Whylot met au point un moteur qui ne chauffe pas

« Notre petite entreprise est maintenant en position de force et cela semble complètement surréaliste ». Romain Ravaud et son équipe de chercheurs à Whylot annoncent une découverte technologique d’exception. Depuis le site de l’entreprise de recherche et développement, à Quercypôle, à Cambes, le fondateur de Whylot répond à quelques questions, ce 21 décembre, juste avant de recevoir le préfet du Lot, Jérôme Filippini.
En quoi l’année 2017 marque-t-elle un tournant dans la stratégie de Whylot ?

C’est l’année des prouesses. Car depuis 2011, Whylot vivait tranquillement de son ingénierie recherche et développement, de ses brevets… On avait élaboré un moteur plus compact plus léger, avec une technologie intéressante. Mais comme tout moteur il chauffait ce qui contribuait à des pertes de rendement. On a travaillé sur cet aspect, avec audace, avec folie, loin des choses conventionnelles parfois, et on a réussi. On a mis le doigt sur une pépite.
Quelle est cette découverte ?

Nous avons mis au point un moteur électrique dont le rotor ne chauffe plus et qui présente un rendement global de 97-98 %. Le 5 septembre dernier, un cabinet d’audit a contrôlé nos étalonnages, nos mesures et calculs sur le banc d’essai pour valider la pertinence de nos résultats. Cette date marque un tournant dans la stratégie de Whylot. Nous avons déposé 10 nouveaux brevets rien qu’en 2017, ce qui porte à un total de 35 brevets. En ratio par salariés, on doit être les seuls à avoir autant de brevets. Car nous ne sommes qu’une équipe de 16 personnes.


À quoi peut s’appliquer cette découverte ? 

À beaucoup de secteurs, le domaine de l’embarqué, les marchés automobile, ferroviaire, maritime et aéronautique. Là où les moteurs sont très petits cela ne nous intéresse pas, notre activité est plutôt tournée vers les moteurs de véhicules, par exemple.
Comment imaginez-vous l’avenir de Whylot ? 

C’est compliqué car en trois mois il s’est passé autant de choses qu’en 6 ans. Une dizaine d’investisseurs frappent à la porte. Il faut qu’on opère un choix stratégique qui soit gagnant-gagnant. À nous de tisser un projet structurant, car on ne peut pas partir dans toutes les directions. Des fabricants de moteurs d’Europe, Asie et Amérique s’intéressent à notre découverte. Il faut faire les bons choix : on ne veut pas voir partir notre technologie.
Quelle est votre volonté personnelle ?

De rester à Quercypôle, de poursuivre notre activité de recherche et développement, et pourquoi pas de répondre à une production de petites et moyennes séries ici, et de laisser les grandes séries se faire ailleurs. On se décidera au 1er trimestre 2018, une page se tournera pour Whylot

La Dépêche

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