Retards importants des Ophtalmologues, cardiologues et gastro-entérologues

Ça coince. Dans le Lot comme ailleurs, les délais pour des consultations et des examens médicaux s’allongent de jour en jour depuis le déconfinement. Et ce n’est pas faute d’avoir tiré la sonnette d’alarme il y a de ça plusieurs mois. “C’est le scénario qu’on avait prévu, pendant le confinement on a déjà alerté le député”, glisse Jean Masbou, gastro-entérologue à Cahors. Si lui n’a pris que peu de retard sur les consultations de ses patients, c’est déjà nettement plus critique pour programmer des examens à l’hôpital. “Je cale des actes médicaux en juin/juillet pour des patients qui auraient déjà dû passer ces examens au mois d’avril, on est à 60 % d’une activité normale”, explique-t-il. La faute au déconfinement qui a repoussé les échéances mais aussi au protocole sanitaire mis en place à l’hôpital selon lui : “Le plan blanc limite de moitié l’accès aux lits dans les hôpitaux, c’est frustrant de voir qu’on ne peut pas soigner les patients à cause d’une épidémie qui touche très peu notre département, il y a un excès de précaution et de prévention qui bloque la prise en charge”.

Pénurie d’anesthésiant

Autre point noir : des opérations ralenties à cause de la pénurie de produit anesthésiant. “Ces produits ont été réquisitionnés par l’Etat, les pharmacies des hôpitaux n’en possèdent aujourd’hui qu’un stock limité ce qui freine le nombre d’anesthésies pratiquées”, ajoute le gastro-entérologue.

Le docteur Pierre Blazy est aussi assailli de demandes. Cardiologue à Cahors, il rentre ses rendez-vous au chausse-pied dans son agenda. “Chez moi le délai de consultation atteint six mois et d’ici quelques jours je n’aurais plus de place pour caser des épreuves d’effort avant la fin de l’année”, explique-t-il. Des rendez-vous ont dû être reportés en novembre et en décembre. “Je me mets à la place des patients anxieux, six mois de délai c’est long”, confie-t-il.

Une opération reportée trois fois

Et pour les patients qui nécessitent une prise en charge d’urgence, pas le choix : c’est entre deux consultations que ça se passe.

Le docteur Benoit Rammaert, ophtalmologue à Cahors, a dû reporter pour la troisième fois l’opération de l’un de ses patients. “Certains qui devaient se faire opérer au mois de mars ou d’avril de la cataracte à l’hôpital doivent encore attendre trois à quatre mois supplémentaires”, souligne le retraité en cumul d’activités. “Moi je travaille du lundi au vendredi, si je veux rajouter des consultations, je dois surcharger mon planning”, souffle-t-il.

Les rendez-vous dans son cabinet s’étalent jusqu’en octobre. Et encore, ce n’est pas le pire : “A Brive, certains cabinets enregistrent des délais d’un an et demi”. À ces délais ennuyeux s’ajoutent les grèves. “Moi j’opère le mardi et le jeudi, ce sont mes créneaux opératoires à l’hôpital. Problème, la grève de mardi dernier a perturbé mon agenda, des opérations ont dû être annulées, ça tombe mal car il y a des gens en attente”, confie-t-il. Tous espèrent que l’horizon se dégage un peu ces prochaines semaines. Leurs agendas avec.

Manon Adoue La Dépêche

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