Le Projet Alimentaire Territorial poursuit son enracinement citoyen
Le 26 septembre dernier, une trentaine de personnes se sont retrouvées à Lamothe-Cassel pour la cinquième rencontre publique de l’initiative citoyenne en faveur d’un Projet Alimentaire Territorial (PAT) en Quercy Bouriane.
Accueillis par la commune et son maire, les participants ont pu faire le point sur six mois de mobilisation, découvrir les avancées des groupes de travail et préparer les prochaines étapes qui pourraient conduire à la reconnaissance officielle du PAT par la Communauté de Communes Quercy Bouriane (CCQB).
Une soirée riche en échanges qui a permis de mesurer le chemin parcouru en seulement six mois et de préparer les prochaines étapes décisives.
De l’idée à une véritable dynamique territoriale : 6 mois de mobilisation citoyenne
Tout a commencé par un constat partagé : malgré les enjeux considérables liés à l’alimentation, à l’agriculture et à l’autonomie des territoires, peu de projets structurants existaient à l’échelle de la Communauté de Communes Quercy Bouriane sur ces sujets.
En mars dernier, quelques citoyens décident alors de lancer une initiative ouverte à tous. Leur ambition est simple : construire collectivement un projet alimentaire adapté au territoire et convaincre les collectivités de l’inscrire parmi leurs priorités.
Six mois plus tard, le mouvement a pris de l’ampleur. Cinq réunions publiques ont été organisées, plusieurs groupes de travail thématiques sont actifs et les rencontres avec les élus se sont multipliées.
L’objectif est désormais clairement identifié : obtenir l’inscription du Projet Alimentaire Territorial parmi les priorités de la CCQB et engager une démarche reconnue par l’État à travers le dispositif PAT.
Pourquoi Agir maintenant ?
Au cours de la soirée, les participants ont pris un moment pour replacer leur action dans un contexte plus large. Crises climatiques, tensions géopolitiques, dépendance aux marchés mondiaux, disparition progressive de certaines filières locales : autant de phénomènes qui interrogent notre capacité à produire et à consommer une alimentation de proximité.
Le Projet Alimentaire Territorial apparaît alors comme un outil concret pour renforcer la résilience du territoire, soutenir l’agriculture paysanne, favoriser les circuits courts et rapprocher alimentation, santé et environnement.
Des groupes de travail qui passent à l’action !
La réunion a permis de faire le tour des nombreuses initiatives déjà engagées.
Un nouveau groupe consacré à l’eau
La réunion a marqué la création d’un nouveau groupe de travail dédié à la ressource en eau. Cette thématique, étroitement liée à l’alimentation et à l’agriculture, abordera notamment le partage de la ressource, sa préservation, la place des citoyens dans sa gouvernance et les actions pouvant être menées localement.
Restaurer le lien entre alimentation et territoire
Le groupe « Bien manger » a présenté un premier diagnostic de la restauration collective. Celui-ci met en évidence un potentiel économique important, avec plusieurs centaines de milliers de repas servis chaque année sur le territoire, ce qui constitue un levier majeur pour soutenir les productions locales.
Au-delà des chiffres, les réflexions portent désormais sur les approvisionnements locaux, la transformation des produits agricoles, les capacités de stockage et les moyens de rapprocher producteurs, restaurations collectives, familles et acteurs du tourisme.
Reconnecter agriculture et alimentation
Le groupe “Agriculture” poursuit son travail de diagnostic du territoire et son enquête de terrain auprès des agriculteurs. L’objectif est de mieux comprendre les réalités économiques du monde agricole, les contraintes rencontrées et les leviers permettant de relocaliser davantage de productions alimentaires.
Face à ce constat, le collectif souhaite désormais organiser des rencontres de proximité, commune par commune, afin d’écouter les agriculteurs, comprendre leurs besoins et identifier les conditions d’une relocalisation progressive des productions alimentaires.
Mobiliser les collectivités : les élus répondent présents !
Le groupe” Action publique” a présenté des résultats particulièrement encourageants. À ce jour, les membres du collectif ont participé à de nombreux conseils municipaux et rencontres avec les élus. 70% des communes ont déjà voté une délibération soutenant la démarche et demandant à la CCQB d’engager le déploiement d’un PAT.
Cette mobilisation prépare une échéance importante : la présentation du projet devant le conseil communautaire de la CCQB, le 7 octobre. Pour le collectif, il s’agit d’une étape clé vers la reconnaissance officielle du PAT comme axe prioritaire de développement territorial.
Santé, biodiversité et éducation : des enjeux indissociables
Les autres groupes poursuivent également leurs travaux autour des ruchers communaux, des pollinisateurs, des jardins et vergers citoyens, de l’éducation à l’alimentation et de la lutte contre la précarité alimentaire.
La santé publique prend également une place croissante dans la réflexion, notamment à travers les liens établis avec les démarches de Contrat Local de Santé portées à l’échelle du territoire.
Une initiative inspirante : les producteurs de la Ferme de Lestrou
Temps fort de la soirée, le témoignage de Noémie Mangieu, de la Ferme de Lestrou, a illustré concrètement ce qu’il est déjà possible de réaliser localement : un collectif de quinze producteurs locaux proposant ensemble viandes, légumes, miel, pain, œufs, fromages, fruits, boissons et de nombreux autres produits du territoire.
Cette organisation permet de mutualiser les efforts, de simplifier l’accès aux produits locaux pour les consommateurs et de mieux valoriser les productions paysannes.
Une expérience inspirante qui montre que les solutions existent déjà sur le territoire et qu’elles méritent d’être développées, soutenues et reliées entre elles.
Les prochains rendez-vous
Après cette cinquième rencontre, plusieurs échéances importantes se profilent :
- les échanges autour du Contrat Local de Santé et des financements mobilisables (le 29 septembre)
- la présentation du PAT au conseil communautaire de la CCQB (le 7 octobre)
- la participation à la Foire Bio de Gourdon (le 11 octobre)
- l’organisation de forums avec le monde agricole ;
- le lancement de rencontres dédiées aux enjeux de précarité alimentaire.
Une aventure collective qui ne fait que commencer
La soirée s’est achevée autour d’une auberge espagnole conviviale, fidèle à l’esprit de la démarche. Car derrière les diagnostics, les groupes de travail et les délibérations, c’est avant tout une aventure humaine qui se construit.
Alimentation, agriculture, eau, santé, biodiversité, justice sociale : le Projet Alimentaire Territorial se dessine progressivement comme un projet de territoire à part entière.
Les prochains mois seront déterminants. Mais une chose apparaît déjà clairement : en Quercy Bouriane, l’envie de reprendre en main collectivement les questions alimentaires est bien vivante.
Une démarche ouverte à toutes et tous
Chaque habitant, association, élu, agriculteur ou acteur économique peut contribuer à cette construction collective. Le PAT Quercy Bouriane continue de grandir grâce à l’engagement de celles et ceux qui souhaitent imaginer et bâtir une alimentation plus locale, plus juste et plus durable.
Mail : initiative.pat.quercy.bouriane@gmail.com
Site : bguigaz.wixsite.com/pat-quercy-bouriane





