Migrants: La préfète s’explique

prefete4Combien de réfugiés la ville de Cahors accueille-t-elle, où et dans quelles conditions ? La mairie n’est guère loquace sur le sujet. La préfète répond, mais joue la carte de la prudence.

L’information concernant l’arrivée de réfugiés dans le Lot, à l’issue du démantèlement de la «jungle» de Calais, a du mal à filtrer, c’est le moins que l’on puisse dire. Surtout au niveau des structures et des institutions directement concernées, en l’occurrence les mairies.

En guise de réponse sur ce dossier sensible, après nos demandes et appels répétés, la ville de Cahors nous invite, via le cabinet du maire, «à entrer en contact avec le cabinet de la préfète du Lot, compétent en l’espèce».

D’un cabinet à un autre, donc, nous franchissons cette étape et obtenons une réponse très prudente, polie et policée de la préfète. Catherine Ferrier confirme d’abord que «le Lot s’est inscrit dans le dispositif national d’accueil des migrants en provenance de Calais ou d’autres zones d’abris précaires et indignes».

La préfète se dit «soucieuse des conditions d’accueil des réfugiés», ajoutant que «l’objectif est de leur offrir une mise à l’abri digne et adaptée, un moment de répit pour réfléchir à la suite de leur parcours migratoire». Puis elle argumente ses propos à l’aide de trois chiffres. «Jusqu’à présent, le Lot comptait vingt places d’accueil en CAO (centres d’accueil et d’orientation) dans lesquelles ont transité 55 migrants. Parmi les derniers arrivés, 18 sont provisoirement accueillis à Figeac (lire notre édition d’hier) ». Et après ?

Des chiffres et des êtres

Et l’actualité alors, celle qui nous intéresse, liée à l’arrivée des réfugiés de Calais dans le Lot ? Quid du nombre de personnes accueillies ? Et dans quelles communes ?

Nous insistons. Réponse de la préfète : «Dans le cadre de l’opération nationale sur Calais, il a été demandé à tous les départements de participer à cet accueil temporaire. Le nombre de places à créer par département a été fixé au niveau national sur la base de critères démographiques. Dans le Lot, ce sont 33 nouvelles places qui vont être ouvertes en concertation avec les maires concernés», affirme Catherine Ferrier.

La Cimade, association de solidarité œuvrant en faveur des réfugiés et des demandeurs d’asile, annonce d’autres chiffres : 32 réfugiés à Cahors et 30 à Figeac. L’avenir confirmera ces chiffres… ou pas.


Un fait national à résonance locale

La préfète du Lot justifie sa posture d’extrême prudence et de silence relatif. Elle déclare : «S’agissant de personnes qui fuient la guerre et la répression et qui ont été éprouvées par les conditions de vie indécentes à Calais, il est important que l’accueil se poursuive dans le calme et la sérénité». Bien sûr, il n’a jamais été question dans notre métier de journaliste de troubler cette quiétude que souhaite, à juste titre, préserver Catherine Ferrier, mais de rendre compte d’un fait national qui a une résonance locale. La parole des réfugiés et leurs témoignages sont importants dans ce dossier dont ils sont les premiers concernés. Les écouter et relayer leurs propos, c’est notre rôle, notre volonté et l’attente de nos lecteurs.

Jean-Luc Garcia La Dépêche

 

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