L’Echappée Belle se lance dans une comédie à propos de mique

Les représentations de «Plats de résistance» débutent ce mardi à Toulouse.

La table c’est le lieu qui rassemble mais comment faire quand tout le monde mange différemment ? Cette question est au cœur de «Plats de résistance», la dernière création de la compagnie L’Echappée Belle. La troupe lotoise l’a peaufiné en résidence à Cintegabelle la semaine passée.

Voilà un moment que Martine Costes Souyris rêvait d’un spectacle sur la cuisine suivi d’un repas. Voilà aussi un certain temps qu’elle voulait jouer une farce. Elle s’en est ouverte à l’auteure Catherine Zambon qui, elle, voulait retravailler avec la compagnie. «Catherine Zambon m’a demandé s’il y avait un plat en particulier et j’ai pensé à la mique, se souvient la comédienne, je lui ai dit : j’ai envie d’un spectacle avec des odeurs de cuisine». L’auteure a livré le texte fin 2018. Une première lecture en mars aux Inédits de Cahors a monté «que ça fonctionnait». «La farce ce n’est pas évident, il faut être dans la mesure. Il y a un rythme auquel on ne peut pas échapper». Depuis, la troupe1 s’est retrouvée sur des résidences, Théminettes, Gindou, Marminiac et enfin Cintegabelle, avant cette première au Théâtre du Grand Rond à Toulouse, coproducteur de la pièce2.

 

Chaque représentation devrait être suivie d’un repas. Une façon de faire rentrer encore plus les gens dans la pièce. «On joue le côté salle des fêtes dans son jus. Il y a très peu d’artifices de théâtre, dit Martine Costes Souyris, et le public est réparti autour des tables». Elle espère ainsi que les spectateurs en discuteront. «Le spectacle sur le mariage chrétien avait entraîné des discussions très animées, notamment en Bretagne».

 

Le scénario : une restauratrice, ancienne athlète, organise chaque année une soirée mique et musique. Ce soir, c’est la vingt-cinquième édition. Sa nièce, en qui elle voit son héritière, doit l’aider. Retards et quiproquos s’enchaînent. Il est question de transmission, de valeurs, de véganisme, de ce qui fait société… «On a eu envie de partir vers une franche comédie mais qui raconte des choses de l’air du temps». Le personnage est truculent, amoureux de la cuisine, et ouvert à la réflexion… La comédienne raconte qu’il s’inspire de plusieurs femmes de son entourage : sa sœur, excellente cuisinière, l’auberge Chez Jeanne tenue par des femmes depuis cinq générations et, bien sûr, sa mère. «J’étais envieuse de son savoir-faire, ça tombait toujours juste, même pour des plats ordinaires. Alors les repas de fête ! ça se préparait trois mois à l’avance… C’était de la poésie ma mère».

 

1. Mis en scène par Enrico Clarelli avec Martine Costes Souyris, Hélène Dedryvère et Gaspard Chauvelot.

 

2. Aussi soutenue par l’Adami, le départemental, la région, la CC Cazals Salviac, Le Tracteur.

 

Les dates

Du 1er au 5 octobre : Théâtre du Grand Rond, à Toulouse. 10 novembre : Frayssinet-le-Gélat. 11 novembre : Caillac. 23 novembre : L’Ostal de Rampoux. 24 novembre : Assier. 28 novembre : Souillac (programmation Scénograph). 29 novembre : Frayssinhes (Scénograph). 30 novembre : Béduer (Astrolabe). 1er décembre : Prendeignes (Astrolabe).

 

Précédentes créations de L’Echappée Belle

2016     Femmes et basta ! Ou la femme dans tous ses états, mise en scène d’Enrico Clarelli

2014     Il est des Lou de toute sorte, spectacle conçu par Sylvie Fumex et Martine Costes-Souyris

2014     L’amour en toutes lettres, questions à l’abbé Viollet sur la sexualité 1924-1943

        D’après l’historienne Martine Sévegrand, mise en scène d’Enrico Clarelli.

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