Intercommunalités: « Nous, préfets du Lot et de Corrèze, devons nous mettre d’accord »

Solution proposé par la préfecture de Lot

Solution proposé par la préfecture de Lot

La nouvelle carte intercommunale est en train de se dessiner, notamment dans le nord du Lot où plusieurs scénarios s’affrontent. Gilles Liébus qui est contre un rapprochement de Cère et Dordogne avec la Corrèze, défend un futur grand territoire lotois. Le choix des préfets devrait être connu la semaine prochaine.

Comment sera redessinée demain la nouvelle carte intercommunale dans le nord du Lot ? La question reste en suspens et nourrit les interrogations, et même les inquiétudes, des élus fortement divisés sur le sujet. D’un côté, certains voudraient voir la communauté de communes de Cère et Dordogne autour de Biars-Bretenoux rejoindre la Corrèze, alors que d’autres soutiennent sa fusion avec Cauvaldor et Sousceyrac pour construire une grande communauté du nord du Lot.

Après plusieurs réunions mouvementées, les élus du Lot ont rejeté fin mars le rapprochement de Cère et Dordogne avec la Corrèze lors de la dernière commission départementale de la coopération intercommunale. La préfète du Lot a d’ailleurs arrêté ce choix le 25 mars. Mais six jours plus tard, son homologue corrézien, le préfet Bernard Gaume, actait dans son arrêté la création d’une communauté à cheval entre les deux départements.

«Ces deux arrêtés sont contradictoires, c’est donc à Paris que va se décider notre avenir», a regretté hier Gilles Liébus qui a envoyé un courrier à la préfète du Lot lui demandant «la mise en œuvre du schéma lotois», «le seul applicable» à ses yeux. «Je m’exprime à deux titres : en tant que vice-président du département chargé de l’aménagement du territoire — j’ai d’ailleurs le soutien du président Serge Rigal — et en tant que président de Cauvaldor», a-t-il précisé.

Pour Gilles Liébus, le poids économique du nord du Lot porté par la dynamique de l’entreprise Andros est trop important pour le département. «Je ne peux pas laisser faire, je ne peux pas laisser partir la fiscalité du Lot en Corrèze. J’ai rencontré Frédéric Gervoson (PDG d’Andros, NDLR), on est d’accord sur le fond mais pas sur la forme. Je lui demande de venir me rejoindre pour défendre l’amendement lotois.» Le président de Cauvaldor souhaite néanmoins entretenir des liens forts avec la Corrèze. «C’est le même bassin de vie, d’emploi autour de Brive. On travaille depuis longtemps ensemble, notamment depuis le début de l’année avec la création d’un office de tourisme unique.»

Gilles Liébus s’étonne enfin que dans ce dossier, «quelques élus ne jouent pas le jeu». «Notamment la conseillère départementale qui acte le départ de ce territoire vers la Corrèze et il y a le mutisme de Jean Launay qui a été et est pourtant toujours serviteur de ce territoire.» Lui qui pensait devoir attendre jusqu’en juin pour connaître la décision de l’Etat sur l’avenir du nord du Lot, sera fixé très vite. Les préfets du Lot et de la Corrèze doivent annoncer leur décision commune dans les prochains jours (lire encadré).


La préfète du Lot : «la décision sera prise la semaine prochaine»

En ce moment même, l’avenir du nord du Lot est au cœur de discussions menées non pas à Paris mais au niveau local par les préfets des deux départements concernés. Depuis Cahors hier, la préfète du Lot, Catherine Ferrier, confirmait être en pleine discussion avec son homologue de Tulle, Bernard Gaume. «Les schémas ne sont pas cohérents donc nous, préfets du Lot et de Corrèze, devons nous mettre d’accord. On pèse le pour et le contre. On discute, ce n’est pas toujours facile, mais on pense prendre une décision la semaine prochaine», annonce Catherine Ferrier. La problématique n’est pas unique en France où plusieurs cas similaires se posent dans l’élaboration des schémas départementaux de coopération intercommunale. «Dès lors qu’on s’agrandit, il y a des logiques de bassins de vie qui se posent», souligne la préfète du Lot. La décision pour le nord du Lot sera «une étape» avant la phase de consultation des communes concernées qui suivra. Le schéma définitif devra être entériné en décembre. Même si en matière d’intercommunalité, rien n’est jamais vraiment figé…

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