Une méthanisation respectueuses de la biodiversité et des différents types de sols

Huguette Tiegna s’est entretenue le 8 février dernier avec plusieurs agriculteurs, porteurs de projet d’installation d’unités de méthanisation en petits collectifs dans le Lot… Les porteurs de projets de méthanisation agricole en petits collectifs sur les communes de Gorses, Labathude, Espeyroux et Viazac, ont tenu à exposer à leur députée les intérêts du développement de ces unités.

« L’une des priorités du gouvernement est de permettre aux agriculteurs de vivre dignement du fruit de leur travail, en ce sens, la méthanisation est un procédé susceptible de leur procurer un complément de revenu. Plus largement, la méthanisation est un gage de retombées économiques pour nos territoires et permet de produire, en France, du biogaz et constitue une piste intéressante pour sortir des énergies fossiles ; c’est d’ailleurs l’un des volets de la mission CAP 2040, que je mène depuis 6 mois. Il s’agit d’une solution sérieuse et d’une alternative cohérente afin de maintenir l’exigence que nous nous sommes fixés en matière de transition énergétique et écologique. A l’occasion du salon international de l’agriculture 2019, aux côtés de Sébastien Lecornu, ministre chargé des collectivités territoriales, j’ai pu m’entretenir avec la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, sur le sujet de la méthanisation et des inquiétudes concernant les objectifs de la production du biogaz dans la programmation pluriannuelle de l’énergie » a expliqué la parlementaire.

Ainsi, à un niveau sociétal, des projets d’installation d’unités de méthanisation en petits collectifs, détenus à 100% par les exploitations concernées, pourront contribuer à assurer la pérennisation de leur activité agricole, tout en créant des emplois. D’un point de vue environnemental, les unités traitant uniquement leurs fumiers, lisiers et matières végétales, avec élimination des odeurs et de plus de 99% des pathogènes, ont la capacité de connaître et de maîtriser précisément la composition tant des intrants que des sortants (gaz, électricité, digestats liquides et solides).

« De tels projets, à échelle d’exploitation, favorisent une réduction importante des usages d’engrais de synthèse et de produits phytosanitaires. De telles initiatives permettent le développement de l’économie circulaire avec la production de fertilisants verts et d’énergies renouvelables à partir d’effluents agricoles. Nous en appelons à la collaboration de tous pour encadrer et accompagner le développement de ce procédé en cours de développement en France et ainsi déterminer des solutions adaptées et respectueuses de la biodiversité et des différents types de sols » a conclu Huguette Tiegna.

Medialot

Pour Huguette Tiegna, il faut « une transition énergétique et écologique responsable pour le Lot »

16 commentaires pour “Une méthanisation respectueuses de la biodiversité et des différents types de sols

  1. François
    mercredi, 6 mars 2019 à 13:53

    Madame Tiegna a beau répéter de faire attention aux sols, cela fait plus d’un an que les digestats sont épandus;malgré les information qu’elle a reçu des scientifiques. et le problème sera le même avec les méthaniseurs du Ségala.. versant de L’Ouysse et du Drauzou.
    Les accidents récents dans les stockages d’intrants n’ont pas l’air d’inquiéter les politiques.

    Bien noté l’argument complément de revenus, cela ne fait pas avancer les choses… Les produits de qualité ne devraient ils pas être achetés à leur propre valeur…
    Les périodes de sécheresse feront que les “matières végétales” seront moindres, que propriétaires d’unité de méthanisation prioriseront l’alimentation de leur méthaniseur, les coût s’envoleront.. et les même voteront les “calamités agricoles” pour en plus toucher des subventions..
    Merci madame Tiegna de favoriser ce système. Qu’est ce qu’on ne ferait pas pour s’attirer les grâces de la profession.
    Je vous suggère d’aller lire l’article sur le site de Reporterre, sur” Le droit de l’environnement est détricoté au nom de la « simplification »”

  2. Nath Vivi
    mercredi, 6 mars 2019 à 23:28

    Bonjour,
    Tout simplement stupéfaite ! Des projets en petit collectif… A Espeyroux, 11 agriculteurs dont 1 seul habite la commune…les autres ont pris soin d’installer le methaniseur loin de leur balcon !! on va brasser 80 tonnes de fumier par jour à 300m de mes fenêtres, sans qu’aucun aménagement ne soit prévu pour protéger les riverains…mais subventionné à hauteur de 30% par nos impôts … on se moque du monde.

  3. Marcel
    jeudi, 7 mars 2019 à 14:20

    Mme Tiégna, député LREM, dans cet article fait la promotion de la méthanisation avec le soutien appuyé des lobbys (FNSEA, fermes de Figeac, Solagro). Elle est pourtant informée des inconvénients de l’épandage du digestat. Elle ne sait peut être pas que le Ségala lotois est le château d’eau des causses, qui alimente les ressources en eaux souterraines d’une grande partie des causses.

    Une député élue est au service des citoyens qui l’ont porté à son poste, ici elle est au service d’une minorité d’agriculteurs pour des intérêts particuliers purement financiers. L’intérêt collectif de l’ensemble des lotois est laissé pour compte vis à vis de l’eau qui est un bien commun par cette personne.

    Ces installations ne créeront pas d’emploi, et pour faire fonctionner un méthaniseur il faut l’alimenter en matière ayant un pouvoir méthanogène. Celui des lisiers est très faible, alors il faut y ajouter des cultures intermédiaires destinées à compléter, qui nécessiteront d’être arrosées. Avec le réchauffement climatique, et en période de sécheresse, ce choix est malheureux.
    De plus, ces méthaniseurs ne récupèrent pas la chaleur produite et leur rendement est mauvais.

    J’espère que les lotois sauront se rappeler à vos choix éclairés, Mme la député, lors des prochaines échéances électorales.

  4. JL46
    jeudi, 7 mars 2019 à 19:50

    Le digestat liquide est un poison pour les sols du Lot. Les scientifiques l expliquent très clairement.
    Seul le digestat solide pourrait être utilisé.
    Quelques agriculteurs qui font partis des plus gros agriculteurs de chaque commune vont profiter des subventions actuelles pour s enrichir personnellement en polluant l ensemble des réserves en eau du département.
    C est un futur scandale sanitaire en perspective similaire a celui d l amiante ou le sang contaminé.
    Cette pratique ne doit sous aucun pretexte se poursuivre et se développer de cette façon.
    Les politiques le savent et les porteurs de projets le savent.
    Il revient à chacun de refuser cette absurdité.

  5. naamia
    vendredi, 8 mars 2019 à 15:39

    La méthanisation sera une catastrophe écologique comme si bien expliquée par un chercheur en première page du journal le monde. L’eau c’est la vie et le bien le plus précieux sur terre que nous devons respecter et non polluer avec tous ces lisiers infects d’animaux bourrés d’antibiotiques, élévés en batterie…. en souffrance….. Quelle évolution à notre époque, seule l’agriculture biologique est respectueuse de l’environnement…..
    Les lotois n’ont pas été informés de ces projets !!!

    • jevouslis
      vendredi, 8 mars 2019 à 17:47

      Pour rappel, l’enquête publique a pris fin en septembre 2016. Dans son rapport le commissaire enquêteur a émis un avis favorable, assorti de plusieurs recommandations, en particulier celle concernant la protection des eaux souterraines dans un milieu karstique.

      • François
        vendredi, 8 mars 2019 à 18:48

        le commissaire enquêteur spécifiait que Les recommandations prioritaires ont été refusées par les porteurs de projet (pas dans ces là, mais je n’ai pas pris le temps de rechercher

      • Meszigues
        jeudi, 14 mars 2019 à 10:48

        En réponse à Jevouslis,

        Pour rappel, l’enquête publique pour le méthaniseur de Gramat s’est tenu très exactement du 18 juillet au 19 aout 2016. (cf l’article 2 de l’arrêté d’ouverture http://www.lot.gouv.fr/IMG/pdf/APO-BIOQUERCY-GRAMAT.pdf )
        Par ailleurs les deux numéros du journal communal « le courrier de Gramat » précédant l’enquête publique n’ont pas annoncé la tenue de cette enquête. A quoi sert un journal communal ?
        Aujourd’hui avec les “simplifications” de la législation sur l’environnement, pour le même type de projet, il n’y aurait tout simplement pas d’enquête publique, ce qui démontre que le déni de démocratie par les autorités ne cesse de s’approfondir.

  6. dimanche, 10 mars 2019 à 11:38

    Bonjour,

    Les systèmes de méthanisation produisent du gaz, du digestat et des odeurs quelques fois difficiles à supporter par les riverains. Certains terrains du Lot, comme ceux calcaires des causses, ne sont pas pas adaptés à l’épandage de digestats liquides comme l’explique le spécialiste scientifique reconnu Michel Bakalowicz dans son article du 22 février 2019 diffusé sur le site actu.fr : https://actu.fr/societe/michel-bakalowicz-scientifique-on-peut-sinquieter-levolution-la-qualite-leau-dans-lot_21582097.html.

    Le problème ne provient-il pas de la pratique croissante de l’élevage intensif où, pour des questions de rentabilité, les animaux sont concentrés dans des hangars nauséabonds, vrais nids à microbes, sur leurs excréments qu’il faut évacuer à tout prix ? Plus en amont, n’est-ce pas le prix à payer pour notre consommation excessive de viande ?

    Contrairement aux affirmation de notre députée Huguette Tiégna et comme l’affirme les commentaires au dessus, les retombées économiques seront nulles et la catastrophe sera certaine. de plus, les premières victimes seront les agriculteurs eux-mêmes, isolés et asphyxiés par les dettes contractées pour financer ces outils industriels. Il faut vraiment les aider à changer leurs pratiques suicidaires.

  7. Christian
    dimanche, 10 mars 2019 à 19:59

    Madame Tiegna,

    Vous ne pouvez pas rester au milieu du gué en affirmant être soucieuse de la qualité de l’eau dans le Lot compte tenu de son sol karstique et encourager, dans un même temps, la méthanisation associée à l’épandage de digestat.

    Aucune étude scientifique sérieuse n’est venue, à ma connaissance, contredire les affirmations des experts dénonçant les pratiques telles que celles qui sont exercées autour de la méthanisation de GRAMAT.

    Pourtant, dès le 10 sept. 2017 à LIVERNON, vous sembliez avoir été convaincue par l’intervention du professeur KAEMERER sur l’impérative nécessité de PROSCRIRE l’épandage de digestat sur le sol du LOT.

    Vous ne pouvez pas, vous, vous faire complice du fiasco écologique qui s’annonce.
    Ne vous compromettez pas dans une logique Economico Politicienne.
    Il est question, pour vous et vos concitoyens, de SANTE PUBLIQUE.

    Si les projets que vous soutenez aujourd’hui venaient à aboutir et contribuer à la pollution de l’air, du sol et de l’eau, je vous souhaite de ne pas avoir à répondre plus tard à la question de vos enfants : « ET VOUS AVEZ LAISSE FAIRE CA ? »

    De grâce, ressaisissez-vous.
    L’histoire nous ramène toujours au pied de nos responsabilités.

  8. LILIANE REVEILLAC
    mardi, 12 mars 2019 à 07:00

    Lettre ouverte à Madame TIEGNA
    il est extrêmement choquant de lire que Madame TIEGNA demande la collaboration de tous pour la préservation des sols, de la biodiversité , de l’EAU potable , alors qu’ elle a ignoré la lettre ouverte que je lui avais adressée en janvier 2019 , où je lui demandais de mettre en place sur le LOT , le même groupe de réflexion avec tous les partenaires ( PNRCQ, Région, Etat, Département , chambre d’Agriculture, et scientifiques ) comme dans le DOUBS pour qu’il y ait un consensus concernant les épandages d’effluents liquides sur les sols karstiques et hydromorphes du LOT.

    Si on veut protéger les sols et l’Eau potable , c’est la seule solution pour ce département très singulier sur le plan hydrologique

    je mets ma lettre ouverte, précédemment adressée avec la même revendication , au Préfet et au Président de l’Agence de l’Eau Adour- Garonne M.Malvy

    « Il faut une transition énergétique et écologique responsable pour le LOT » pourrait laisser penser que vous êtes en phase avec l’idée que nous défendons depuis plus de deux ans pour que la protection de l’eau soit privilégiée avant TOUT :
    OUI à la méthanisation et au digestat adaptés au LOT (Ségala et Karst).
    NON à l’épandage d’effluents liquides d’élevages, dont le digestat brut, à C/N inférieur à 8
    Personnellement, j’ai en effet pensé que vous défendiez l’intérêt du LOT, jusqu’à la venue du premier ministre à Gramat, le 15 décembre 2017.
    En effet, depuis le 10 septembre 2017, où vous aviez écouté avec intérêt, la conférence de M.Kaemmerer et Tarrisse, nous avions échangé avec vous, apportant chaque fois les preuves scientifiques de nos craintes, essentiellement pour l’EAU , mais à laquelle , nous pouvons aujourd’hui, ajouter celles des sols.
    Aujourd’hui, des scientifiques de divers horizons et régions, se sont réunis en Collectif Scientifique National pour une Méthanisation raisonnée (CSNM),afin d’apporter leur expertise .
    Jamais, nous vous avons dit que nous étions OPPOSES à la méthanisation.
    En revanche, nous sommes opposés à celle qui nous est imposée, parce que c’est une méthanisation au rabais, non respectueuse des spécificités du LOT qui est un département fragile et singulier. Cette dernière repose sur le profit maximum des porteurs de projets alors qu’elle devrait s’adapter aux caractéristiques hydrogéologiques et géologiques du territoire.
    Depuis, nos échanges se sont interrompus et vos interventions médiatiques, dans le cadre des énergies renouvelables vont à contre sens des échanges précédents :
    Je m’explique : En tant que députée du LOT, vous étiez en droit mais aussi en devoir :
    –D’organiser une table ronde, rassemblant tous les partenaires, comme dans le DOUBS, pour adapter les épandages d’effluents au territoire.
    –D’insister, lors du comité de suivi du méthaniseur de GRAMAT, le 13 juillet 2018, pour avoir accès aux analyses de digestat qui doivent être publiques et publiées, car indispensables pour les agriculteurs avant épandage et rassurantes pour la population ?
    –De demander « le porter à connaissance » qui doit confirmer les modifications des constructions, faites par le porteur de projet et qui sont différentes des plans fournis dans l’enquête publique ?
    Avec de telles modifications, les études d’impacts, de danger, de risques sanitaires qui concernent à la fois l’eau mais aussi l’air sont-elles encore valables ? Y-a-t-il un lien avec les odeurs insupportables ressenties par la population de Gramat et environs ? Y-a-t-eu une étude prenant en compte les polluants dont certains cancérigènes, que « crachent » les différentes cheminées, installées sur le secteur du Périé, qui va encore s’agrandir avec le pôle agro-alimentaire ?
    –Enfin, vous aviez le devoir de vous intéresser aux méthaniseurs du Ségala, beaucoup plus dangereux pour l’EAU et les sols que celui de Gramat ? Dès 2017, nous vous avions fait part de nos craintes sur les dangers de ces derniers.
    Les dernières données que nous venons d’avoir, mettent en évidence que, sur le plan économique, ils ne sont, non seulement pas rentables mais vont coûter à la collectivité !
    Personnellement, c’est votre silence absolu sur cette méthanisation multisites de plus de 85 000 tonnes, dans le « Château d’eau du LOT » et située dans votre circonscription, qui m’interpelle le plus !
    A ce sujet :
    Savez-vous que seulement 4% des déchets entrants seront hygiénisés pourque ce procédé tue le virus de la grippe aviaire, alors que les clostridies et parasites qui contaminent régulièrement dans le Lot, la population, à travers l’eau potable, ne seront pas éliminés, voire réactivés ?
    Dans le Ségala, les fortes pentes font craindre un lessivage des sols vers les ruisseaux qui alimenteront Ouysse et Célé, et donc les captages AEP !
    Savez -vous que notre observation de vers de terre morts après épandage de digestat, est confirmé par l’ANSES pour le digestat de Villeneuve/Lot ? Les analyses de parcelles épandues par le digestat lotois ont démontré que les micro-organismes, nécessaires à la vie du sol, sont très fortement diminués dans le Ségala, mais tous tués sur le Causse.
    Enfin, le digestat qui ne peut être enfoui, en sol caillouteux, intoxique mortellement les abeilles par dégagement de gaz ammoniac (NH3).
    Voilà, Madame, pourquoi votre silence mais aussi vos paroles m’inquiètent :
    Avez-vous pris l’exacte mesure que cette méthanisation NON adaptée au territoire va avoir des conséquences environnementales, écologiques voire économiques sur notre département, pourtant si prisé par les touristes mais continueront ils à y venir ?

    Je suis à votre disposition pour vous apporter tous les éclairages que vous souhaitez, sur les affirmations, contenues dans ce texte.
    Avec mes salutations distinguées.

    Liliane REVEILLAC

    • Dominique
      jeudi, 14 mars 2019 à 21:12

      Je pense que vous avez bien résumé la situation Madame Reveillac. Malheureusement nos politiques ne s’encombrent pas de ces raisonnements et sont plus sensibles à ceux de la FNSEA. C’est là le problème essentiel! De plus ce type d’épandage va encourager l’installation de structures où vont s’entasser des centaines d’animaux alors qu’il est vital de revoir nos façons de consommer la viande.
      On peut développer tous les arguments les plus censés les décideurs ne les entendent pas. La question est: Quel intérêt ont ils à encourager des sites comme celui de Gramat?

  9. Olivier
    mercredi, 13 mars 2019 à 11:00

    Depuis un bon nombre d’années, il est prouvé qu’en France environ 80% de la pollution anthropique des sols a pour origine les activités agricoles (puisque nous ne sommes heureusement pas en guerre), qui, elles-même ne participent qu’à hauteur de 2% à leur dépollution (si j’ai bien lu et compris les rapports du BRGM, de l’INERIS… ). Dans quel sens ce rapport va-t-il évoluer avec de telles pratiques que l’épandage de digestat liquide ? J’ai bien peur qu’il n’y ait pas besoin d’experts pour répondre à cette question… sans évoquer le côté “juste” ou “moral” d’un tel rapport.
    Au passage, je conseille la lecture de l’excellent ouvrage “Les sols et la vie souterraine” de Briat et Job aux éditions QUAE. À mettre surtout entre les mains de tous les “professionnels” du sol que sont nos agriculteurs.
    À bon lecteur…

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