“Et si vous aussi vous célébriez le printemps?”

Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu’éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d’une humide étincelle.

Rien n’a changé. J’ai tout revu : l’humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin…
Le jet d’eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.

Les roses comme avant palpitent ; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m’est connue.

Même j’ai retrouvé debout la Velléda,
Dont le plâtre s’écaille au bout de l’avenue,
– Grêle, parmi l’odeur fade du réséda.

Paul Verlaine

 

3 commentaires pour ““Et si vous aussi vous célébriez le printemps?”

  1. alma
    jeudi, 26 mars 2020 à 09:28

    Quel bel ensemble, cette photo plein de fraicheurs naturelles et ce poème romantique.
    On dirait qu’ils ont été t créé en même temps pour se transformer en un beau bouquet romantique plein douceur qui nous fait rêver……

  2. dominique
    jeudi, 26 mars 2020 à 11:26

    Comme au printemps de l’autre année,
    Au mois des fleurs, après les froids,
    Par quelque belle matinée,
    Nous irons encore sous bois.

    Nous y verrons les mêmes choses,
    Le même glorieux réveil,
    Et les mêmes métamorphoses
    De tout ce qui vit au soleil.

    Nous y verrons les grands squelettes
    Des arbres gris, ressusciter,
    Et les yeux clos des violettes
    À la lumière palpiter.

    Sous le clair feuillage vert tendre,
    Les tourterelles des buissons,
    Ce jour-là, nous feront entendre
    Leurs lentes et molles chansons.

    Ensemble nous irons encore
    Cueillir dans les prés, au matin,
    De ces bouquets couleur d’aurore
    Qui fleurent la rose et le thym.

    Nous y boirons l’odeur subtile,
    Les capiteux arômes blonds
    Que, dans l’air tiède et pur, distille
    La flore chaude des vallons.

    Radieux, secouant le givre
    Et les frimas de l’an dernier,
    Nos chers espoirs pourront revivre
    Au bon vieux soleil printanier.

    En attendant que tout renaisse,
    Que tout aime et revive un jour,
    Laisse nos rêves, ô jeunesse,
    S’envoler vers tes bois d’amour !

    Chère idylle, tes primevères
    Éclosent en toute saison ;
    Elles narguent les froids sévères
    Et percent la neige à foison.

    Éternel renouveau, tes sèves
    Montent même aux cœurs refroidis,
    Et tes capiteuses fleurs brèves
    Nous grisent comme au temps jadis.

    Oh ! oui, nous cueillerons encore,
    Aussi frais qu’à l’autre matin,
    Ces beaux bouquets couleur d’aurore
    Qui fleurent la rose et le thym.

    Nérée Beauchemin, Les floraisons matutinales
    (Poète quebécois)

  3. dominique
    vendredi, 27 mars 2020 à 19:33

    premières fraises
    le goût sucré de sa bouche
    sur mes lèvres

    (Haiku dont je ne me souviens plus de l’auteur-e- désolée)

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