Migrants: Réponse de Mme la Préfète et démenti de la municipalité

Je souhaite apporter les précisions suivantes à la lettre ouverte à mon attention que la Maire de Gourdon a transmis aux médias.

1. Il n’est pas besoin de passer par la presse, au risque de créer quelques confusions auprès de la population ou polémiques inutiles, pour porter à ma connaissance des problèmes : tous les maires savent que je suis à leur écoute et joignable 24h sur 24, week-end compris.

2. L’accueil des migrants dans les centres d’accueil et d’orientation (CAO) est strictement conditionné à l’accord des maires. Les services de l’État identifient des logements disponibles, mais ne les font connaître à l’administration centrale en charge de la répartition des migrants sur l’ensemble du territoire national uniquement où le maire accepte cet accueil. Je prends note, avec étonnement, de la nouvelle position de la maire de Gourdon sur ce sujet et bloque en conséquence tout nouvel accueil dans sa commune.

3. L’accueil dans ces centres est de courte durée : il a pour objectif de vider les campements insalubres dans lesquels les migrants risquent leur santé et leur vie, et de clarifier leur situation au regard des conditions de séjour en France. La durée de séjour maximale est de 2 mois, le temps qu’ils soient orientés selon leur situation, sur une demande d’asile en France pour ceux qui sont persécutés dans leur pays, ou sur une aide au retour, ou encore sur l’asile dans un pays tiers ; une procédure de reconduite à la frontière est engagée pour ceux qui ne remplissent aucune condition régulière de séjour. Dans le cas de demandes d’asile, et dès lors que cette demande paraît fondée, les migrants rejoignent des centres d’accueil de demandeurs d’asile (CADA) qui ont des places disponibles. Si à l’issue de l’instruction des demandes d’asile, un refus de séjour est prononcé, les migrants devront quitter le territoire national.

4. Quel que soit le nombre de migrants accueillis provisoirement dans le département dans des centres de répit, le nombre de places en CADA est limité. Ainsi seulement 3 migrants parmi le premier groupe accueilli à Gourdon rejoindront un centre d’accueil des demandeurs d’asile dans le LOT, la famille quittera le département dés dès le 13 avril. Sur le second groupe accueilli à Gourdon, il ne reste à ce jour que 5 migrants qui effectuent leurs démarches administratives. Si leurs demandes d’asile devaient être acceptées, ils devront eux aussi quitter le département à moins que d’ici là des places soient libérées dans les CADA du Lot.

5. L’État prend en charge financièrement tout ce dont les migrants ont strictement besoin : il s’agit de les loger dans des conditions simplement dignes (chauffage pendant l’hiver et sanitaires), de les nourrir, et de les accompagner dans leurs démarches administratives en conventionnant avec des associations agréées. Pour ce qui concerne l’accueil organisé à Gourdon, mes services ont confié à l’association CEIS la mission d’accompagnement social et de suivi du fonctionnement du centre d’accueil, y compris l’organisation des repas. Les moyens financiers alloués au CEIS sont conformes à la mission et au nombre de personnes prises en charge. Il n’a jamais été question de mettre à la charge financière des collectivités locales le coût de la politique gouvernementale d’accueil temporaire des migrants. Il se trouve que les Gourdonnais ont souhaité faire preuve de générosité en cherchant à procurer aux familles plus de confort, et aux enfants de quoi s’amuser. Alors que cela ne leur était pas demandé, qu’ils soient remerciés de cet élan solidaire.

Démenti de la municipalité :

Mme le Maire de Gourdon souhaite apporter un démenti suite aux échanges entre la municipalité et la préfecture.
Concernant l’accueil des Réfugiés sur notre commune, il n’a jamais été demandé la fermeture du CAO (Centre d’accueil et d’orientation) mais de « surseoir » (selon le Larousse de français, surseoir – verbe transitif indirect : différer une action, une décision) à l’arrivée de 21 nouvelles personnes, portant à 29, le nombre des personnes hébergées.
La capacité maximale de « 20 personnes accueillies » était le postulat de départ afin que les conditions soient remplies pour un séjour digne et un « vivre ensemble » harmonieux à Gourdon.
La commune est toujours volontaire pour participer à l’effort de solidarité nationale dans les limites énoncées ci-dessus.

​​​​​​​​​​​​​​​​​Marie-Odile Delcamp​​​​​​​​​Maire de Gourdon

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