Une truffière clôturée sur des dizaines d’hectares…

Une truffière clôturée sur des dizaines d’hectares, ça impressionne bien sûr et cela suscite son lot d’inquiétudes. L’association Quercy blanc environnement lance le débat. L’exploitant répond et rassure.

Le sujet, les inquiétudes et donc les questions concernant une immense truffière, abordés samedi lors de l’assemblée générale de Quercy blanc environnement avaient déjà été soulevés par l’association Points d’eau le 8 février (voir ci-dessous)

Bernard Déleris, membre des deux associations, a fait le tour des interrogations suscitées par cette installation en 2017, sur les plateaux des communes de Bagat-en-Quercy, Saint-Pantaléon et Sauzet. Il s’agit d’une importante plantation de chênes truffiers entièrement clôturée par un haut grillage, et s’étendant sur une zone de plusieurs dizaines d’hectares. C’est une société lotoise domiciliée à Mercuès qui est à l’origine du projet. Les principales questions des riverains et des membres d’associations portent sur le respect de l’environnement, et la préservation des paysages naturels et des chemins de randonnée.

Le risque d’une augmentation du prix des terres agricoles, et la possibilité de voir ce type d’opération se multiplier sur le territoire, ont été également évoqués, avec à terme la crainte d’une éventuelle chute des cours de la tuber melanosporum provoquée par ce type de plantation à grande échelle. «Ces cultures sont-elles de type traditionnel, intégrées à un mode d’agriculture raisonnable, ou s’agit-il de plantations industrielles basées sur la spéculation, et à quelle évolution peut-on s’attendre ?», a conclu Bernard Déleris, soutenu par Monique Ferlay, une riveraine des truffières.

Frédéric Delfour se montre rassurant

Frédéric Delfour, responsable de la société France Terroir basée à Mercuès, répond à QBE : «Je n’ai jamais rencontré les personnes de cette association. Je leur dis que je suis prêt à répondre à toutes leurs interrogations. Tout est cohérent et légal dans mon projet. Les clôtures installées sont nécessaires, car lorsqu’on se lance dans une plantation à vocation truffière, on plante des arbres qui disposent de terreau. Or, cela attire les sangliers. Ces arbres coûtent cher, nous devons les protéger. Le chevreuil qui mange les jeunes pousses au printemps peut être néfaste aussi, comme d’autres animaux. Nous voulons que nos arbres aient une croissance normale. Créer une alliance entre la truffe et l’arbre correspond à l’idée que nous avons de la trufficulture. Mais je veux et je vais créer une harmonie autour de cette exploitation. Car plus tard, nous aurons besoin des chevreuils, des lapins aussi pour développer la truffe. Tout cela sera régulé», résume Frédéric Delfour qui se dit «soucieux de l’environnement» et n’évoque jamais le terme de «plantations industrielles».

Son idée de la truffe est plus saine. «Elle est d’abord et surtout liée au terroir» conclut-il.

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