers scabreux qui s’est déroulé à Rome en mars 2016, un meurtre sans motif d’un jeune homme, Luca Varani, perpétré par deux jeunes hommes de bonne famille Marco Prato et Manuel Foffo, l’auteur tente ici de percer à jour les origines du malaise de la nouvelle génération et du poids de l’histoire de la ville sur les Hommes. Nicola Lagioia met en miroir l’histoire de la ville de Rome et la vie des trois protagonistes de ce drame social.

« *La conscience de l’ultime, les habitants de Rome l’ont dans le sang, tant et si bien assimilée qu’elle ne suscite plus aune réflexion. Pour ceux qui habitent ici, la fin du monde a déjà eu lieu. la pluie a pour seul effet pénible de faire déborder du verre un vin qu’en ville on boit du matin au soir. »

Plusieurs frustrations se mêlent au récit, les trois personnages qui vont se rencontrer ce soir-là et qui vont pour certains vivre l’horreur et pour d’autres, la pratiquer. Marco Prato rêve de changer de sexe et en attendant drague les hommes de son entourage à tour de bras, de façon plus ou moins provocante et insistante. Manuel Foffo, héritier d’une entreprise familiale, en conflit avec son père, et avec une mère plus ou moins absente, peine à trouver sa place dans la société, va rencontrer Marco Prato, dans le cadre de soirées dans lesquelles les deux hommes assouvissent leurs pulsions inavouées. Luca Varani, la victime, fils d’un vendeur de bonbons ambulant, vit une double vie pour subvenir à ses gros besoins en argent, suite à une dépendance au jeu, et va malheureusement tomber sur Marco et Manuel lors d’une soirée où tout va basculer …

Un livre à la fois déroutant et passionnant sur la vie moderne, les conséquences de la dépendance aux drogues et à l’alcool, avec en toile de fond une Rome à la fois magnifique et dégoutante, qui écrase l’Humanité par son histoire et sa puissance évocatrice.

éd. Le Pommier

« Mokhtar et le figuier » d’Abdelkader Djemaï, aux éditions Le Pommier

Avant que la Grande Histoire n’emporte tout, un enfant devenu grand se remémore la campagne algérienne qui l’a marquée. Un livre tout en douceur et en poésie autour des souvenirs, de l’insouciance, dans l’Algérie des années 50, avant la guerre.

« Un matin, comme si elle voulait lui présenter un membre de la famille qui lui était cher et que Mokhtar ne connaissait pas, Aïchouche le prit par la main et l’emmena au pied du figuier qu’elle aimait, lui dit-elle, pour sa bonté et sa générosité.  » …
La vie au douar, un homme qui trempe son calame pour écrire une sourate du Coran, un feu d’artifice tiré en pleine campagne, une partie d’osselets, les youyous des femmes lors d’une fête de village, le séchage des figues sur un drap au soleil, un mariage, le hammam, l’exode rural, et puis la révolte … Autant de souvenirs pour Mokhtar dans ce paysage écrasé de soleil, qui va être le théâtre de l’Histoire en marche. À découvrir !

D’autres coups de cœur à suivre dans les jours à venir, merci !!

Des livres et vous

26 bvd mainiol 46300 Gourdon

0565412909

deslivresetvous.gourdon@gmail.com