Cadavre exquis / spécial confinement

Je vous propose de consacrer quelques minutes par jour dans le cadre du confinement à réaliser un cadavre exquis, avec toutes les personnes intéressées. Pénélope Bagieu (auteur de “les culottées”, de l’adaptation bd de “sacrées sorcières”, …) vient d’en lancer un sur les réseaux sociaux pour les dessinateurs, pourquoi ne pas faire de même avec nos petits moyens et selon vos inspirations, laisser libre cours à notre imagination. Il y a quelques années, j’avais participé au cadavre exquis de France Inter une nuit et j’avais trouvé cette idée très intéressante.

Il y a plusieurs formes possibles, mais pour que les choses soient plus simples, je vous propose de trouver une phrase qui suivra celle que je vais vous donner (courte et sans fioritures s’il vous plait) et au bout de la période de confinement, tout le texte sera rassemblé en un seul pour former une histoire. Une seule phrase par jour et par participant merci, sinon ça va être la panique … merci de votre compréhension

Je vous propose de commencer avec la première phrase de “Sauver Ispahan” de Jean-Christophe Rufin, c’est un choix totalement arbitraire mais il faut bien commencer par une phrase …. voilà :

“Nul ne pouvait pressentir l’imminence d’un scandale.

………” Tout basculait mais nous n’en n’étions pas encore conscients. Enfin avoir le Temps , le Temps avec un grand T majuscule. Alors que je m’approchais , et à ma grande surprise ils reculèrent tous. L’objet que je venais de tendre à l’assemblée réunie sur la place était pourtant si anodin au premier regard.

L’esprit s’enrichit de ce qu’il reçoit le cœur de ce qu’il donne

Il devait y avoir un sens au delà du signe matériel pour cette situation.

Et voilà que de nouveau, les citadins entendaient les oiseaux. On avait tous la certitude d’être invincible. Le soleil annonçait le retour du printemps. Les fleurs du printemps répandaient un parfum enivrant.

Surgit de ce sombre néant, un petit animal, encore à moitié endormi, secoua son pelage et étendit ses petites pates blanches et griffues. Il se réveillait doucement ouvrit les yeux. Vert… ils étaient verts. Comme une eau. En m’approchant je remarquais une pointe rougeâtre. Cette boite laquée en rouge attirait tous les regards. Cette boite, d’un écarlate magnifique, désormais visible par toute l’assemblée du village réuni exceptionnellement en ce jour de printemps, contenait non seulement cet étrange animal mais aussi… Quand le mystère est trop impressionnant, on n’ose pas désobéir. Mon pouls se mit à battre plus fort, des sueurs froides me caressèrent l’échine. j’avais froid, j’avais chaud… Est ce le signal d’une peur intense, ou ce satané virus qui nous confine? Ou est donc le thermomètre de ma grand-mère? C’est sourd, invisible ,mais ça s’approche surtout quand on est endormi. Ils avaient gardé leur instinct de chasseurs. Pourquoi cette fascination, cet attrait irrésistible de l’exotique? Le doute effleurait par contagion

Parfois les pistes sont fausses. On arrive au bord d’une falaise et au-delà, c’est le vide. Mais moi, je savais. Comme un flash furtif, la chose s’était dévoilée, m’était apparue claire et limpide l’espace d’un instant fugace. Je venais d’en palper les contours…Enfin! Une petite attention! La cascade avait repris son gargouillis et courait partout dans les prés. J’aimais ce son et, avec lui, cette impénétrable odeur de menthe fraîche qui s’enroulait dans l’air. Quel beau soleil ce matin. La nature revit… Les fleurs fourbissent leurs coroles odorantes, enivrantes de beauté et de sensualité; comme un ultime appel à la rencontre tant espérée. Que faire ? Que dire ? Le silence est roi, et j’écoute le chant du monde qui poursuit sa douce mélodie. La rivière continuait son cours sans se demander où se manifesterait l’amour.

Je m’engageais dans le corridor, et là je vis la chose dans ses grandes largeurs. Devant moi le cantou où le temps dormait encore dans les braises alors que l’aube envahissait déjà le ciel. Et grâce à ce beau temps je fais mon petit tour avec Toussaint je salue de loin mes voisins. Nous resserrons des liens et cette solidarité fait chaud au cœur. Nous ne sommes pas seule….Chacun avait choisi un déguisement mais au final ils étaient tous pareil. Car nous étions saisis en même temps d’anxiété et de joie enfantine, de ce qui allait advenir après, quand le voile aura glissé à nos pieds. Un contour sombre, une épaisse fumée noire masquait l’horizon devenu incertain. L’ombre ne cessait de grandir. Nul ne possédait encore la prescience, ni même la faculté d’élucider l’origine de la fumée noire. Celle-ci désormais pouvait être née de l’ombre elle-même. Tout aussi bien pouvait-elle avoir surgi de leurs propres pensées, de leurs actes, et s’être matérialisée en la matrice qui avait engendré le noir et son ombre. Le noir et son ombre…voilà que le soleil nous jouait des tours….

Et la nature se réveille chaque jour de plus en plus. Un émerveillement de regarder les bourgeons s’ouvrir chaque jour un peu plus : Madame nature ne nous abandonne pas

D’un horizon à l’autre, j’explorai les diagonales. J’avais soif. La gorge sèche.

Celui qui va changer la couleur du temps se profile. Le temps passait vite, il était l’heure de prendre une initiative. On n’y voyait pas grand chose, mais pour une raison inconnue on se sentait bien tout de même. On se sentait bien tout de même dans cette vie ralentie, les mains dans l’eau savonneuse, cachées sous les bulles légères comme des plumes… Comme des plumes de cendres qui venaient se déposer dans mes cheveux défaits

C’est ce moment là qu’il choisit pour avouer tout haut qu’il… taisait ce qui lui avait été confié un soir de désespoir. Ce soir-là, quelqu’un avait glissé une lettre sous sa porte ; Il avait immédiatement reconnu l’écriture sur l’enveloppe. Il était déjà tard et avait remis sa lecture au lendemain. Il passa une mauvaise nuit. Se pouvait-que d’autres sachent déjà … Ou-bien étaient-ils aveugles et faudrait-il un corbeau pour leur ouvrir les yeux? Un corbeau ou un merle, tout comme celui qui vient, depuis plusieurs jours déjà, se blottir sur l’une des branches du jeune aulne glutineux face à nos fenêtres. Nos fenêtres qui prenaient un intérêt significatif dans ce spectacle mêlé d’investigations. Se pouvaient ils que d’autres sachent…Sans plus attendre il enfonça la lame du couteau dans le plis de l’enveloppe, et en sortit une photographie noir et blanc légerement jaunie par le temps, au dos un nom , une date et,… Un nom , une date et …cette phrase, comme une injonction. Il regarda tristement par la fenêtre. Le jeune aulne bourgeonnait. Il avait poussé spontanément. Un temps il avait voulu l’arracher. Puis il s’était décidé à le conserver pour ses propriétés Il préserverait la mémoire disait-on…

Amère ironie du sort…il lu :« Pour que tu n’oublies pas»… Que si tu parles c’en est fini de ta vie tranquille dans ton canapé… S’en était fini de l’arbre et de la fenêtre c’était dans sa tête tout à coup que ça bourgeonnait, comment était-il possible… Mille questions fusaient, telles des assaillantes, des guerrières aux lames acérées qui s’insinuaient dans les limbes de son cerveau. La photo lui glissa des mains, et c’est alors que se penchant pour la ramasser un détail lui revint… Le chant du merle, ainsi qu’à la fois l’évidence de cet évènement soudain ressurgi de sa mémoire, l’éveillèrent tout à fait. En position géostationnaire face au balcon, le drone aboyeur éructait d’inénarrables maximes inversées. Il en fut excédé, le visage durcit, les mâchoires serrées, il allait retourner à son canapé, lorsqu’il aperçut sur le balcon d’en face sa voisine, elle lui souriait…. Il esquissa à son tour un léger sourire et lui fit un petit geste de la main…Cela l’apaisa. Il allait s’assoir, reprendre depuis le départ, revenir à ce détail qu’il avait remarqué. Oh ! Presque rien. Et pourtant .

L’encre utilisée pour cet avertissement était vert émeraude.. En silence soucieux il se demandait, un conseil ou une menace comment cela pouvait-il se traduire? Armé d’une loupe il tenta de tirer le fin mot du message, dont l’encre verte s’étalait par endroits en lavis, mais il ne parvint qu’à déchiffrer des bribes de mots : oisine d n ace, lnus glu , orb au, mbre oire.– Oui mais bon sang ! mais c’est bien sûr ! Cette encre verte… ce ne pouvait être qu’un conseil. Il n’y avait qu’elle au lycée qui utilisait cette couleur d’encre. Et elle était son amie. C’est à ce moment-là que la vitre de sa fenêtre vola en éclats. Il regarda, interdit, le verre brisé qui couvrait le sol comme les pièces d’un immense puzzle. Mais qui donc était sa voisine d’en face? C’est cette question qui le frappa au même instant que sa vitre fut brisée. En un instant tout bascula…

Un cri aigu, haaa houu, traverse la maison. Il vacille. Ses pensées vont de la vitre brisée à cette voisine, du présent au passé, de la réalité à ce qu’il imagine de ce cri qui l’a traversé. Cette amie du passé il se souvient avoir lu un article la citant lors d’un circonstance particulière. « Tout va bien… tout va bien… nous sommes là pour vous aider… » cette voix, Il la connaissait bien …. Peu à peu il ouvrit les yeux, la lumière l’éblouissait. …”Nous sommes là pour vous aider”

il était sonné… À l’évidence cette voix au timbre un peu éraillé ne pouvait appartenir qu’à Lola Delanoche, cette chanteuse de cabaret qu’il croyait avoir tuée, il y a bien longtemps lors d’un duel en auto-tamponneuses. Lola était aussi la femme de la photo jaunie, il le réalisa avec terreur. L’oreille démentait l’œil. La photo ! Ce n’était pas Alice, mais Lola. La couleur de l’encre l’avait induit en erreur. Il se repassa le film du combat singulier. La piste, la tige d’alimentation qui reliait à l’alimentation électrique les 2 petites voitures aux hanches aussi rondes que celles de Lola. Qu’est-ce qui n’avait pas fonctionné ? Mais que disait l’article déjà ? En fait , ce n’était ni Lola, ni Alice , c’était sa petite voix intérieure qui se demandait quand se terminerait cette histoire qui tournait en rond depuis un bon moment, il était tant que ça s’arrête car la fin était prévu le 31 mars.

5h du matin le lendemain. Tout n’est plus très clair dans sa tête, mais Loïc sait qu’il vient de revivre une scène qu’il avait depuis longtemps caché au fond de sa mémoire. C’était ressorti, ça recommençait. Comment allait-il passer ce cap ? Comment oublier cette histoire ? Au loin du côté de la rue des Reclus, le drone hurlait de ses haut-parleurs des sentences que le vent d’autan emportait par-delà la mer de tôle ondulée. Sous ses pas ensanglantés, le crissement des éclats de verre l’accompagna d’un tintinnabulement pathétique jusqu’au balcon, où venu d’on ne sait où, l’appel se répétait, vibrant, insistant, incantatoire.

”Nous sommes là pour vous aider”. il fallait essayer de retrouver celui qui avait fréquenté de près l’auteure de cette lettre. Le 31 Mars, un jour anniversaire. Mauvais jour pour oublier cette histoire. … 5 heures du mat’ au réveil. Ça n’aidait pas. Dans sa tête, … en boucle, la chanson de Chagrin d’amour … « Cinq heures du mat’ j’ai des frissons, Je claque des dents et je monte le son…

….Chacun fait, fait, fait

C’qui lui plaît, plaît, plaît …..

Il pensa, en souriant intérieurement, pour passer le cap, il faudrait peut-être, que, déjà, il apprenne à respecter les règles

 

 

 

Merci à tous les participants. A bientôt pour de nouvelles expériences d’écriture.

85 commentaires pour “Cadavre exquis / spécial confinement

  1. Didier Delpech
    mercredi, 18 mars 2020 à 17:17

    L’idée est amusante, mais comment fait-on pour participer à ce nouveau jeu. Il faudrait expliquer SVP

  2. jevouslis
    mercredi, 18 mars 2020 à 20:38

    Il doit suffire décrire une phrase en commentaire (ma phrase est hors jeu)

    • Emilie
      jeudi, 19 mars 2020 à 07:39

      Tout basculait mais nous n’en n’étions pas encore conscients.

  3. Frédéric Landes
    mercredi, 18 mars 2020 à 20:45

    Oui c’est comme inscrit en bas de l’article. Tout simplement. A vous maintenant….

    • Marie Bernadette Leturcq
      jeudi, 19 mars 2020 à 10:13

      Enfin avoir le Temps , le Temps avec un grand T majuscule

  4. Maîté Osès
    mercredi, 18 mars 2020 à 22:16

    Alors que je m’approchais , et à ma grande surprise ils reculèrent tous

  5. Frédéric Landes
    jeudi, 19 mars 2020 à 08:26

    L’objet que je venais de tendre à l’assemblée réunie sur la place était pourtant si anodin au premier regard.

  6. Mireille
    jeudi, 19 mars 2020 à 08:43

    L’esprit s’enrichit de ce qu’il reçoit le cœur de ce qu’il donne

    • Loopiote
      vendredi, 20 mars 2020 à 17:14

      Il devait y avoir un sens au delà du signe matériel pour cette situation.

  7. jeudi, 19 mars 2020 à 10:50

    Et voilà que de nouveau, les citadins entendaient les oiseaux.

  8. Marinette pasquier
    jeudi, 19 mars 2020 à 11:34

    on avait tous la certitude d’être invincible

    • Marinette pasquier
      jeudi, 19 mars 2020 à 11:39

      le soleil annonçait le retour du printemps

  9. Marinette pasquier
    jeudi, 19 mars 2020 à 11:42

    les fleurs du printemps répandaient un parfum enivrant

  10. Anonyme
    jeudi, 19 mars 2020 à 21:48

    Surgit de ce sombre néant, un petit animal, encore à moitié endormi, secoua son pelage et étendit ses petites pates blanches et griffues.

  11. Dominique
    vendredi, 20 mars 2020 à 08:30

    Il se réveillait doucement ouvrit les yeux
    Vert… ils étaient verts. Comme une eau . en m’approchant je remarquais une pointe rougeâtre

  12. raffin
    vendredi, 20 mars 2020 à 09:08

    cette boite laquée en rouge attirait tous les regards

  13. Anonyme
    vendredi, 20 mars 2020 à 09:32

    cette boite, d’un écarlate magnifique, désormais visible par toute l’assemblée du village réuni exceptionnellement en ce jour de printemps, contenait non seulement cet étrange animal mais aussi…

  14. vendredi, 20 mars 2020 à 10:01

    Quand le mystère est trop impressionnant, on n’ose pas désobeïr.

  15. Eve
    vendredi, 20 mars 2020 à 10:14

    Mon pouls se mit à battre plus fort, des sueurs froides me caressèrent l’échine. j’avais froid, j’avais chaud…

    • vendredi, 20 mars 2020 à 10:48

      Est ce le signal d’une peur intense, ou ce satané virus qui nous confine? Ou est donc le thermomètre de ma grand-mère?

  16. Marinette pasquier
    vendredi, 20 mars 2020 à 13:55

    c’est sourd,invisible ,mais ça s’approche surtout quand on est endormi

  17. jevouslis
    vendredi, 20 mars 2020 à 17:36

    Ils avaient gardé leur instinct de chasseurs

  18. Dame blanche
    vendredi, 20 mars 2020 à 20:49

    Pourquoi cette fascination, cet attrait irrésistible de l’exotique?

  19. Dominique
    samedi, 21 mars 2020 à 08:57

    Le doute effleurait par contagion
    Parfois les pistes sont fausses. On arrive au bord d’une falaise et au-delà, c’est le vide.

  20. Eve
    samedi, 21 mars 2020 à 09:15

    Mais moi, je savais. Comme un flash furtif, la chose s’était dévoilée, m’était apparue claire et limpide l’espace d’un instant fugace. Je venais d’en palper les contours…

  21. Frédéric Landes
    samedi, 21 mars 2020 à 18:07

    Si on pouvait éviter de parler de ce virus dans cette histoire. J’ai proposé cette création collective pour s’évader un peu de tout ça…. Merci de votre compréhension..

    • SYLVETTE
      samedi, 21 mars 2020 à 18:49

      Enfin! Une petite attention!

  22. Marinette pasquier
    samedi, 21 mars 2020 à 21:02

    la cascade avait repris son gargouillis et courait partout dans les prés

    • Dominique
      dimanche, 22 mars 2020 à 08:30

      J’aimais ce son et, avec lui, cette impénétrable odeur de menthe fraîche qui s’enroulait dans l’air.

  23. Mireille
    dimanche, 22 mars 2020 à 08:38

    Quel beau soleil ce matin. La nature revit…

    • Jpq
      dimanche, 22 mars 2020 à 10:35

      Les fleurs fourbissent leurs coroles odorantes, enivrantes de beauté et de sensualité; comme un ultime appel à la rencontre tant espérée

  24. Chris
    dimanche, 22 mars 2020 à 10:38

    Que faire ? Que dire ? Le silence est roi, et j’écoute le chant du monde qui poursuit sa douce mélodie

  25. Loopiote
    dimanche, 22 mars 2020 à 16:03

    La rivière continuait son cours sans se demander où se manifesterait l’amour.

  26. Anonyme
    dimanche, 22 mars 2020 à 17:03

    Difficile d’écrire dans la continuité d’une narration : entre les épanchements sur le printemps sans lien avec la trame et la méconnaissance des règles du cadavre exquis.. on s’écoute écrire comme on s’écoute parler – sans tenir compte de ce que l’autre, la personne précédente, exprime.
    Résultat : c’est du grand n’importe quoi sans intérêt. Dommage.
    On s’y on reprenait avec rappel des consignes d’écriture et un minimum d’écoute ?

    • jevouslis
      dimanche, 22 mars 2020 à 17:08

      L’anonymat ne me semble pas convenir à ce message, il est possible de présenter aussi un autre jeu

    • Frédéric Landes
      dimanche, 22 mars 2020 à 17:12

      Cet atelier virtuel d’écriture est une première tentative de ma part pour laisser s’exprimer tous ceux qui le souhaitent et pour s’évader un peu dans ce contexte exceptionnel. Je me réserve la restitution finale de cet atelier pour corriger les quelques incohérences possibles mais je ne suis pas là pour brider les gens ni leur dire quoi écrire, ils sont assez grands pour cela et c’est u e initiative légère et sans prétention. Pitié choisissez un pseudo les commentaires anonymes sont toujours assez frustrants. Que l’expression continue… Amusez vous
      Exprimez vous
      Peu importe le resultat

  27. Eve
    dimanche, 22 mars 2020 à 19:31

    Je m’engageais dans le corridor, et là je vis la chose dans ses grandes largeurs

  28. Dominique
    lundi, 23 mars 2020 à 08:23

    Devant moi le cantou où le temps dormait encore dans les braises alors que l’aube envahissait déjà le ciel.

  29. Mireille
    lundi, 23 mars 2020 à 08:37

    Et grâce à ce beau temps je fais mon petit tour avec Toussaint je salue de loin mes voisins. Nous resserons des liens et cette solidarité fait chaud au cœur. Nous ne sommes pas seule….

  30. Marinette pasquier
    lundi, 23 mars 2020 à 15:02

    chacun avait choisi un déguisement mais au final ils étaient tous pareil

  31. Paco
    lundi, 23 mars 2020 à 16:10

    car nous étions saisis en même temps d’anxiété et de joie enfantine, de ce qui allait advenir après, quand le voile aura glissé à nos pieds.

  32. Eve
    lundi, 23 mars 2020 à 21:34

    Un contour sombre, une épaisse fumée noire masquait l’horizon devenu incertain. L’ombre ne cessait de grandir.

  33. Paco
    mardi, 24 mars 2020 à 01:21

    Nul ne possédait encore la prescience, ni même la faculté d’élucider l’origine de la fumée noire. Celle-ci désormais pouvait être née de l’ombre elle-même. Tout aussi bien pouvait-elle avoir surgi de leurs propres pensées, de leurs actes, et s’être matérialisée en la matrice qui avait engendré le noir et son ombre.

    • Dominique
      mardi, 24 mars 2020 à 08:45

      Le noir et son ombre…voilà que le soleil nous jouait des tours….

  34. Mireille
    mardi, 24 mars 2020 à 09:06

    Et la nature se réveille chaque jour de plus en plus. Un émerveillement de regarder les bourgeons s’ouvrir chaque jour un peu plus : Madame nature ne nous abandonne pas

  35. Eve
    mardi, 24 mars 2020 à 09:14

    D’un horizon à l’autre, j’explorai les diagonales. J’avais soif. La gorge sèche.

  36. Marinette pasquier
    mardi, 24 mars 2020 à 11:01

    celui qui va changer la couleur du temps se profile

  37. Loopiote
    mardi, 24 mars 2020 à 17:09

    Le temps passait vite, il était l’heure de prendre une initiative.

  38. Marie Thérèse
    mardi, 24 mars 2020 à 19:32

    On n’y voyait pas grand chose, mais pour une raison inconnue on se sentait bien tout de même.

  39. Dominique
    mercredi, 25 mars 2020 à 09:41

    On se sentait bien tout de même dans cette vie ralentie, les mains dans l’eau savonneuse, cachées sous les bulles légères comme des plumes…

  40. Eve
    mercredi, 25 mars 2020 à 11:50

    Comme des plumes de cendres qui venaient se déposer dans mes cheveux défaits

    • Frédéric Landes
      mercredi, 25 mars 2020 à 12:09

      Attention à la cohérence entre les différentes phrases s’il vous plaît. C’est un cadavre exquis. Le tout doit être cohérent et bien s’enchaîner. Merci de votre compréhension. Rappel de la phrase de depart:”nul ne pouvait pressentir l’imminence d’un scandale.”
      Amusez vous bien.

  41. Marinette pasquier
    mercredi, 25 mars 2020 à 14:55

    c’est ce moment là qu’il choisit pour avouer tout haut qu’il…

  42. SYLVETTE
    mercredi, 25 mars 2020 à 17:45

    taisait ce qui lui avait été confié un soir de désespoir

  43. dominique
    jeudi, 26 mars 2020 à 08:12

    Ce soir-là, quelqu’un avait glissé une lettre sous sa porte ; Il avait immédiatement reconnu l’écriture sur l’enveloppe. Il était déjà tard et avait remis sa lecture au lendemain. Il passa une mauvaise nuit. Se pouvait-que d’autres sachent déjà …

  44. jeudi, 26 mars 2020 à 11:03

    Ou-bien étaient-ils aveugles et faudrait-il un corbeau pour leur ouvrir les yeux?

  45. Isle
    jeudi, 26 mars 2020 à 14:04

    Un corbeau ou un merle, tout comme celui qui vient, depuis plusieurs jours déjà, se blottir sur l’une des branches du jeune aulne glutineux face à nos fenêtres

  46. Loopiote
    jeudi, 26 mars 2020 à 15:46

    Nos fenêtres qui prennaient un intérêt significatif dans ce spectacle mêlé d’investigations.

  47. Evelyne
    jeudi, 26 mars 2020 à 16:57

    Se pouvaient ils que d’autres sachent…Sans plus attendre il enfonça la lame du couteau dans le plis de l’enveloppe, et en sortit une photographie noir et blanc légerement jaunie par le temps, au dos un nom , une date et,…

  48. dominique
    vendredi, 27 mars 2020 à 07:56

    Un nom , une date et …cette phrase, comme une injonction. Il regarda tristement par la fenêtre. Le jeune aulne bourgeonnait. Il avait poussé spontanément. Un temps il avait voulu l’arracher. Puis il s’était décidé à le conserver pour ses propriétés Il préserverait la mémoire disait-on…
    Amère ironie du sort…il lu :« Pour que tu n’oublies pas»…

  49. Marinette pasquier
    vendredi, 27 mars 2020 à 14:33

    que si tu parles c’en est fini de ta vie tranquille dans ton canapé…

  50. Marie Thérèse
    vendredi, 27 mars 2020 à 17:28

    S’en êtait fini de l’arbre et de la fenêtre c’était dans sa tête tout à coup que ça bourgeonnait, comment était-il possible…

  51. Evelyne
    vendredi, 27 mars 2020 à 19:04

    Mille questions fusaient, telles des assaillantes, des guerrières aux lames acérées qui s’insinuaient dans les limbes de son cerveau. La photo lui glissa des mains, et c’est alors que se penchant pour la ramasser un détail lui revint…

  52. vendredi, 27 mars 2020 à 22:02

    Le chant du merle, ainsi qu’à la fois l’évidence de cet évènement soudain ressurgi de sa mémoire, l’éveillèrent tout à fait. En position géostationnaire face au balcon, le drone aboyeur éructait d’inénarrables maximes inversées.

  53. Marie Thérèse
    samedi, 28 mars 2020 à 07:34

    Il en fut excédé, le visage durcit, les mâchoires serrées, il allait retourner à son canapé, lorsqu’il aperçut sur le balcon d’en face sa voisine, elle lui souriait….

  54. Evelyne
    samedi, 28 mars 2020 à 09:51

    Il esquissa à son tour un léger sourire et lui fit un petit geste de la main…Cela l’apaisa.

  55. dominique
    samedi, 28 mars 2020 à 12:13

    Il allait s’assoir, reprendre depuis le départ, revenir à ce détail qu’il avait remarqué. Oh ! Presque rien. Et pourtant .

  56. Marinette pasquier
    samedi, 28 mars 2020 à 15:03

    l’encre utilisée pour cet avertissement était vert émeraude..

  57. Loopiote
    samedi, 28 mars 2020 à 17:54

    En silence soucieux il se demandait, un conseil ou une menace comment celà pouvait-il se traduire?

  58. Paco
    dimanche, 29 mars 2020 à 13:02

    Armé d’une loupe il tenta de tirer le fin mot du message, dont l’encre verte s’étalait par endroits en lavis, mais il ne parvint qu’à déchiffrer des bribes de mots : oisine d n ace, lnus glu , orb au, mbre oire.

  59. dominique
    dimanche, 29 mars 2020 à 13:13

    – Oui mais bon sang ! mais c’est bien sûr !
    Cette encre verte… ce ne pouvait être qu’un conseil. Il n’y avait qu’elle au lycée qui utilisait cette couleur d’encre. Et elle était son amie.
    C’est à ce moment-là que la vitre de sa fenêtre vola en éclats. Il regarda, interdit, le verre brisé qui couvrait le sol comme les pièces d’un immense puzzle

  60. Evelyne
    dimanche, 29 mars 2020 à 14:07

    Mais qui donc était sa voisine d’en face? C’est cette question qui le frappa au même instant que sa vitre fut brisée. En un instant tout bascula…

  61. Loopiote
    lundi, 30 mars 2020 à 09:33

    Un cri aigu, haaa houu, traverse la maison

  62. dominique
    lundi, 30 mars 2020 à 11:30

    Il vacille. Ses pensées vont de la vitre brisée à cette voisine, du présent au passé, de la réalité à ce qu’il imagine de ce cri qui l’a traversé

  63. Marinette
    lundi, 30 mars 2020 à 12:36

    cette amie du passé il se souvient avoir lu un article la citant lors d’un circonstance particulière

  64. Michel
    lundi, 30 mars 2020 à 12:49

    « Tout va bien… tout va bien… nous sommes là pour vous aider… » cette voix,
    Il la connaissait bien ….

  65. Evelyne
    lundi, 30 mars 2020 à 13:57

    peu à peu il ouvrit les yeux, la lumière l’éblouissait. …”Nous sommes là pour vous aider”
    il était sonné…

  66. Paco
    lundi, 30 mars 2020 à 17:00

    À l’évidence cette voix au timbre un peu éraillé ne pouvait appartenir qu’à Lola Delanoche, cette chanteuse de cabaret qu’il croyait avoir tuée, il y a bien longtemps lors d’un duel en auto-tamponneuses. Lola était aussi la femme de la photo jaunie, il le réalisa avec terreur.

  67. dominique
    mardi, 31 mars 2020 à 09:50

    L’oreille démentait l’œil. La photo ! Ce n’était pas Alice, mais Lola. La couleur de l’encre l’avait induit en erreur. Il se repassa le film du combat singulier. La piste, la tige d’alimentation qui reliait à l’alimentation électrique les 2 petites voitures aux hanches aussi rondes que celles de Lola. Qu’est-ce qui n’avait pas fonctionné ? Mais que disait l’article déjà ?

  68. Marie Thérèse
    mardi, 31 mars 2020 à 13:24

    En fait , ce n’était ni Lola, ni Alice , c’était sa petite voix intérieure qui se demandait quand se terminerait cette histoire qui tournait en rond depuis un bon moment, il était tant que ça s’arrête car la fin était prévu le 31 mars.

  69. landes frédéric
    mardi, 31 mars 2020 à 13:50

    5h du matin le lendemain. Tout n’est plus très clair dans sa tête, mais Loïc sait qu’il vient de revivre une scène qu’il avait depuis longtemps caché au fond de sa mémoire. C’était ressorti, ça recommençait. Comment allait-il passer ce cap ? Comment oublier cette histoire ?

  70. Paco
    mardi, 31 mars 2020 à 14:06

    Au loin du côté de la rue des Reclus, le drone hurlait de ses haut-parleurs des sentences que le vent d’autan emportait par-delà la mer de tôle ondulée. Sous ses pas ensanglantés, le crissement des éclats de verre l’accompagna d’un tintinnabulement pathétique jusqu’au balcon, où venu d’on ne sait où, l’appel se répétait, vibrant, insistant, incantatoire.

    ”Nous sommes là pour vous aider”.

  71. Marinette
    mardi, 31 mars 2020 à 14:08

    il fallait essayer de retrouver celui qui avait fréquenté de près l’auteure de cette lettre

  72. dominique
    mardi, 31 mars 2020 à 14:50

    Le 31 Mars, un jour anniversaire. Mauvais jour pour oublier cette histoire. … 5 heures du mat’ au réveil. Ça n’aidait pas. Dans sa tête, … en boucle, la chanson de Chagrin d’amour …
    « Cinq heures du mat’ j’ai des frissons
    Je claque des dents et je monte le son…
    ….Chacun fait, fait, fait
    C’qui lui plaît, plaît, plaît …..

    Il pensa, en souriant intérieurement, pour passer le cap, il faudrait peut-être, que, déjà, il apprenne à respecter les règles

  73. Frédéric Landes
    mardi, 31 mars 2020 à 16:28

    fin du cadavre exquis. je vous prépare un autre atelier….

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.