La pollution sauvage : un combat quotidien pour préserver les paysages

Alors que la saison touristique touche à sa fin, le département du Lot intensifie ses opérations de nettoyage des bords de route. Un constat amer émerge : malgré les efforts des agents de la voirie, les déchets s’accumulent, transformant certains axes en véritables dépotoirs à ciel ouvert.

Un article de Maëva Curutchet pour la dépêche


Un métier de terrain, un combat sans fin

Florent, agent de la voirie depuis quinze ans, résume avec amertume : « La saleté appelle la saleté. » Ce jeudi matin, lui et ses quatre collègues — Jean-Marc, Matthieu, Nicolas et Yannis Valera — arpentent la RD820, entre Souillac et Cressensac-Sarrazac. Équipés de sacs-poubelles et de pinces, ils entament une journée de ramassage sous un trafic dense et des rafales de vent provoquées par les véhicules.

Dès leur premier arrêt, le spectacle est édifiant : des dizaines de boîtes de médicaments, des papiers, des mouchoirs, des bouteilles en plastique et des canettes métalliques jonchent le sol, à quelques centimètres d’une poubelle mise à disposition. En seulement cinq minutes, 150 litres de déchets sont collectés. « En 20 km, nous pourrions remplir 30 sacs », estiment les agents, démoralisés mais résignés.


Des déchets de toute sorte, un coût pour la collectivité

Les trouvailles macabres ne manquent pas : poches de restauration rapide, couches pour bébés (souvent pleines), bouteilles remplies d’urine ou d’excréments, et même un sac-poubelle contenant des abats, découvert à quelques mètres de la route. « Le Lot n’est pas une poubelle. Notre environnement est beau, et il mérite d’être préservé », (Frédéric Gineste, vice-président du département en charge des infrastructures)..

En 2025, 4 860 heures de nettoyage ont été nécessaires, pour un coût de 111 000 euros. Pourtant, les agents soulignent que leur mission dépasse largement le ramassage des déchets : entretien des panneaux, des chaussées, du marquage au sol… « Un peu de civisme suffirait à nous permettre de nous concentrer sur d’autres tâches », déplorent-ils.


Quatre enjeux majeurs

La pollution sauvage soulève des problématiques critiques :

  1. Sécurité routière : Les déchets, projetés par les véhicules roulant à 80 ou 90 km/h, peuvent obstruer la visibilité ou créer des obstacles dangereux sur la chaussée.
  2. Sécurité civile : Les mégots mal éteints sont une cause avérée d’incendies. Yannis Valera raconte avoir vu un automobiliste jeter son mégot pendant un incendie près d’un rond-point.
  3. Sécurité environnementale : La faune et la flore du Lot paient le prix de cette négligence.
  4. Sécurité des agents : Travaillant en bord de routes non protégées, ils sont exposés aux dangers du trafic.

Un appel au civisme

Les opérations de ramassage, menées trois fois par semaine en période estivale, pourraient être quotidiennes sans pour autant venir à bout des déchets. « On pourrait recommencer tous les jours, les sacs seraient toujours pleins », concluent les agents, las mais déterminés.

Face à ce fléau, le département du Lot rappelle une évidence : la propreté est l’affaire de tous. « Notre territoire mérite mieux », .