Concorès: Il menait l’épicerie Rouquié

Pierrot Rouquié

Ils étaient nombreux, samedi 11 janvier, à accompagner Pierrot Rouquié, une figure de Concorès et de son commerce local, jusqu’à sa dernière demeure, le cimetière de son village.

Pierrot Rouquié était âgé de 92 ans. Il avait passé son enfance à Saint-Germain-du-Bel-Air chez ses grands-parents maternels dont il a géré la ferme dès l’âge de 12 ans. Une fois la guerre terminée, alors qu’il avait 17 ans, il a exercé le métier de forgeron avec son père à Concorès où il a rencontré sa future épouse Lisette. Après leur mariage en avril 1953, ils ont développé le commerce créé par la mère de Lisette et connu aujourd’hui sous le nom de l’épicerie-tabac-station d’essence “Proxi”. Pierrot et Lisette ont eu deux filles, cinq petits-enfants et neuf arrière-petits-enfants. La retraite venue, après une vie de labeur, il a profité enfin de l’existence, quelques voyages, des bals musettes, le jardin. Devenu veuf à 85 ans et malgré sa déficience visuelle, il a pu rester à son domicile jusqu’à la fin de sa vie entouré de ses proches. À sa famille, la Dépêche du Midi, présente ses condoléances.

L’importance des commerces de proximité

Les chercheurs du Conseil d’analyse économique ont été à la recherche des causes du mouvement des gilets jaunes (manifestation du mécontentement de la population en réaction à la dégradation des conditions et de la qualité de vie au niveau local. ) d’après eux la perte d’équipements publics et privés, en particulier les superettes joue un rôle fondamental dans le mécontentement des français à l’échelle locale.

Si les évolutions économiques jouent un rôle important, c’est également le cas de la perte d’équipements, notamment de commerces alimentaires (épiceries, supérettes). Il en va de même des secteurs de l’éducation et de la culture, de la santé; C’est la perte des lieux de socialisation qui semble participer au mal-être des territoires mobilisés dans le mouvement des Gilets jaunes. A contrario, lorsque le tissu associatif local est plus dense, les expressions de mécontentement sont plus rares.

À l’aune des résultats de notre étude, nous considérons que l’objectif des politiques territoriales doit être repensé pour viser davantage la qualité de vie et les critères de bien-être de la population, au-delà des seuls objectifs économiques.

Les communes qui ont perdu leur dernière supérette sont plus susceptibles d’avoir connu un évènement Gilets jaunes.

Les communes qui disposent d’un hypermarché dans leur bassin de vie en 2017 ont connu davantage de fermetures de commerces de proximité sur la période 2012-2017 que les autres.

On observe que l’augmentation du nombre d’associations rapporté à la population de la commune réduit la probabilité d’un évènement Gilets jaunes.

Nous proposons en conséquence de changer l’approche traditionnelle des politiques territoriales.

Les politiques publiques ont cherché à soutenir les territoires en déclin par des transferts monétaires et fiscaux ou, au contraire, à favoriser la mobilité vers les métropoles, ceci n’a pas été efficace, voire contr-productif

Nous insistons également sur le fait que le tout numérique ne saurait être suffisant pour répondre aux problématiques mises en lumière ici, et qu’il importe de faire de ces lieux des espaces d’échange et de cohésion. Les constats dressés par nos analyses soulignent l’importance d’espaces de sociabilité. Si le tissu associatif revêt une importance particulière dans ce domaine, une forme renouvelée de l’accès aux services publics peut également constituer un vecteur de lien social.

Conseil d’analyse économique http://www.cae-eco.fr/IMG/pdf/cae-note055.pdf

1 commentaire pour “Concorès: Il menait l’épicerie Rouquié

  1. jevouslis
    vendredi, 17 janvier 2020 à 13:03

    Cette étude met en lumière l’importance des supérettes dans la vie du territoire, les maisons des services publics sont importantes aussi pour aider les habitants dans leurs tâches administratives, mais il ne faudrait pas oublier les secrétaires de mairie qui au côté technique ajoutent le côté humain, pour répondre à un besoin il faut d’abord penser à l’humain

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