Méthaniseur de Gramat : inquiétude sur la qualité de l’eau

 Nous essayons d’améliorer la qualité de nos eaux. Pourtant en vallée du Célé, nous avons déjà perdu le classement en zone de baignade à Espagnac Sainte Eulalie, celle de Brengues est menacée pour 2017. (Lire notre édition de jeudi). Je m’inquiète donc de l’implantation du superméthaniseur de Gramat et surtout des 45 000 tonnes de digestat, de PCB, de métaux lourds, etc., qui seront épandues sur près de 5 000 ha sur le causse», interpellait Dominique Legrésy, maire de Corn, en fin de réunion du conseil communautaire, mercredi soir.

La pollution jusqu’au Célé, le trafic des camions, les odeurs, l’impact sur l’image et la qualité de nos territoires touristiques, étaient autant de points soulevés par quelques élus locaux.

Bernard Laborie, maire de Saint Jean Mirabel, et président du syndicat Rance et Célé intervenait : «Nous avons fait depuis 15 ans un travail remarquable sur l’eau, dont la qualité s’est nettement améliorée ; dans le même temps les contraintes réglementaires se sont durcies… Pour ce projet de méthaniseur, la CLE (commission locale de l’eau) n’a pas été directement saisie».

Pour rappel, l’enquête publique a pris fin en septembre 2016. Dans son rapport le commissaire enquêteur a émis un avis favorable, assorti de plusieurs recommandations, en particulier celle concernant la protection des eaux souterraines dans un milieu karstique.

Martin Malvy s’étonnait que le Grand Figeac n’ait pas été partie prenante alors que plusieurs communes membres seront concernées par l’épandage.Faisant le constat que l’enquête publique était terminée, ils ont décidé de saisir le sous-préfet et de demander l’organisation d’une rencontre.

2 commentaires pour “Méthaniseur de Gramat : inquiétude sur la qualité de l’eau

  1. Sylvie
    mardi, 20 décembre 2016 à 12:15

    On connait la fiabilité des enquêtes publiques !!…. Toujours l’occasion de se rendre compte comment l’avis des citoyens n’a aucune valeur pour les décideurs…. Les enquêtes sont biaisées systématiquement…. hélas….

    Pourquoi en vallée du Célé, la qualité des eaux a baissé ?…. quelles sont les causes ?….

  2. jevouslis
    vendredi, 17 février 2017 à 10:47

    Le cahier des charges du célèbre fromage AOC Rocamadour (homologué par le décret du 7 octobre 2014), met en évidence un certain nombre de dispositions, qui pourraient ne pas être compatibles avec le mode de gestion de la méthanisation actuelle ou à venir, notamment en ce qui concerne l’épandage du digestat (à ne pas confondre avec le compost, un des résidus, au même titre que le biogaz, issu du processus de méthanisation). Le GADEL soulève là un nouvel argument, à sa demande de réduction du gabarit des untités de méthanisation et de contrôle de la provenance des intrants. Le cahier des charges de l’AOC Rocamadour stipule : « Les éleveurs qui réalisent de l’épandage remplissent un cahier d’épandage et le tienne à la disposition des agents de contrôle. ».

    D’autres obligations contenues dans le cahier des charges précisent : « Dans chaque exploitation, le chargement ne peut excéder 10 chèvres par hectare, situé dans l’aire géographique précédemment définie, de surfaces fourragères, parcours ou de céréales destinées à l’alimentation des chèvres. » Autres précisions : « La ration alimentaire totale journalière comporte au maximum 80% d’aliments produits sur l’aire géographique. Les fourrages sont constitués par de l’herbe, du foin issus de prairies permanentes et temporaires, de la paille et de plantes fourragères annuelles à l’exception des crucifères. » Plus loin encore, il est indiqué : « Les seules fumures organiques autorisées proviennent de l’aire géographique. Tout épandage d’une fumure organique d’origine non agricole s’accompagne d’un suivi analytique lot par lot (camion, citerne, autre) des germes pathogènes, des métaux lourds et des composés-traces organiques retenus dans la règlementation… Dans le cadre d’un épandage sur les prés et pâtures destinés à l’alimentation des chèvres, dont le lait est destiné à la production de Rocamadour, il convient de respecter une période de latence après épandage d’au moins 8 semaines. »

    D’où la question qui se pose d’emblée par rapport aux unités de méthanisation et en particulier au sujet du projet de Gramat, dont les intrants proviennent pour partie hors de la zone d’appellation de l’AOC Rocamadour. Ce volet du cahier des charges de l’AOC Rocamadour a-t-il été pris en compte par les tenants du projet de méthanisation, à Gramat notamment ?

    Bien au-delà du projet de Gramat, le mode d’approvisionnement des unités de méthanisation à gros gabarit, faisant appel à des produits de différentes origines ne semble pas compatible avec les exigences d’un cahier des charges établi pour défendre et promouvoir la spécificité d’un produit, qui ne doit souffrir d’aucune négligence. Question : quelle va être la position de l’INAO (Institut national de l’origine et de la qualité), chargé notamment de la protection des signes de qualité et d’orgine ? Non opposé au procédé de méthanisation sur le fond, le GADEL s’emploie à défendre des unités de petites tailles, respectueuses de l’environnement et permettant de garantir les contrôles, tant en amont qu’en aval. Voilà un nouveau rebondissement qui pourrait faire du bruit.
    J C Bonnemère La Vie Quercynoise

Les commentaires sont fermés