L’histoire et le fil de l’eau potable à Cahors

De fortes pluies ont entraîné des restrictions d’usage de l’eau, déclarée non potable entre le 1er et le 7 février sur Cahors. Remontons le cours de cette eau avec le conseiller municipal Daniel Coupy.

Avant d’être adjoint au maire Jean-Marc Vayssouze de 2008 à 2014, en charge de l’eau et de l’assainissement, le conseiller municipal Daniel Coupy a travaillé pendant trente ans pour la Saur, syndicat de distribution de l’eau. Voici ses éclairages suite à l’épisode de restriction d’eau sur Cahors entre le 1er et le 7 février dernier.

Comment sait-on d’où vient l’eau à Cahors ?

Elle provient en grande partie d’un bassin-versant sud de 260 km2 entre Trespoux-Rassiels et l’aérodrome de Cahors-Lalbenque. On le sait grâce à des quantités d’eau déversées dans les années 1970, composées d’un colorant vert non toxique (la fluorescéine), qu’on a vu ressortir à la fontaine des Chartreux et à la fontaine Saint-Georges. Le sous-sol est constitué de paléokarst, une éponge pour l’eau de pluie. D’ordinaire c’est une vallée sèche : il n’y a pas de ruisseau.

Avec des particularités liées à la pollution ?

Le problème c’est qu’il y a beaucoup d’igues (terme désignant les gouffres naturels, ndlr.). Celles d’Aujols, d’Arcambal, ne sont pas très loin de Cahors. Lors de campagnes de nettoyages menées dans les années 1990, on y a trouvé des carcasses de voitures ou d’animaux. On y balançait tout ça. Des précautions ont été prises à la faveur d’un périmètre de protection qu’on peut depuis peu opposer aux pollueurs agricoles et industriels (idéelancée en conseil municipal de Cahors le 13 novembre 2003. Un arrêté préfectoral portant interdiction de remplissage des plans d’eau et des manœuvres de vannes dans le Lot a été pris le 29 novembre 2018, ndlr.)

Quel est le débit de la fontaine des Chartreux ?

On estime qu’il tombe 150 millions de m3 d’eau par an, dont 95 millions vont dans la fontaine des Chartreux. Entre le 26 et le 28 janvier dernier, le débit mesuré est passé de 175 000 m3 à 300 000 m3/jour. Selon les compteurs des pompes, la ville de Cahors n’a besoin en moyenne que de 10 000 m3/jour.

Quelles sont les incidences ?

Cette énorme quantité d’eau qui arrive par ses canaux souterrains décape les parois rocheuses, celles des canalisations, et on retrouve cette turbidité.


Environnement

Le chiffre : 10 000

mètres cubes > Le besoin quotidien. de la ville de Cahors en eau, selon le pompage effectué.


L’opalescence remarquée dès 1950

Le phénomène d’eau potable trouble ne date pas d’hier si l’on en croit Daniel Coupy, qui fait remonter aux années 1950 les premiers constats de turbidité. Simplement sous un autre terme et avec des moyens d’analyses beaucoup moins poussés qu’aujourd’hui. «Des études ont été menées et les analyses physico-chimiques et bactériologiques de l’eau étaient excellentes», raconte le conseiller municipal. «Mais parfois, quand il pleuvait beaucoup, les anciens parlaient d’une légère opalescence de l’eau à Cahors».

Propos recueillis par Mathieu Delaunay La Dépêche

 

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