Les enfants de Tchernobyl accueillis à Cahors

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Depuis vingt ans, l’association Soleil lotois pour Tchernobyl accueille chaque été des enfants des pays de l’Est touchés par la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. Un drame humain et sanitaire survenu il y a trente ans, le 26 avril 1986.

 En septembre 1996, Jean-Pierre Teil et plusieurs familles fondent l’association Soleil lotois pour Tchernobyl, en réaction à la catastrophe nucléaire ayant frappé l’Ukraine dix ans plus tôt, et dont les effets durables sur la santé humaine sont avérés. Le but de l’action : permettre à des enfants des territoires contaminés de l’Est de s’évader de leur quotidien le temps d’un été dans le Lot. Depuis trois ans, Cyrille Fontaine a repris les rênes du collectif, qui compte 35 bénévoles et une douzaine de familles d’accueil. L’association participe également au financement des études et à l’achat de matériel scolaire pour les jeunes des régions irradiés d’Ukraine et de Biélorussie. Par exemple, les membres vont essayer de trouver un stage à une étudiante ukrainienne qui arrive cet été. En retour, celle-ci s’est proposée pour concevoir le site internet de l’association. Une aide matérielle est aussi délivrée pour les hôpitaux et cliniques de ces territoires. «Nous ne pouvons pas leur procurer de médicaments, donc nous les aidons à notre niveau. Nous avons signé une convention avec une association basée à Gomel en Biélorussie qui s’occupe d’enfants malades à cause de la radioactivité. Nous en accueillons certains l’été», explique Cyrille Fontaine.

Besoin de familles d’accueil

Que les enfants vivent de vraies vacances estivales, c’est la vocation originelle de Soleil lotois pour Tchernobyl. Depuis vingt ans, des familles bénévoles accueillent des enfants durant un ou deux mois. Des jeunes dont le cadre familial a été brisé par la perte ou la maladie d’un parent, dont la vie a été bouleversée par un événement survenu bien avant leur naissance, et dont les conséquences subsisteront longtemps après leur mort. Il y a trois ans, Cyrille est allé dans les territoires irradiés. Il y décrit des habitants cultivant des terres contaminées et qui n’ont pas accès à l’eau potable. «Leurs conditions de vie sont grandement améliorées en France. Cette année, nous allons recevoir deux fois plus d’enfants que l’an dernier» annonce le président. Ce sont dix-neuf enfants, ukrainiens et biélorusses, qui arriveront cet été dans le Lot. Le nombre de familles d’accueil dans le département est en légère hausse, mais diminue au niveau national.

«Notre plus grand besoin est donc de trouver plus de familles d’accueil à l’avenir. Il y a une demande de séjours importante. On établit la liste des arrivants un an à l’avance et cela demande un gros travail» déclare Cyrille Fontaine. Cela requiert aussi de l’argent, afin de financer le transport des enfants depuis le pays d’origine et l’organisation sur place. Un budget qui représente 500 euros par tête.

Mais le plus grand investissement reste humain. Les membres et les familles donnent de leur temps pendant les grandes vacances. «Il y a un vrai dévouement, un attachement très fort qui se crée avec les enfants, qui répètent leur séjour les étés suivants», précise Cyrille Fontaine. «Tchernobyl c’est loin, mais le besoin est toujours présent. Nous cherchons à nous développer progressivement, avec des familles qui ont une vraie vocation», conclut-il.


L’association fête ses vingt ans cet été

Affiliée à la Fédération Échanges France-Ukraine (FEFU) regroupant quatorze associations, Soleil lotois pour Tchernobyl est officielle depuis 1996 et fêtera ses vingt ans le 6 août à Prayssac. Un anniversaire auquel participeront les membres de l’association jumelle de Gomel.

Le lendemain à Payrac, Aksana Kuliashova, une jeune Biélorusse de 18 ans née à Gomel et venant dans le Lot depuis dix ans, donnera un récital de piano, dans sa famille d’accueil.

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