Selon la CCI du Lot, l’économie locale serait en alerte rouge
Jean Hugon, président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) du Lot, a dressé un tableau sombre : du département qu’il juge en déclin
.A l’exception des trois géants que sont Figeac Aéro, Ratier et Andros qui, « ne s’en sortent pas trop mal », pour le reste du tissu économique « c’est beaucoup plus compliqué » C’est en marge de la conférence économique qui était organisée à Cahors en juin dernier que le président a confié une interview au journal la dépêche du midi.
Le Lot : Une économie à deux vitesses
Le Lot illustre une fracture structurelle : 90 % des entreprises comptent moins de 3 salariés, tandis qu’une poignée de grands groupes capte 30 % du chiffre d’affaires départemental. « Ce qui nous manquerait, c’est davantage de PME de 50 à 200 personnes. On n’en a pas assez », regrette Jean Hugon. Résultat : sans maillon intermédiaire, le territoire absorbe mal les chocs conjoncturels, et le ralentissement — pas d’investissement, pas de hausse de CA, pas d’embauche — touche l’immense majorité des acteurs locaux.
L’épargne, piège pour l’économie locale
Autre symptôme : l’épargne des ménages, historiquement élevée, ne profite pas au Lot. « Elle sert à supporter des projets internationaux, mais pas des projets en France et donc dans le Lot », dénonce le président de la CCI. Conséquence : ni les particuliers ni les pouvoirs publics ne consomment ou n’investissent assez pour dynamiser l’économie de proximité. Sa solution ? Alléger les charges sur les salaires pour redonner du pouvoir d’achat et relancer la consommation.
Des créations d’entreprises trompeuses
Si le nombre de créations reste stable, Jean Hugon tempère : il s’agit souvent d’entreprises unipersonnelles, sans emploi généré. La CCI mise donc sur la transmission et la reprise d’entreprises existantes pour préserver l’emploi. Récent exemple : deux reprises accompagnées, sauvant une vingtaine de postes.
Le territoire est en perte de vitesse
Le Lot souffre aussi d’un déficit d’attractivité : manque d’emplois qualifiés, mobilité difficile (absence de liaison ferroviaire fiable), couverture réseau incomplète… Sans oublier un retard sur l’intelligence artificielle, où les entreprises locales « n’ont pas encore pris la mesure » de l’urgence face à la concurrence internationale.
« Un sursaut est possible », veut croire Jean Hugon, « à condition que le territoire muscle son tissu de PME et améliore ses infrastructures de transport et de connectivité ». En attendant, l’alerte est rouge.


