Le Projet du musée Henri Martin

Lancé en 2009, le projet a évolué depuis ses débuts en fonction des capacités de financement. « Il était nécessaire de rénover le bâtiment qui était en très mauvais état. Il était indispensable de le sauver » lance Michel Simon, 1er adjoint au maire de Cahors en charge des grands projets. Le musée de Cahors a été fondé en 1830 mais il n’a été installé dans son bâtiment actuel, ancien évêché au XIXe siècle, qu’en 1920. La bâtisse date toutefois du XVe siècle et de cet ancien évêché subsistent la chapelle et la salle à manger, qui seront restaurés en l’état dans le tout nouveau musée.

Une collection de 11 500 objets

Le musée, fermé depuis 2016, restait toutefois actif. Il a fallu au préalable établir l’inventaire de la totalité de la collection, classer par typologie et vérifier les états de conservation. « Globalement, la collection était en bon état, même si quelques problèmes ont été rencontrés sur des objets en bois » explique Sabine Maggiani, attachée de conservation. Plusieurs pièces phares ont été envoyées à la rénovation. En tout, ce sont ainsi 11 500 objets qui ont été répertoriés. Pour certains, qui ont été confiés au musée il y a quelques années, il faut également procéder à un travail de recherche des propriétaires pour établir leur statut juridique.

Dans cette collection, on recense, en plus des œuvres classiques, de nombreux vestiges archéologiques ou des objets ethnographiques.

Le fonds Gambetta, qui existait déjà auparavant mais n’était pas exploité, a été révélé. De très nombreuses caricatures mais aussi des objets quotidiens du plus illustre des grands personnages cadurciens seront désormais accessibles au public.

Visite virtuelle

Le parcours permanent du nouveau musée reprendra donc les éléments déjà connus et qui faisaient le succès du musée de Cahors comme les œuvres du peintre Henri Martin et des éléments des beaux-arts classiques du XVIIIe au XXe siècle. L’architecture de Laurent Beaudoin (associé à Franck Martinez) et l’ordonnancement du nouveau musée ont été réalisés en regard avec sa fonction, à savoir l’accueil et l’exposition d’œuvres d’art uniques. Ainsi, le traitement de l’air ou de l’hygrométrie sont étudiés pour la conservation des œuvres.

La partie du musée reconstruite, situé côté parc Tassart, sera de style moderne tout en prenant en compte le cahier des charges imposé par les Bâtiments de France. Il s’agira d’une vaste salle à plafond haut, dans laquelle seront regroupées les œuvres d’Henri Martin. Entre celles qui appartiennent déjà à la ville de Cahors et les prêts d’autres structures, une cinquantaine d’œuvres de l’artiste pourraient être exposées. Parmi elle, le monumental triptyque « Le Monument aux morts » déjà présent dans le musée et en cours de restauration sera en bonne place. Une autre œuvre monumentale prêtée par le musée d’Orsay de Paris, d’une taille de 4 mètres sur 7 mètres et intitulée « La fenaison », datée de 1910, pourrait bien rejoindre le nouveau musée à l’issue de sa restauration. Cette salle sera sur plusieurs niveaux de visites et le public pourra admirer les œuvres monumentales à partir de 3 points de vue différents, et notamment en hauteur grâce à la présence de mezzanines.

Une autre salle sera consacrée aux arts en général, une au Rongo, cette sculpture polynésienne exceptionnelle, deux salles seront axées autour de la Seconde Guerre mondiale avec le Lot terre d’accueil de plusieurs artistes ainsi que la thématique de la paix avec André Breton ou encore Cahors Mundi. Une salle entière devrait être consacrée au fonds Gambetta avec la présentation d’objets, de caricatures, de sculptures… Enfin, le musée proposera deux salles d’expositions temporaires.

Une ouverture sur la ville

Une muséographie, pour présenter notamment le contexte des œuvres, sera axée sur les outils numériques, incontournables aujourd’hui. Des audioguides seront proposés aux visiteurs, tout comme des visites guidées qui permettent de découvrir les œuvres sous un regard nouveau.

En tout, grâce à cette réorganisation, le nouveau musée s’étendra sur 1 800 m2 (contre 1 200 m2 auparavant). Il accueillera également une salle de réunion, des espaces administratifs et le hall d’accueil, ouvert et traversant, sera bien plus lumineux et accueillant qu’auparavant. Des salles pour réaliser des ateliers pédagogiques, pour les enfants des écoles, centres sociaux… mais aussi pour les adultes, sont également prévues. L’idée sera de proposer tout un panel d’offres afin que chacun puisse s’approprier le musée.

Enfin, le musée sera largement ouvert sur la ville, d’abord avec une grande terrasse sur le parc Tassart mais aussi en lien avec le boulevard et la place Barreau (qui sera requalifiée à l’avenir).

Ces travaux devraient durer deux ans, avec une ouverture prévue pour l’année 2020.

MARIE-CÉCILE ITIER

La Vie Quercynoise

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