Voirie. Les ponts du Lot sont-ils en bon état ?

Qui est chargé de l’entretien des ponts du Lot et combien cela coûte-t-il ? Tour d’horizon de la situation dans le département du Lot.

De tout temps et partout dans le monde, les ponts relient les hommes entre eux. Bâtis, jetés entre deux rives ou deux espaces, ils rassemblent les humains, les enrichissant de leur existence par une meilleure communication. Ils sont souvent chargés d’histoires et de souvenirs, accompagnés de haute technicité comme le viaduc de Millau, voire de légendes comme le pont Valentré.

Parmi les hommes qui les franchissent, se trouvent ceux qui les respectent et les bichonnent, ceux qui les malmènent mais aussi ceux qui… s’affranchissent des règles ! Des catastrophes tragiques viennent raviver doutes et craintes : effondrements du pont Morandi à Gênes en Italie en 2018, au Portugal en 2001, et celui de Mirepoix-sur-Tarn la semaine dernière, accompagnés de trop de victimes. Certains utilisateurs qui empruntent quotidiennement ces ouvrages d’art ne peuvent s’empêcher désormais de les traverser avec quelque appréhension.

3 millions d’euros pour les entretenir

L’immense majorité de la maintenance des ponts relève du Département, qui dépense entre deux et trois millions d’euros par an pour leur surveillance et leur remise en état.

Serge Bladinières, 1er vice-président en charge de la voirie, donne quelques chiffres : le Lot détient le record du département français qui compte le plus d’ouvrages : sur 950 ponts (suspendus ou maçonnés), 9 ponts suspendus sont semblables à celui de Mirepoix et datent des années trente, avec tablier métallique accroché à des piliers et des suspentes (gros câbles) boulonnées à des massifs (points d’ancrage au sol) bâtis en pierres ou en béton sur chaque rive. Le pont le plus ancien du département est le pont Louis-Philippe à Cahors : ses fondations sont en bois, mais dans l’eau, le bois ne pourrit pas !

La hantise de chaque département

Gérard Viossanges, ingénieur responsable du service « Ouvrages d’art et tunnels » au Conseil départemental, explique que l’accident de Mirepoix est la hantise des services de chaque département, que personne n’est à l’abri de sinistres, mais assure que la maintenance est très efficace.

Chaque pont est recensé, avec son dossier de suivi et toute son histoire. Tous les six ans, une visite approfondie des ouvrages est pilotée par le service ; tous les trois ans, une autre visite est effectuée par des entreprises spécialisées ; et enfin, tous bénéficient d’une inspection annuelle plus superficielle par le service départemental. Les problèmes rencontrés sont ensuite hiérarchisés et les travaux programmés. Dernièrement, le pont suspendu de Floirac a été quasiment entièrement remplacé ; celui de Gluges a été décapé et repeint avec trois couches (les travaux les plus chers) ; à Carennac, les massifs ont été doublés, et les suspentes changées. Le pont d’Anglars-Juillac est en passe de bénéficier d’une peinture de protection anti-corrosion. « La passerelle d’Albas a été sauvée pour longtemps, le pont de Pescadoires a été réenduit, les joints de dilatation et les trottoirs refaits », ajoute Serge Bladinières, qui se dit confiant sur le peu de risques dans notre département, « car le service travaille sérieusement » sur le sujet. Gérard Viossanges fait d’ailleurs partie d’un comité technique national, où les informations sont échangées, et des formations engagées.

Respect du tonnage

Et puis, malgré les panneaux installés parfois très en amont, les limitations de tonnage ne sont pas toujours respectées par les véhicules trop lourds. Certains traversent la nuit, d’autres y sont amenés par des GPS encore mal renseignés ou pas informés du tout ! Serge Bladinières fait remarquer que la répétition des surcharges est le plus grand risque, elle fragilise les ouvrages et accélère leur vieillissement.

Que faire donc pour inciter les conducteurs à observer la déviation adéquate à leur tonnage ? Des gabarits limitant la hauteur à l’entrée des ponts ? Ils sont souvent cassés et gênent la circulation des pompiers. Des caméras de vigilance ? Mais comment détecter le tonnage des véhicules ? Des amendes dissuasives ? Il faut pouvoir verbaliser.

ActuLot  G Jacquot

 

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